Décors parisiens avec de vrais morceaux de ciel




Lundi 27 août 2012, 19h-20h30, Paris 11e. Dans un quartier traversé à l’excès depuis 40 ans, des vues qui s’imposent dans une lumière spéciale de fin du jour. Lieux : angle de la rue Saint-Bernard et de la rue de Charonne, angle du passage Josset et du passage de la Bonne Graine, angle de l’avenue Ledru-Rollin et de la rue de Charonne. À Paris, dans ce Paris déjà de l’Est où les époques coexistent malgré tout, on ne parlera pas de skyline, mais, de nouveau, de contre-forme, de découpages de ciel.

Documenta (13) : une horloge en perspective



Mardi 14 août 2012, 16h20. Documenta (13), parc Karlsaue (Orangerie). Anri Sala (1974 Tirana, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs et du Fresnoy), Clocked Perspective, 2012. Anri Sala corrige un tableau conservé à l’Orangerie qui contient une véritable horloge mais qui n’est pas inscrite dans la perspective du tableau. Il concrétise la notion métaphorique de pesrpective du temps. La forte distorsion de son horloge est compensée par un mouvement savant des aiguilles. Vue depuis le bassin dont elle marque l’extrémité, l’anamorphose tend à s’effacer.

Voir : No Window No Cry, 30 juillet 2011, sur jlggbblog2.

À Cabourg




Mardi 31 juillet 2012, vers 14h, 16h et 18h, Cabourg. Marche sur la plage vers l’est : quelques personnes suivent la mer qui se retire pour aller pêcher. L’extrémité de la dune. Dans l’après-midi, le soleil s’est installé et il y a progressivement beaucoup de monde sur la digue et sur la plage. Dans la ville ancienne au plan rayonnant autour du Casino et du Grand Hôtel, toute une collection de villas construites à la fin du XIXe et au début de XXe siècle, et presque que ça. Sur la place, un bel exemple du style néo-normand, dont l’architecte pourrait être Émile Mauclerc, vers 1910. Je suis venu pour la première fois à Cabourg en 1970, invité par un ami dont la famille possédait une maison ici sur la digue, et aussi une autre grande maison avec un parc à Trouville. Ce fut l’un de mes contacts avec la grande bourgeoisie parisienne.

Cinquante ans de tourisme



Vendredi 13 juillet 2012, 18h30, la rue Soufflot (architecte du Panthéon) et le Panthéon, Paris 5e. Ayant retrouvé et numérisé une diapositive que j’avais prise en juillet 1962 (autour du 14 juillet, d’après les drapeaux), j’ai fait un voyage spécialement vers ce lieu (qui m’est devenu très familier) pour y prendre, sous la pluie, une photo comparable. Il y a un peu plus de voitures et plus de piétons. Quels progrès avons nous connus ? Peut-être celui-ci : ne plus croire au progrès général.

Marseille vue de Tourcoing


Vendredi 1er juin 2012, 22h, Le Fresnoy, Tourcoing, inauguration de l’exposition Panorama 14, « Élasticités », des travaux des étudiants et professeurs. Trois heures de car pour y aller, autant pour le retour. La pièce la plus intéressante : Horizons des événements, 2012, de Maya Da-Rin (1979, Rio de Janeiro). Nous sommes à Marseille. La projection montre l’artiste qui s’éloigne dans le paysage, on entend ce qu’elle entend. Puis on la perd de vue lorsqu’elle s’enfonce dans le dédale de la ville, mais on écoute toujours au plus près d’elle-même, ses pas, les conversations et remarques des passants, les bruits de la rue. La caméra restera en son point élevé, mais elle va bouger, d’un mouvement mécanique, informatique, par petites corrections successives car elle reçoit par radio les coordonnées de la promeneuse et se recale constamment dans sa direction. Ces coordonnées terrestres s’affichent sur le sol, entre le grand écran et nous. On voit que l’altitude diminue : elle descend jusqu’à la mer. La vidéo surveillance est condamnée à la fixité — et à l’opacité — comme le sont généralement les panoramas. Le son — l’écoute — est fondamentalement mobile. Notre esprit, notre attention — et notre faculté d’imaginer — s’accrochent à lui.


Maya Da-Rin dans Marseille (dr).