Salle A-072

Ce qui reste de Vincennes, au moins cette table qui est au centre de l’image : piètement acier laqué epoxy, cadre aluminium, plateau stratifié gris clair, 60 x 120 cm, très belle qualité, fabriquée par Mullca à Noisy-le-sec (fin des années soixante). Les chaises sont les classiques Mullca 510 de Gaston Cavaillon (1950), de diverses générations.

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Mercredi 18 juin 2008, Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis, département d’arts plastiques, séance de bilan pédagogique des licences, salle A-072 (ancien atelier de gravure).

La dérive photographique

Il ne s’agit pas de « La Dérive » mais au contraire des déterminations (aléatoires certes) de la trajectoire (on va quelque part, le bus y va mais est détourné par une manifestation, les voyageurs continuent à pied, on suit quelqu’un qui accroche le regard). Mais plutôt de cette dérive qui consiste à croire que la prise de vue va suppléer aussi bien à l’instant qu’à la mémoire. On se sert du téléphone puisqu’on l’a sous la main.

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Faubourg Saint-Antoine, mardi 17 juin 2008, vers 15h, une manifestation à la Bastille. Un mérite de la saisie : l’agencement, dans la perspective, de la diagonale des sangles.

Il neige, encore

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La sculpture de Mars Vallett (1869-1957), Il neige (ci-dessus, par temps gris, le 1er juin 2008 et déjà dans « La nuit du musée »), se trouvait autrefois au carrefour de la rue de Genève et de la rue du Casino à Aix-les-Bains, telle qu’on la voit dans la peinture de Charles Cuzin (1907-1975) qui est chez Paule et Jean-Pierre P., à Paris. Vendredi 6 juin 2008, vers 13h, un rendez-vous improvisé dans leur appartement du 6e étage.

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Charles Cuzin, (Neige à Aix les bains), date ?, collection particulière.

Cette vue se retrouve sur une carte postale présente sur le site des Archives départementales de la Savoie.

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Bili, chat bengal.

Pour passer de mai à juin

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Non signé (J.-L.B. + B.D.), papier affiche blanc, 65 x 100, sérigraphie en 3 couleurs, Grenoble, Maison de la culture en grève et occupée par son personnel, fin mai 1968.

À la fin du mois de mai 1968, la position de graphiste-imprimeur à la Maison de la culture de Grenoble et la complicité d’un ami (Bernard D., aujourd’hui psychiatre militant) permettent de mettre en action le matériel de sérigraphie dont l’établissement vient de s’équiper sur la proposition de Jean-Louis B., scénographe et graphiste (la Maison de la culture de Grenoble a été inaugurée en janvier 1968 par André Malraux). Sont achetées, de la « soie » (taffetas de Tergal), des encres et de la gélatine photosensible. Deux maquettes sont conçues en utilisant le report photographique (technique rare à ce moment là, parce que réservée aux imprimeries professionnelles très spécialisées, dont par exemple l’Imprimerie Noblet à Grenoble, réputée précisément pour ses affiches en sérigraphie).

L’hebdomadaire L’Express vient de publier la photo remarquée — parce que comique et caricaturale — d’un cordon de CRS. On voit dans la ville, sur les panneaux d’affichage 320 x 240, l’affiche du parti gaulliste en forme de drapeau tricolore avec, en son centre et donc sur fond blanc, la photographie en noir et blanc d’une foule. L’affiche reproduite ici est destinée à venir en surcharge de cette très grande affiche : les bandes du drapeau sont horizontales, les policiers occupent le blanc, le bleu est exagérément bleu roi, le rouge très vif. L’affiche est tirée à deux en quelques dizaines d’exemplaires (par la même occasion, la technique de la sérigraphie est apprise, elle sera utilisée les années suivantes pour des cours à Vincennes) et quelques exemplaires seulement sont collés. Plus tard, en juillet, des Parisiens venus en « université d’été » d’un groupuscule sur le Campus de Saint-Martin d’Hères, vont reprendre la maquette mais en la dénaturant par des inscriptions ayant trait au 14 juillet (c’est cette affiche qui a été reproduite dans un l’ouvrage de Vasco Gasquet sur les affiches de 68, dans l’édition de 1978 comme dans celle de 2008).

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Grenoble, le 9 mai 1968 (Photo trouvée sur Internet).

INOP (+TNP) 1958

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25 mai 2008, 41 de la rue Gay-Lussac, Paris 5e. Une image, l’un des tout premiers souvenirs des premières heures de la première visite à Paris (une nuit dans le train), au printemps 1958, il y a 50 ans, et avant, à travers le nom entendu L’inope (INOP), le souvenir enfantin, lui aussi premier, d’une situation familiale mystérieuse dont Paris était le pôle lointain, attracteur et sournois. Depuis plus de dix ans maintenant, elle peut être saisie au passage chaque semaine, à quelques pas de l’école du 31 rue d’Ulm.

Un style : une certaine alliance de modernité ambigüe, « front populaire » et « collabo », d’entrelacs et de verticales, de bleu-noir et de doré. Ce caractère (Cassandre, 1937), jamais perdu de vue depuis, pour son élégance trop française (l’attache du R par exemple), pour son abandon hors normes des bas-de-casse distinctes, pour la plupart, des capitales (pas visible ici), pour son écho au Palais de Chaillot dans les phrases de Valéry elles aussi en lettres d’or (datées de « Arts et Techniques dans la Vie moderne », l’exposition internationale de 1937. L’INETOP s’est installé rue Gay-Lussac en 1939).

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Caractère Peignot (Cassandre pour Deberny & Peignot, Paris, 1937).

Le même soir, Chaillot justement, et le TNP : Ubu mis en scène par Jean Vilar, avec Georges Wilson et Rosy Varte. Là, c’est le caractère Chaillot, de Jacno (1951). Une référence personnelle, sans équivoque. De nouveau le catalogue Deberny et Peignot. Le collègue Félix Müller en a fait faire récemment une version numérique.

 

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Alfred Jarry, Ubu, texte de la pièce créée au TNP en mars 1958. Exemplaire personnel authentique.

La nuit du musée

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Mars Vallett, Il neige, (date ?). Voir aussi l’ancien site de cette sculpture.
Note : Ce sculpteur de Chambéry, qui fut aussi conservateur des Charmettes, est l’auteur du monument à Rousseau de Chambéry, J.-J.R. en promeneur, 1910, mais aussi de la statue de Lamartine à Châtillon, de celle de la Reine Victoria à Aix-les-bains.

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Mars Vallett (1869-1957)
(Domaine public)

Samedi 17 mai 2008, le Musée Faure d’Aix-les-bains est ouvert jusqu’à 22h30 pour la Nuit des musées. Au deuxième étage, la salle Rodin, avec beaucoup de petite sculptures, toutes intéressantes. Comme au Musée Rodin : érotisation de l’ensemble du système relationnel.

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Auguste Rodin, Le Baiser du fantôme à la jeune fille, 1885, marbre.

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Auguste Rodin, Le Désespoir, plâtre, 1885.

Il y a aussi un exemplaire en plâtre de la version du Désespoir qui figure (3 fois) dans La Porte de l’enfer.

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Auguste Rodin, Le Désespoir, bronze, 1890. Musée Rodin, Paris.
©Insecula

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Auguste Rodin, Le Désespoir (de La Porte de l’Enfer), bronze, 1890. Musée Rodin, Paris.
©base joconde