
Mardi 14 août 2012, 19h53, Kassel, Documenta (13), Fridericianum. Dans la rotonde qui sert d’introduction à toute la Documenta (13), Man Ray, Object to be Destroyed/Object of Destruction/Indestructible Object, original disparu de 1923, édition de 1965. L’œil est celui de Lee Miller.
Auteur/autrice : jlggb
Documenta (13) : deux pierres
Documenta (13) : la petite exposition de Doug Ashford
Documenta (13) : l’autoportrait de Shinro Ohtake



Mardi 14 août 2012, 17h30, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, installation de Shinro Ohtake (1955 Tokyo), Mon Cheri, A Self-Portrait as a Scrapbook Shed, 2012. Le texte du Guidebook dit « L’installation reflète les conditions de l’humanité au 21e siècle, rendant visible les dérives et l’insécurité qui façonnent notre monde matériel et la constante négociation entre nos espoirs pour le futur et les compromis qu’exige la réalité. » (p. 284). On note la famille venue avec de belles bicyclettes et de beaux vêtements, le père équipé d’un iPad pour prendre des notes visuelles, la mère lisant le catalogue, le fils attentif dans son T-shirt « Gute Kondition », la fille soucieuse de son body.
Documenta (13) : des témoins de l’inculte




Mardi 14 août 2012, 17h, Documenta (13), Kassel, parc Karlsaue, Pierre Huyghe (1962, Paris, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Untilled, 2012. Le titre « inculte » donne une première indication. Pierre Huyghe parle de « compost » et d’une prise de distance d’avec le modèle de l’exposition et de ses spectateurs, au profit d’une « forme biologique de la création » dont on escompterait des « témoins » (Beaux-Arts Magazine, juillet 2012, entretien avec Stéphanie Moisdon, p. 79). Ce n’est pas vraiment le stéréotype de la friche mis aujourd’hui à toutes les sauces. La proposition se présente comme un vaste terrain chaotique mais comportant des sentiers, avec des tas (pour ma part je vois les tas comme appartenant à l’esthétique ou à la logique chinoises), des matériaux, des vestiges, des arbres abattus, des flaques de boue, beaucoup de fleurs sauvages, une sculpture de femme nue allongée dont la tête est masquée par une ruche en activité, un chien — peut-être un lévrier — dont la patte avant droite est teinte en rose fluorescent, un bassin d’eau croupissante, etc. On peut voir l’endroit — c’est certainement le cas — comme un espace destiné au stockage pour l’entretien du parc. J’avais noté un tel espace en le nommant « zone intermédiaire » le 16 juin dernier, près de la rue d’Aubervilliers, dans le 18e (et d’ailleurs on l’aperçoit du train qui nous ramène de Kassel vers la gare de l’Est). Œuvre intéressante, tout comme le discours qui l’accompagne, typique d’une certaine génération d’artistes français, et quand même agaçant. Exemple, un paragraphe sommairement traduit par moi du statement de Pierre Huyghe dans The Guidebook de Documenta (13), p. 262 :
L’ensemble des opérations qui se produisent entre les éléments n’a pas de script. Il y a des antagonismes, des associations, de l’hospitalité et de l’hostilité, de la corruption, de la séparation et de la dégénérescence, de l’effondrement, mais sans rencontres. Il y a des circonstances et des écarts qui permettent l’émergence de complexités. Il y a des rythmes, des automatismes et des accidents, des transformations invisibles et continues, le mouvement et les processus, mais pas de chorégraphie, de sonorités et de résonances, mais pas de polyphonie. Il y a des répétitions, des réactions chimiques, des reproductions, des formations et la vitalité, mais l’existence d’un système est incertaine. Les rôles ne sont pas distribués, il n’existe aucune organisation, aucune représentation, aucune exposition. Il y a des règles, mais pas une politique.
Documenta (13) : une horloge en perspective


Mardi 14 août 2012, 16h20. Documenta (13), parc Karlsaue (Orangerie). Anri Sala (1974 Tirana, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs et du Fresnoy), Clocked Perspective, 2012. Anri Sala corrige un tableau conservé à l’Orangerie qui contient une véritable horloge mais qui n’est pas inscrite dans la perspective du tableau. Il concrétise la notion métaphorique de pesrpective du temps. La forte distorsion de son horloge est compensée par un mouvement savant des aiguilles. Vue depuis le bassin dont elle marque l’extrémité, l’anamorphose tend à s’effacer.
Junge Leute beim Schaukeln in einem Garten bei Neapel


Mardi 14 août 2012, 12h30, Neue Galerie, Kassel. Présence et virtuosité surprenantes d’une scène que l’on prendra comme document ou comme fiction et au moins comme une vision allemande de l’Italie : Johann Erdmann Hummel (Kassel 1769 – Berlin 1852), Junge Leute beim Schaukeln in einem Garten bei Neapel (Jeunes personnes sur une balançoire dans un jardin près de Naples), 1823.
Courbet le géologue


Mardi 14 août 2012, 12h30, Neue Galerie, Kassel. Au détour d’une salle, dans les collections du musée qui accueille aussi des œuvres de la Documenta, un magnifique Courbet, Prairies près d’Ornans, 1862. Ce qui nous fascine est cette façon qu’a la peinture de Courbet de dégager, sous le vert, l’ossature calcaire de la montagne et la façon dont elle va vers les ombres noires. On a dit que c’était la version la plus puissante de son autoportrait, pas seulement parce qu’il s’agit de sa région, pour la conjonction du géologique, du morphologique et du psychologique. J’en témoigne, j’ai toujours ressenti les falaises calcaires de mon enfance — le Vercors, le Royans — comme des révélations des origines du monde.
Portrait d’Arnold Bode par Gerhard Richter

Mardi 14 août 2012, 12h. Neue Galerie, Gerhard Richter, Arnold Bode, 1964. Arnold Bode (1900 Kassel – 1977), professeur, architecte, peintre, designer, fut le fondateur de la Documenta en 1955 — avec le projet de rompre avec le passé de l’Allemagne nazie — et de nouveau son commissaire en 1959, 1964 et 1968.
Documenta (13) : die Gedanken sind frei

Mardi 14 août 2012, 11h50. Documenta (13), Neue Galerie, Susan Hiller (1940), Die Gedanken sind frei, installation sonore interactive avec 100 chansons. Le titre reprend celui d’une chanson allemande datant probablement de la Révolte des paysans de 1524-1526, reprise en 1848, puis dans le mouvement anti-nazi mais aussi aux États-Unis au XIXe siècle : « Thoughts are free ».

