Rue des Haies



Jeudi 21 juin 2012 (Fête de la musique), 23h, 73 rue des Haies, Paris 20e. La galerie Plateforme, cycle Résurgences, présente, notamment, le film de Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon, War.


War est un montage de vidéos de soldats américains, trouvées sur Internet. Filmées par les soldats eux-mêmes, elles les montrent sur le terrain de guerre ou dans les casernes en Irak ou en Afghanistan, en train de danser sur de la musique pop. On peut imaginer la nostalgie de la culture populaire chez ces soldats dansants, qui semblent définitivement séparés du territoire, de l’histoire et de la culture dans laquelle ils se retrouvent projetés, coincés dans des guerres immobiles, d’usure, dont les images officielles effacent toute trace de sang, de violence, et qui nous reviennent sous la forme faussement joyeuse de parodies de vidéo clips. Du site : http://www.nogovoyages.com/projects.html

Sortie de secours


Mardi 19 juin 2012, 20h, Gaîté lyrique, Paris, 3e. Vingt ans après être allé chez eux à Santa Fe (février 1992) et après avoir exposé leur installation Théâtre des automates hybrides dans Artifices 2 à Saint-Denis (novembre 1992) — de grands moments —, je suis venu revoir Steina (musicienne classique islandaise) et Woody Vasulka (ingénieur et cinéaste tchèque), les inventeurs de l’art électronique. Mais il a fallu entendre d’abord la propagande pour la série des festivals français « du domaine », sectarisme et mièvrerie, contre-vérités historiques : à fuir.


Woody Vasulka, The Theater of Hybrid Automata (Artifices 2, Saint-Denis, 1992) consists of and operates in two dialectically engaged spaces: the actual and the virtual. At the core of this space-exploring machine is a RPT (rotate, pan, tilt) robotic head capable of moving a video camera through an unlimited orbital range of all three axes. A pair of opposite-facing infrared transmitters are in position to calibrate and synchronize the motion control motor drives with a related visual representation of the abstracted space, stored and retrieved from laser disk. Vasulka Archive: http://www.vasulka.org/

Ivan Kožarić


Jeudi 14 juin 2012, 22h, Palais de Tokyo, Paris. Dans la nouvelle exposition, une œuvre inconnue, parmi beaucoup d’autres, très différentes. Ivan Kožarić est né en 1921 en Croatie et vit à Zagreb. Ces sculptures, nommées Shapes of Space, datent des années 60. Elles sont en carton, en fibre de verre, en plâtre, en bois, peintes en blanc ou dorées.

Où la musique rivalise avec l’optique


Vendredi 8 juin 2012, 19h, rue du Pas de la Mule, Paris, 4e. Pendant que M. René Ohana, opticien diplômé, remplace un verre de mes lunettes au sous-sol, je prends cette photo qui témoigne de sa passion pour la musique classique orientale et arabo-andalouse. Son ordinateur diffuse toujours des enregistrements ou des films qui semblent plus rares les uns que les autres, souvent réalisés par lui-même. Il joue du oud. À écouter ici.

Vu au Mamco parmi beaucoup d’œuvres de l’accrochage de l’été 2012




Mardi 5 juin 2012, 18h30 – 20h30, Musée d’art moderne et contemporain — Mamco, Genève, vernissage du cycle L’éternel retour, séquence – été 2012. Alex Hanimann (Suisse, 1955), Ne pas éviter le destin — et exclure le hasard, lettres découpées, 2012. Sylvie Auvray (Paris, 1974), Masques, céramiques émaillées, 2012.

