Pointer (La vie des objets. Ch. 114)


Samedi 27 août 2022, 22h, Paris. Arrivé expressément du Japon, le soba choko ancien de porcelaine d’Imari, dans la version courante et notoire « flèche », est choisi pour montrer comment le digital de l’exposition à venir (digital) Soba Choko à La Borne est aussi et peut-être d’abord une manière de dire désigner, exhiber et manipuler, et aujourd’hui de pointer le workshop #motifs avec Anne Reverdy qui a lieu là-bas dans une semaine.

S’ouvrir (La vie des objets. Ch. 111)


Vendredi 29 juillet 2022, 20h, Paris. Dans la cuisine le meuble va soutenir un plan de travail et une plaque chauffante. La plaque chauffera aussi dessous et il faut prévenir une haute température de la planche qui lui est proche. La profondeur de 48 cm se prête à une division par 6, il y aura 5 percements, de 27 mm de diamètre dans une épaisseur de 18 mm. Instagram reçoit cet objet sous le titre « Contre un réchauffement ».

Pour apprécier les variantes




Dimanche 17 juillet 2022, 22h, Paris. Il est arrivé par FedEx vendredi 15, trois jours plus tôt qu’annoncé par Buyee de Yahoo Japan. Le 9, il était In Storage, à envoyer comme paquet de 320 g. Le 7, c’était la Winning Auction, pour 3000 yens. Il n’y a pas eu de concurrence pour cet objet qui n’intéresse pas les collectionneurs. Classique, banal, mais précisément à collecter pour ses variantes. Ce soba choko de porcelaine, de la région d’Arita, est mentionné plus largement comme koimari, « ancien d’Imari », le port d’où partait la porcelaine, et Edo chūki, le milieu de l’époque Edo qui va de 1603 à 1868, alors qu’il peut être de la fin de Edo, sinon de l’Ère Meiji, de 1868 à 1912. Son décor est nommé ichimatsu, du nom d’un comédien savant et populaire de Kabuki, Sanogawa Ichimatsu, 1722~1762, dont l’habillement est marqué par des tissus en damier, carrés sombres et clairs et texturés. La plus marquante est nommée 格子文, kōshimon, on dira treillis, en s’attachant à la retrouver en divers endroits où elle a pu exister dans l’histoire et par le monde, du fait d’une logique de construction. La variabilité est le fait d’une multiplicité qui renforce l’appréciation d’un savoir-faire. Les « défauts » n’ont rien d’une maladresse mais relèvent du coup de main. La petite figure du fond semble d’abord une signature mais elle est attachée au motif extérieur. On doit encore éclaircir ce détail.

Une exploration de céramique et politique


Mercredi 22 juin 2022, 13h, Institut national d’histoire de l’art, rue Vivienne, Paris, 2e. La 4e session, sur 9 en 3 jours, du colloque « Céramique et politique », porte sur « Les implications politiques de la monstration ». Anne Dressen, à gauche, est modératrice, elle est commissaire au Musée d’art moderne de Paris, et en particulier de « Les Flammes, L’Âge de la céramique », qui, d’octobre à février, a représenté l’événement d’une incursion dans l’art contemporain de l’histoire d’un médium des artisans, artistes et designers et a suscité ce colloque. Évelyne Toussaint est professeure d’histoire de l’art contemporain à l’Université Toulouse – Jean Jaurès, elle montre comment le cas de la céramique illustre historiquement la dimension politique de la notion de mineur en art. Zahia Rahmani, historienne de l’art, responsable du domaine « Histoire de l’art mondialisée » à l’INHA, fait le récit personnel et analytique de la présence de la poterie berbère. Marie-Charlotte Calafat, conservatrice du patrimoine au MUCEM, Marseille, retrace le rôle, de Georges-Henri Rivière à François Mathey, de la muséographie des objets populaires et folkloriques.

Renversant et secret



Dimanche 22 mai 2022, 15h, Fondation Baur, Genève. Ce « bol » de porcelaine, « forme conique très élégante et typique des Song [Song du Nord, XIe-XIIe siècle], requiert une cuisson en position renversée afin d’éviter d’éventuelles déformations. ». Son motif « de rinceau végétal » tend vers ce qui se nommera « décor secret ».

Tourner la porcelaine



Jeudi 12 mai 2022, dimanche 15 mai, Les Halliers, Neuvy-Deux-Clochers, Cher. Durant quatre jours, dans l’atelier qui fut construit par son père Christophe Linard, Claire a conduit, avec une dextérité formidable et un savoir-faire sans égal, un atelier pour trois étudiantes et deux étudiants de l’École d’art et de design du Mans. Les gobelets tournés de porcelaine sont un apport au projet et à l’exposition « (digital) Soba Choko » qui a lieu ici, à La Borne, à la fin de l’année.

La terre et le fer



Vendredi 13 mai 2022, 14h, atelier Linard, près de La Borne, Cher. Il s’agit de connaître directement la pratique de la poterie. C’était une belle fabrique de carreaux et de briques, la terre d’ici cuite savamment au bois. Le tabouret de tourneur était derrière moi, je ne le voyais pas. Dans la conversation j’ai reculé et je suis tombé en arrière. Ma tête a sonné mais n’a pas heurté le fer, de justesse.