Une intense ligne de lumière rose qui respire


Vendredi 29 juin 2012, 21h, musée Mac/Val à Vitry-sur-Seine. Inauguration d’un nouvel accrochage. Nous avions vu dans la grande exposition Sarkis du Mamco de Genève (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=5029) cette série de onze photos de films, onze enfants qui sont le plus souvent les personnages principaux de films de pays et de temps différents, confrontés à la cruauté du monde. Ici, la pièce est dans sa version la plus achevée et la plus impressionnante. Dans Trésors de la mémoire (les onze enfants de l’histoire du cinéma), 2002, un néon, dont la lumière monte et descend, faisant passer l’immense salle du noir au rose le plus intense au rythme de la respiration de l’artiste, relie les photographies les unes aux autres en passant par les yeux des enfants.

L’investiture du président de la République, sous la pluie






Photos © JLggB 1981
15 mai 2012, 23h30. L’actualité m’incite à retrouver une série de photos (inédites bien sûr) du 21 mai 1981, journée d’investiture, onze jours après son élection, de François Mitterrand. Le matin, c’est la descente des Champs Élysées (photo). Vers 18h, nous nous trouvons derrière une herse aux pointes dangereuses, dans un recoin de la Faculté de droit, face au Panthéon. Mitterrand a remonté la rue Soufflot, accompagné d’une cohorte de fidèles et de zélateurs (photo). Il rentre seul dans le Panthéon pour déposer des roses sur les tombeaux de Jean Jaurès, Jean Moulin et Victor Schoelcher (dans une mise en scène télévisuelle de Roger Hanin). À sa sortie (photo), plusieurs incidents ont mis l’orchestre en retard et il doit attendre pendant 10 mn la fin de la 9e symphonie de Beethoven, sous la direction de Daniel Barenboïm, alors que la pluie se met à tomber très fort, avant la Marseillaise dans l’orchestration d’Hector Berlioz, chantée par Placido Domingo et les chœurs.

Document vidéo (6mn39s) : Concert d’investiture de François Mitterrand le 21 mai 1981 par les Chœurs et l’Orchestre de Paris dans un extrait de l’Hymne à la Joie de Beethoven

Document du journal Le Monde du 10.05.2011 : « Comment j’ai mis en scène l’investiture de François Mitterrand par Christian Dupavillon, ancien conseiller de Jack Lang au ministère de l’Education nationale, ancien directeur du patrimoine. Continuer la lecture de L’investiture du président de la République, sous la pluie

Photosynthèse


Dimanche 13 mai 2012, 16h. Dans l’orangerie du château de Chamarande (Expositions « Salons »), un immense (5m x 3,75 m) portrait photographique par le duo d’artistes anglais Heather Ackroyd et Dan Harvey. Photographique mais par un semis de gazon fixé sur une toile argileuse verticale, la chlorophylle réagissant à la lumière à laquelle elle a été exposée pendant des jours. Mystérieux, étonnant, mais l’expérience est présentée comme écologique, on se demande pourquoi.

Le regard du maître


Samedi 28 avril 2012, 16h, station de métro Hôtel de ville, Paris. L’exposition Robert Doisneau sur le thème des halles a été l’occasion d’une nouvelle « décoration » des quais. Pas très heureux, pas très bien faits, inutilement vulgarisateurs, ces panneaux semblent renforcer les stéréotypes attachés à l’œuvre de Robert Doisneau. Toujours est-il que, depuis le wagon, je me trouve exactement face au Rolleiflex — modèle « Standard » des années trente — et au regard du maître. En vérité, ce regard nous atteint, mais pas tout à fait, car Doisneau, il me semble, se photographiant dans un miroir, ne regarde pas l’objectif de son appareil mais se regarde lui-même dans les yeux.
Voir :
https://jlggb.net/blog3/?p=1912
https://jlggb.net/blog3/?p=1546


Robert Doisneau, Autoportrait (dr).

Des archives : à l’hôtel de la Paix






Samedi 7 avril 2012. Sur les planches-contacts de Doisneau en Chine, une série de photos prises dans ma chambre de l’Hôtel de la Paix à Pékin les 3 et 5 mai 1983. Cet hôtel, construit avec « l’aide de l’URSS » fut inauguré en 1952 pour la Conférence de la Paix Asie-Pacifique et il fut longtemps réservé aux échanges gouvernementaux et diplomatiques. Je devais y retourner en 1986, puis lorsqu’il fut agrandi sous le nom de Novotel en 2001. En avril-mai 1983, j’y suis resté environ trois semaines car le montage de l’exposition prenait théoriquement du temps. Je mis à profit cette parenthèse pour lire quelques livres ayant trait aux sciences et aux arts, comme L’espace et le temps aujourd’hui (Émile Noël, Points-Seuil, 1983) et pour entreprendre une série d’expériences photographiques employant l’enregistrement de l’heure et des enregistrements sonores, en des lieux particuliers et sur des trajets arbitraires comme par exemple l’axe nord-sud de la ville, essais qui furent à l’origine du projet de vidéodisque interactif Pékin pour mémoire, réalisé en 1985-1986, exposé au théâtre de Chaillot, à la Biennale de Venise et au musée de l’Élysée à Lausanne. Je débutai aussi une série de photographies de détails urbains, au Rolleiflex, en couleurs ou en noir et blanc, qui je nommai Vestiges et installations, qui furent exposées aux Rencontres photographiques d’Arles en 1989. Bref, ce moment fut celui d’un retour à une photographie inscrite dans des projets artistiques, après 10 ans d’interruption.