Marseille vue de Tourcoing


Vendredi 1er juin 2012, 22h, Le Fresnoy, Tourcoing, inauguration de l’exposition Panorama 14, « Élasticités », des travaux des étudiants et professeurs. Trois heures de car pour y aller, autant pour le retour. La pièce la plus intéressante : Horizons des événements, 2012, de Maya Da-Rin (1979, Rio de Janeiro). Nous sommes à Marseille. La projection montre l’artiste qui s’éloigne dans le paysage, on entend ce qu’elle entend. Puis on la perd de vue lorsqu’elle s’enfonce dans le dédale de la ville, mais on écoute toujours au plus près d’elle-même, ses pas, les conversations et remarques des passants, les bruits de la rue. La caméra restera en son point élevé, mais elle va bouger, d’un mouvement mécanique, informatique, par petites corrections successives car elle reçoit par radio les coordonnées de la promeneuse et se recale constamment dans sa direction. Ces coordonnées terrestres s’affichent sur le sol, entre le grand écran et nous. On voit que l’altitude diminue : elle descend jusqu’à la mer. La vidéo surveillance est condamnée à la fixité — et à l’opacité — comme le sont généralement les panoramas. Le son — l’écoute — est fondamentalement mobile. Notre esprit, notre attention — et notre faculté d’imaginer — s’accrochent à lui.


Maya Da-Rin dans Marseille (dr).

Masaki Fujihata au Stereolux de Nantes


Mercredi 30 mai 2012, 23h, Nantes, Stereolux « espace de création et de diffusion » des « musiques actuelles » et des « arts numériques ». Éric Boistard le dirige, avec qui j’ai travaillé au projet de la Gaîté Lyrique de 2002 à 2005. Dans la petite salle nommée Micro, Masaki Fujihata présente en avant-première son projet Voices of Aliveness « un espace pour crier — une collection de voix », en projection stéréoscopique, comme il se doit ici. Il a collaboré, pour cette proposition, avec le musicien Yasuaki Shimizu. On aura probablement l’occasion d’en reparler, c’est très réussi. Voici le lieu, dans cet ensemble qui marque la vie culturelle de Nantes, avec La Fabrique, l’Éléphant, la Machine, etc. sur le site des anciens chantiers navals du port de Nantes, fermés en 1987. C’est toujours troublant de voir ces lieux industriels prestigieux (et immenses) transformés en « lieux d’art ».

Une aire de jeu signée Buren



Dimanche 27 mai 2012, 13h30, Grand Palais, Paris. Le Monumenta de Buren n’est pas monumental. Excentrique(s), Travail in situ offre une aire de jeu d’aspect démocratique, qui sait éviter le grandiose et le luxe. Dans un journal gratuit du métro, le 9 mai, jour de l’inauguration, je lisais :

« Comment imaginez-vous la réaction du public ?
— Je n’en ai aucune idée. Monumenta, c’est comme un don, sans fonction ni raison. Je sais ce que j’essaie de réaliser, c’est tout. En revanche, je fais en sorte de donner au public toutes les clés pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent. Plus c’est aléatoire, moins il y a de liberté. Plus c’est contrôlé, plus la liberté peut s’exprimer. C’est pour cela que j’aime les œuvres publiques, parce que ce sont elles qui posent le plus de contraintes. »

On peut être d’accord avec ça. Mais alors, il faudrait que l’exécution soit impeccable (les poteaux verticaux sont souvent de travers) et que la poussière soit constamment enlevée sur les disques colorés des « toits » et sur les miroirs circulaires au sol.

Les Maîtres du désordre








Vendredi 18 mai 2012, 18h-20h30, Musée du quai Branly, exposition Les Maîtres du désordre. Pièces remarquables et photographiables :
Haniwa, figurine de chamane, Japon, époque kofun, 5e-6e siècle;
Masque de cérémonie Hamatsa, population kwakiutl, côte nord-ouest des États-Unis, début du 19e siècle;
Masque de Kachina Koyemshi (Tête-de-Boue), population hopi ou navajo, États-Unis, 1900-1950;
Eshu, population fon, Bénin, 20e siècle et statuette d’Exu, Bahia, Brésil, 20e siècle;
Masque d’exorcisme (pour protéger les femmes enceintes), Matara, Sri Lanka, 19e siècle.
La scénographie de Jacob et MacFarlane consiste en une structure envahissante et complexe, à facettes, en métal et staff, incluant des vitrines et des éclairages, mais dont la réalisation n’est achevée qu’autour des pièces.