
Dimanche 28 octobre 2012, 11h, Aix-les-Bains. Juste avant l’arrivée du froid, la plus grande des crassulas du Nice-Savoie (sœur ou fille de Santa Barbara, Californie) fait l’événement avec de prochaines fleurs en boutons (En vérité, à Santa Barbara, il y avait des fleurs : http://jlggb.net/blog/?p=6953). C’est la première fois qu’on voit ça dans la collection.
Catégorie : Plantes
Crassulas’ Windows

Mardi 9 octobre 2012, 17h30, 10 rue du Temple, quartier Saint-Gervais, Genève. Les crassulas sont presque toujours associées à une vitre, en vitrine. Il faudra s’en souvenir si l’on va vers une exposition Crassulas’ Windows. À moins qu’on choisisse Mémoire de crassulas, comme il y a eu Mémoire de crayons.
Dahlia Feu follet
Longévité

Dimanche 16 septembre 2012, 13h, cour du 93bis, Paris 11e. Figure blanche de l’impermanence, la clématite Duchess of Edimburgh, rapportée du jardin de Great Dixter, East Sussex en 1995, l’est aussi de la longévité. Voir « White » 16 août 2010.
Moins de couleurs et plus de fleurs
Superposition


Vendredi 7 septembre 2012, 19h30, galerie Rosascape, 3 square Maubeuge, Paris 9e, exposition de Camille Henrot (voir : « Camille Henrot et le langage des fleurs »), « Jewels from the Personal Collection of Princess Salimah Aga Khan ». « L’œuvre rassemble, sous la forme d’un herbier, des plantes et des fleurs collectées dans les plates-bandes privées des immeubles de l’Upper East Side, le quartier le plus riche de New York, sur les fac-similés des pages d’un catalogue de la vente aux enchères, par Christie’s à l’hôtel Richemond de Genève le 13 novembre 1995, des bijoux de la princesse Salimah Aga Khan bijoux reçus au cours de ses vingt-six ans de mariage avec l’Aga Khan. » Miki m’en donne le commentaire le plus direct : « On peut toujours superposer une chose à une autre; c’est une mise en forme de la lutte des classes. »
Note : Phily Nantois fut, à Aix-les-Bains au début des années trente, caddie du prince Aga Khan III, grand-père de Karim Aga Khan IV dont il est question ci-dessus. Voir : « Au golf club » du 12 novembre 2011.
La lisibilité du monde (détail)

Dimanche 1er septembre, 19h, 45 rue de Lancry, Paris 10e. Ce qui attire d’abord l’attention, ce sont les grandes plantes sèches dressées sur la terrasse, qui lancent le regard vers le haut. L’immeuble moderne qui est derrière est beau par la régularité de sa façade dont les fenêtres hautes et étroites sont toutes des portes-fenêtres avec garde-corps métalliques. La réglementation sous Pompidou a interrompu la règle hausmannienne : les immeubles pouvaient être plus hauts, à condition qu’ils soient en retrait, de façon à ce que, de la rue, ils semblent alignés avec les plus anciens. Un effet littéralement collatéral est la présence d’une terrasse et de ces grands murs nus qui n’ont pas pu être mitoyens. Puis est venu le temps, qui dure depuis trente ans, des tags et des graffs, qui donnent lieu à des compétitions et à des exploits, souvent dangereux. L’écran publicitaire qui défile et qui affiche un iPad ouvrant lui-même sur l’image d’un clavier virtuel en semble l’antidote. Mais il n’est au fond que la version industrielle, clean et démultipliée à l’échelle de ses dizaines de millions d’exemplaires, du même désir. On le voit, la lisibilité n’est pas réservée aux mots, ni même aux signes. Auteur de La Lisibilité du monde, le philosophe Hans Blumenberg est évoqué par Georges Didi-Huberman dans Atlas ou le gai savoir inquiet (Minuit, 2011), page 15, pour dire : « Lire le monde est une chose bien trop fondamentale pour se trouver confiée aux seuls livres ou confinée en eux : car lire le monde, c’est aussi relier les choses du monde selon leurs ‘rapports intimes et secrets’, leurs ‘correspondances’ et leurs ‘analogies’. » (Cité par L. dans son blog Übersicht.)
Camille Henrot et et le langage des fleurs



Vendredi 24 août 2012, 16h, Palais de Tokyo, Paris 16e. Triennale « Intense Proximité », Camille Henrot (1978 Paris), Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ?, 2012, installation avec fleurs naturelles. Détails : « L’Histoire de la révolution française de Jules Michelet »; « Généalogie de la morale de Friedrich Nietzsche ».
Le Jardin naturel

Mardi 21 août 2012, 10h30, Paris 20e. Le Jardin naturel, dans le haut de la rue de la Réunion, en bordure du Père-Lachaise, est un coin tranquille et frais, agréable et pédagogique. Il éveille pour moi la nostalgie des canaux et des lavoirs abandonnés du quartier Chateauvert à Valence, où les araignées d’eau, les libellules, les tritons et les têtards n’avaient pas besoin d’écriteaux pour être fréquentés.
Documenta (13) : des témoins de l’inculte




Mardi 14 août 2012, 17h, Documenta (13), Kassel, parc Karlsaue, Pierre Huyghe (1962, Paris, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Untilled, 2012. Le titre « inculte » donne une première indication. Pierre Huyghe parle de « compost » et d’une prise de distance d’avec le modèle de l’exposition et de ses spectateurs, au profit d’une « forme biologique de la création » dont on escompterait des « témoins » (Beaux-Arts Magazine, juillet 2012, entretien avec Stéphanie Moisdon, p. 79). Ce n’est pas vraiment le stéréotype de la friche mis aujourd’hui à toutes les sauces. La proposition se présente comme un vaste terrain chaotique mais comportant des sentiers, avec des tas (pour ma part je vois les tas comme appartenant à l’esthétique ou à la logique chinoises), des matériaux, des vestiges, des arbres abattus, des flaques de boue, beaucoup de fleurs sauvages, une sculpture de femme nue allongée dont la tête est masquée par une ruche en activité, un chien — peut-être un lévrier — dont la patte avant droite est teinte en rose fluorescent, un bassin d’eau croupissante, etc. On peut voir l’endroit — c’est certainement le cas — comme un espace destiné au stockage pour l’entretien du parc. J’avais noté un tel espace en le nommant « zone intermédiaire » le 16 juin dernier, près de la rue d’Aubervilliers, dans le 18e (et d’ailleurs on l’aperçoit du train qui nous ramène de Kassel vers la gare de l’Est). Œuvre intéressante, tout comme le discours qui l’accompagne, typique d’une certaine génération d’artistes français, et quand même agaçant. Exemple, un paragraphe sommairement traduit par moi du statement de Pierre Huyghe dans The Guidebook de Documenta (13), p. 262 :
L’ensemble des opérations qui se produisent entre les éléments n’a pas de script. Il y a des antagonismes, des associations, de l’hospitalité et de l’hostilité, de la corruption, de la séparation et de la dégénérescence, de l’effondrement, mais sans rencontres. Il y a des circonstances et des écarts qui permettent l’émergence de complexités. Il y a des rythmes, des automatismes et des accidents, des transformations invisibles et continues, le mouvement et les processus, mais pas de chorégraphie, de sonorités et de résonances, mais pas de polyphonie. Il y a des répétitions, des réactions chimiques, des reproductions, des formations et la vitalité, mais l’existence d’un système est incertaine. Les rôles ne sont pas distribués, il n’existe aucune organisation, aucune représentation, aucune exposition. Il y a des règles, mais pas une politique.

