

Vendredi 4 janvier 2013, 22h30. Siem Reap, hôtel FCC Angkor. Le FCC (Foreign Correspondents Club) existe d’abord à Phnom Penh, attachée à une mythologie de correspondants d’outre mer et de guerre. Le FFC de Sien Reap a transformé l’ancienne résidence de vacances du gouverneur français. On reparle de l’architecture « moderniste » cambodgienne des années soixante qui semble remarquable.
Catégorie : Architecture
Une autre saison


Jeudi 3 janvier 2013, 11h et 18h, Phnom Penh, hôtel La Plantation, croisement du style « design » contemporain et du style « colonial » (il s’agit de la transformation, en 2011, par l’agence ASMA et avec le soutien de l’Ambassade de France, d’un bâtiment administratif des années trente). Près de 30 degrés et un certain calme.
Le jour et la nuit


Vendredi 21 décembre 2012, 14h30 et 17h30, Genève. Le nouveau pont sur l’Arve, financé par Rolex (il porte le nom de Hans Wilsdorf, fondateur de la firme — on n’a peu l’habitude de voir un élément de la circulation publique « offert » ainsi par une marque), est l’une des rares transformations modernes que l’on ait pu connaître à Genève. Il se veut sans doute surprenant, il est quand même déjà inscrit dans l’esthétique convenue du calcul informatique. Mais, ce qui retient mon attention, c’est l’écart de son aspect entre le jour et la nuit, que je rapproche de celui du pont Waibaidu (vu récemment à Shanghai : https://jlggb.net/blog3/?p=4387). Sauf qu’ici la couleur ne change pas toutes les dix secondes. La Suisse positive n’est pas la Chine kitsch, et la modeste passerelle n’a rien du grandiose historique du pont shanghaïen. Un point commun cependant, ce sont des passages de frontières qui ont connu des jours virulents et symboliques.
Visite privée
La Maison du Peuple de Clichy-la-Garenne








Dimanche 2 décembre 2012, 15h30-16h30. À l’occasion d’une installation sonore du collectif Art of Failure, la Maison du Peuple de Clichy-la-Garenne peut être visitée. Construite entre 1937 et 1939 par les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods et les ingénieurs Jean Prouvé et Vladimir Bodiansky, « l’édifice était conçu comme une machine qui, à l’aide de mécanismes ingénieux, peut se métamorphoser. Et répondre à des fonctions multiples, marché, salle de conférences, salle de cinéma, bureaux d’associations et syndicats… » (Béatrice Simonot, La maison du peuple de Clichy-la-Garenne : Un bijou mécanique, 2010). Si la restauration, décidée au moment du classement en 1983 pouvait se faire véritablement, le bâtiment pourrait à mon sens vivre du spectacle de son auto-transformation mécanisée, cloisons et planchers mobile, toitures escamotables, etc., tout comme de l’hommage qu’il constitue à l’imagination technique et formelle de Jean Prouvé, que l’on reconnaît dans chaque détail.
La Maison du Peuple (au moment de son ouverture en 1939 ?) Photo © Musei in Comune Roma
Détail d’un mur jaune
Bois et terre


Jeudi 22 novembre 2012, 10h30, Hangzhou, campus Xiangshan (au sud de la ville) de l’Académie des arts de Chine. Tout près du Département d’architecture, une petite construction en cours, d’allure expérimentale, qui allie le bois et la terre (rouge). Dans l’esprit d’Amateur Architecture Studio et Wang Shu ?
Le campus Xiangshan de l’Académie des arts de Chine




Jeudi 22 novembre 2012, 10h-13h, Hangzhou. Immense campus Xiangshan de l’Académie des arts de Chine, entièrement conçu, de 2004 à 2007, par l’architecte Wang Shu (Pritzker Architecture Prize 2012). Déjà documenté partout, y compris pour son problématique « Musée du Bauhaus ». Le projet d’établir un pont entre la campagne — la vie des agriculteurs — et l’école semble une réalité : on croise un gardien d’oies, on longe des plantations de radis. La passerelle qui relie à la montagne est bien, mais je crois qu’elle est symbolique; elle n’ouvre sur rien. Qualité de l’entretien décevante mais beau travail des matériaux et des espaces.
Trop grand

Mardi 20 novembre 2012, 9h, Shanghai, départ en train rapide pour Hangzhou. La nouvelle (2010) gare de Hongqiao fait 1.3 millions de m2. Le bâtiment principal fait 420 m de long sur 200 m de large et 70 m de haut (en comptant les sous-sols et étages supérieurs). Il est dit que c’est la plus grande gare de chemins de fer en Asie. Ses 20 000 panneaux solaires en font « le plus grand système photo-voltaïque du monde ». La salle « des pas perdus » fait à elle seule 10 000 m2 Elle est prévue pour recevoir en même temps 10 000 voyageurs. Un mérite : même s’il faut marcher longtemps, on s’y repère facilement puisque l’espace central, celui où l’on est quand on a passé le contrôle, est « ouvert ». On peut le voir comme une place publique abritée. Je me souviens avoir vu, dans les années 80, devant les gares de Pékin ou de Chengdu, des milliers de gens, assis ou couchés sur leurs sacs et balluchons, attendant dans le froid ou sous la pluie. Beaucoup de boutiques en construction, opening soon. Mais, pour l’instant, que des fastfoods et un seul micro stand « culturel », le marchand de journaux que l’on voit ici. Il est vrai que chaque voyageur peut lire sur son smartphone.
La condition animale


Lundi 19 novembre, 16h, Shanghai, quartier Hongkou, Shajing Lu. Sous le nom de 1933 — date de sa construction par « un architecte anglais » —, ce bâtiment tente d’être un lieu de commerce à la mode. Réhabilité soigneusement depuis 2006, ce chef-d’œuvre de béton armé de style Art déco est un ancien abattoir où les nombreuses coursives et passerelles constituent un labyrinthe incroyable de la structure extérieure rectangulaire jusque dans un corps cylindrique central. De larges plans inclinés striés permettaient au bétail de monter dans les étages tandis que d’étroits escaliers en colimaçon permettaient l’accès du personnel. Il est difficile de saisir le fonctionnement de toutes ces circulations et de toutes ces chambres. On comprend malgré tout que s’y jouaient les destins parallèles des animaux et des humains, le passage d’animaux vivants en viande de boucherie et le travail harassant des abatteurs. 1933 : la même année paraissait chez Gallimard La Condition humaine d’André Malraux.
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André Malraux, La Condition humaine, édition du Livre de poche, 1953 (?), couverture de Lucien Fontanarosa. Document © swallace99’s.





