Le jour et la nuit

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Vendredi 21 décembre 2012, 14h30 et 17h30, Genève. Le nouveau pont sur l’Arve, financé par Rolex (il porte le nom de Hans Wilsdorf, fondateur de la firme — on n’a peu l’habitude de voir un élément de la circulation publique « offert » ainsi par une marque), est l’une des rares transformations modernes que l’on ait pu connaître à Genève. Il se veut sans doute surprenant, il est quand même déjà inscrit dans l’esthétique convenue du calcul informatique. Mais, ce qui retient mon attention, c’est l’écart de son aspect entre le jour et la nuit, que je rapproche de celui du pont Waibaidu (vu récemment à Shanghai : https://jlggb.net/blog3/?p=4387). Sauf qu’ici la couleur ne change pas toutes les dix secondes. La Suisse positive n’est pas la Chine kitsch, et la modeste passerelle n’a rien du grandiose historique du pont shanghaïen. Un point commun cependant, ce sont des passages de frontières qui ont connu des jours virulents et symboliques.

Tasse de bain


Vendredi 14 décembre 2012, 22h, 93bis. Cadeau de Masaki, en direct du Japon, une tasse dont il dit qu’elle est pour un café « low res » (la « basse résolution » est un clin d’œil entre nous après un travail sur les images prises avec des téléphones, au début des années 2000), de la marque The Porcelains qui reprend une mosaïque typique des bains publics japonais, avec l’idée de « réchauffer les cœurs » (d’après le site de la marque).

Porcelaine impériale de la dynastie des Song du Sud


Mercredi 21 novembre 2012, 10h30. Au sud de Hangzhou, à environ 4 km du centre et du lac, le Nan Guan Song Yao Bowuguan (Musée de la porcelaine impériale de la dynastie des Song du Sud), ouvert en 1992, agrandi en 2002, avec de vastes salles et beaucoup d’objets, dans une scénographie malheureusement très pesante. Il se trouve sur l’emplacement de fours anciens découverts en 1930 mais fouillés dans les années 1980. Les grès de porcelaine produits ici, dits de qualité Guan (officielle), dès la période des Song du Sud (1127-1279), présentent une glaçure profonde obtenue par couches successives. Il est dit que Hangzhou, qui fut, pendant un temps, la capitale des Songs du Sud, a été dans cette période la ville la plus peuplée au monde.

Note du Musée Cernuschi : La province du Zhejiang, un des berceaux majeurs de cette activité, se spécialisa dès la haute antiquité dans la production de grès revêtus d’une couverte colorée à l’oxyde de fer et cuits en réduction. La délicatesse des teintes froides ainsi que l’opacité nuageuse et mystérieuse de la couverte de ces céramiques firent rêver l’Europe. La France leur donna au XVIIIe siècle le nom de céladon, emprunté au héros du roman pastoral d’Honoré d’Urfé (1568–1625), L’Astrée, dont le vêtement était de couleur gris vert. Ce terme tend actuellement à être remplacé par l’appellation grès à couverte verte, plus proche de l’usage anglo-saxon (greenware) et plus fidèle au chinois qingciqi. pdf.