La leçon de correction



Jeudi 12 juillet 2012, 23h45. Lecture du journal Le Monde, ce soir. Au milieu des années 1970, nous avons eu un camarade qui travaillait comme correcteur au Reader’s Digest (après El Moudjahid et Le Monde — voir : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2012/07/11/a-jean/), qui nous a tout appris en matière de signes de correction et de rigueur typographiques. Le document original ci-dessus (mon écriture de l’époque) montre que nous étions encore au temps de la typographie en plomb, et même de la composition à la casse, caractère par caractère. Jean Crespi est resté aussi pour nous avec sa formule impérative : « Pas de photo en bas de page; ça alourdit le journal. »

Vu au Mamco parmi beaucoup d’œuvres de l’accrochage de l’été 2012




Mardi 5 juin 2012, 18h30 – 20h30, Musée d’art moderne et contemporain — Mamco, Genève, vernissage du cycle L’éternel retour, séquence – été 2012. Alex Hanimann (Suisse, 1955), Ne pas éviter le destin — et exclure le hasard, lettres découpées, 2012. Sylvie Auvray (Paris, 1974), Masques, céramiques émaillées, 2012.

Numéro 45


Mardi 22 mai 2012, 8h, hôtel Adriatica, 21 Rue Sautter, Genève. Avec « Métissage » du 3 mars 2011 et « Qu’est-ce qu’un seuil suisse ? » du 14 juin 2011, cet hôtel situé face à l’hôpital de Genève avait eu les honneurs du blog. Les numéros de portes, leur style (une manière de Futura) et leur matériau (l’aluminium, qui ne devrait pas être vernis en jaune comme le contreplaqué), sont des détails qui réveillent la nostalgie de la modernité.

Ambivalence


Jeudi 10 mai 2012, 15h, rue du Béarn, Paris, 3e. À tout prendre, le slogan « Sans espoir » serait-il négatif quand « Espoir » serait positif ? Les marques No-Logo, No-Design, No-Go-Voyages, etc, n’ont-elles pas fait fortune ces dernières années ?  Je viens de croiser Jack Lang sur le trottoir étroit de la rue du Pas de la Mule. Si l’on n’était pas à deux pas de la place des Vosges, on pourrait plus aisément apprécier l’esprit critique que portent les murs. On y voit bien entendu une allusion au « Hope » associé à un portrait d’Obama, image mondialement connue, issue du Street Art, produite par Shepard Fairey (Aka Obey. Voir les sites : http://obeygiant.com/archives et http://obeyclothing.com/propaganda/ — l’image d’Obama y est désormais absente à cause du procès lancé par Associated Press). Ses affiches, collages muraux, pochoirs, T-shirts, hésitent entre la citation parodique des formes de propagande (soviétique, chinoise, vietnamienne, etc.), les fausses, vraies-fausses et vraies causes, pour rejoindre une position explicitement commerciale aux antipodes de la « contre-culture ». Notre pochoir « No Hope » appartient à une histoire ambiguë qui bégaie : on voit mal les (jeunes) street-artistes parisiens (enfants de bobos ?), équipés de leur leçon bien apprise — « le médium, c’est le message » : de la liberté d’expression — se faire les propagandistes d’un « espoir hollandais ».

 
http://obeygiant.com/headlines/obama-or-bust

French Food


Vendredi 27 avril 2012, 16h40, 49 rue Monge, Paris, 5e. On se demande pourquoi il faudrait annoncer « cuisine française » sur une brasserie qui se nomme Le Petit Panthéon, à côté des Arènes de Lutèce. Puisqu’il s’agit de faire goûter à la « soupe à l’oignon maison » et aux « escargots bourgogne », il est plus efficace d’inscrire « French Food ».

Une enseigne de coiffure en tôle un peu cassée


Vendredi 20 avril 2012, 12h30, 85 rue du Mont-Cenis, Paris 18e — non loin de la mairie du 18e arrondissement. Réemploi ou sauvegarde de cette enseigne de coiffure en tôle, plus « libre » et moderniste que les autres, un peu cassée. On voit qu’avant d’être noire, elle était jaune, et qu’elle s’inscrit dans une devanture modernisée. Elle a été trouvée à partir d’un repérage sur Google Street View. Car on en est là pour compléter la collection.

Bel exemple de Banco


Jeudi 19 avril, 19h, 309 rue de Faubourg Saint-Antoine, Paris 11e. Cette boutique de Ferme-Portes semble devoir fermer ses portes ? Elle fait partie de l’ensemble architectural qui forme la rue des Immeubles industriels, remarquable en particulier pour son emploi de colonnes en fonte (1873), comme les cast-iron buildings typiques du SoHo de Manhattan. La devanture est probablement des années 60-70 (Depuis le classement comme monument historique en 1992, les devantures doivent laisser les colonnes apparentes). L’enseigne emploie le Banco, caractère dessiné par Roger Excoffon en 1951 pour la fonderie Olive à Marseille. On le rencontre encore fréquemment et il redevient à la mode. On l’avait noté à Aix-les-Bains (16 juin 2009). Depuis, est paru le livre de Sandra Chamaret, Julien Gineste et Sébastien Morlighem, Roger Excoffon et la fonderie Olive, Ypsilon, Paris, 2010, qui marque le retour historique vers ce classique de la typographie française que les Anglo-Saxons jugent « idiosyncrasique ».