Des archives : Doisneau 3/4










Vendredi 6 avril 2012. Des archives : photographies inédites. Suite de la publication ayant trait à Robert Doisneau — Voir Doisneau 1/4 et Doisneau 2/4. Palais des Beaux-Arts de Pékin, 3 mai 1983. Tandis qu’une petite exposition Picasso est inaugurée par François Mitterrand, la grande exposition (120 tirages 40×50) Robert Doisneau est inaugurée par Claude Cheysson, ministre des Affaires extérieures, et par Jack Lang, ministre de la Culture. Photos © jlggb 1983. Une fois dehors, je saisis le passage de montreurs d’un singe savant.

Des archives : Doisneau 2/4


Lundi 2 avril 2012. Des archives : photographies inédites. Suite de la publication ayant trait à Robert Doisneau — Voir Doisneau 1/4, 14 février 2012. Le 28 janvier 1983, ayant eu la demande par le ministère de la Culture de préparer une exposition de Robert Doisneau en Chine (Pékin et Shanghai) pour le prochain voyage de François Mitterrand, je rencontre Doisneau à Montrouge, accompagné par Chantal P. qui va traduire en chinois la biographie, le texte d’introduction et les légendes. Descendus dans la rue pour faire un portrait original du photographe, il nous photographie. Photo © jlggb 1983.


Photo Robert Doisneau N° 17150-28A. Montrouge, angle avenue Gambetta, rue Victor Basch, rue de la Solidarité.


Le portrait à l’entrée de l’exposition au Palais des Beaux-Arts de Pékin, le 3 mai 1983. Photo © jlggb 1983. Au Rolleiflex.



Le lieu de ces photos à Montrouge aujourd’hui (Google Street View – 2011).

Des archives : Jean Vilar à Avignon en 1967


Dimanche 25 mars 2012, 23h50. Aujourd’hui, 100e anniversaire de la naissance de Jean Vilar, il me revient une série de photographies faites en août 1967 au Cloître des Carmes à Avignon (c’était la première fois que le Cloître des Carmes accueillait des représentations du festival) : Serge Regiani, Chantal Darget, Jean-Pierre Léaud, Georges Staquet, Yves Afonso, Jean-Claude Bouillon, Marie Dedieu et d’autres comédiens répètent Silence, l’arbre remue encore ! de François Billetdoux, mise en scène par Antoine Bourseiller, en présence de Jean Vilar et de Paul Puaux, administrateur et Jean Vilar, directeur du Festival d’Avignon. Ici : Antoine Bourseiller, Jean Vilar, François Billetdoux. Photo © JLggB 1967.
Voir : https://jlggb.net/blog3/?p=875 et http://jlggb.net/blog2/?p=6783

Des collections : pour les 50 ans des Accords d’Évian


Jeudi 22 mars 2012, 17h44, Genève. Il y a une image du film de Godard, Le Petit Soldat, repérable dans le film, mais que je gardais pour moi. En 1987, en préparant le numéro de la revue La Recherche photographique, numéro 3, intitulé « Le cinéma, la photographie » j’avais trouvé dans le fonds de la Cinémathèque française un ensemble de photographies du tournage du Petit Soldat (sans pouvoir identifier leur auteur, y compris auprès de Madame de Beauregard). Elles ont ce charme particulier d’appartenir aux vues du film (travail admirable de Raoul Coutard, avec la pellicule photo Agfa Record que seule la caméra Cameflex acceptait) tout en s’en distinguant. De format carré, probablement faites au Rolleiflex, elles sont à la fois posées, emblématiques et révélatrices du tournage lui-même (au demeurant, « tout film est un documentaire sur son propre tournage » aurait dit Jacques Rivette). J’avais donc fait tirer, sans la publier, la photo de la voiture filant le long du lac depuis le Pont du Mont-Blanc, avec cette figure de platane, tentaculaire et taillé, que j’affectionne. Tourné fin 1959, début 1960 à Genève et dans ses environs, Le Petit Soldat est interdit par la censure jusqu’en 1963. Louis Terrenoire, ministre de l’Information, déclarait : 1. Que ces tortures soient appliquées par des agents du FLN ne saurait modifier le jugement qui doit être porté contre ces pratiques et contre leurs représentations à l’écran. 2. À un moment où toute la jeunesse française est appelée à servir et à combattre en Algérie, il paraît difficilement possible d’admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié. Le fait que le personnage se soit paradoxalement engagé dans une action contre-terroriste ne change rien au problème. 3. Les paroles prêtées à une protagoniste du film et par lesquelles l’action de la France et en Algérie est présentée comme dépourvue d’idéal, alors que la cause de la rébellion est défendue et exaltée, constituent à elles seules, dans les circonstances actuelles, un motif d’interdiction. » (Wikipedia, repris de Lionel Trélis, La Censure cinématographique en France, mémoire, Institut d’études politiques de Lyon, juin 2001). Les 50 ans des Accords d’Évian (18 mars 1962) semblent n’avoir donné lieu à aucune commémoration ces derniers jours. J’y songeais depuis longtemps : l’anniversaire et un détour par le Quai du Mont-Blanc me donnent le prétexte pour publier la photographie restée inédite.


Jean-Luc Godard, Le Petit Soldat, 1960, Anna Karina, Michel Subor, photo de tournage, fonds Cinémathèque française, négatif 1040. Épreuve : collection jlggb.


La Recherche photographique, N°3, décembre 1987, Paris. Contient un portfolio de 16 photographies de tournage du Petit Soldat.


Raoul Coutard et Jean-Luc Godard sur le tournage du Petit Soldat. Planche contact de la même série que les photos ci-dessus [dr].