
Lundi 11 juillet 2022, 19h30, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. L’exposition de Tatiana Trouvé surprend, quand on l’a suivie depuis des années, car elle se compose de traces sur le sol et de grands dessins. Mais on se plaît à observer plusieurs de ses Gardians : « Ce sont des sculptures qui ont été créées dans l’intention d’être Les gardiens d’autres œuvres, pour être en compagnie d’autres œuvres, pour garder des œuvres mais aussi des idées » avait-elle dit lors de l’ouverture de la Bourse de commerce. Ici, le plus simple, cassé, attaché à une barrière de rameaux et de chardons de bronze, un fauteuil de tubes avec son coussin, un poste de radio, eux aussi de bronze, deux livres, en onyx : L’Établi de Robert Linhart ; La Grande Cordée de Fernand Deligny. VOIR : Tatiana Trouvé au Mamco et Tatiana Trouvé 2014.
Catégorie : Art
Neue Sachlichkeit

Lundi 11 juillet 2022, 17h15, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. S’il ne me « plaît » guère spontanément, ce tableau — Georg Scholz (1890 – 1945), Kakteen und Semaphore [Cactées et sémaphores], 1923, huile sur panneau dur, LWL, Munster – peut être retenu comme totem de la Neuesachlichkeit, dans l’exposition / Allemagne / Années 1920 / Nouvelle Objectivité / August Sander /. Les cactées s’y prêtent, elles sont peintes comme des objets sans vie. Leur présence de nature morte s’associe à l’autre tableau qu’est l’ouverture en lui donnant paradoxalement un semblant de vie parlante, dans le langage des sémaphores. Mais il me vient que si la Nouvelle Objectivité m’a intéressé pour son passage par l’objectif, l’objectif de l’appareil photographique, facteur de distanciation comme d’ironie critique, elle donne ici des objets — peut-être comme dans notre « Vie des objets » — qui m’importent, pour les collecter comme pour les produire : les cactées, succulentes, crassulas ; les pots en troncs de cône. Enfin, qu’un paysage se construise autour de signaux de circulation est pour moi une clé qui permet de le saisir.
NOTE : Podcast du Centre Pompidou / son / transcription
À distance, 1929


Lundi 11 juillet 2022, 17h, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris. Dans l’exposition / Allemagne / Années 1920 / Nouvelle Objectivité / August Sander / : Sasha Stone, Wenn Berlin Biarritz wäre [Quand Berlin était Biarritz], photomontage, Musée Folkwang, Essen ; Richard Schadewell et Marcel Breuer, designers, Fernsprechstischapparat « Modell Frankfurt », Nebenstellenapparat [Téléphone « Modèle Francfort », combiné secondaire], 1929, bakélite, métal, textile, Bildarchiv, Museum Angewandte Kunst, Francfort-sur-le-Main.
Groupe Potain-Bois, 258 logements, 1927 (détail)

Samedi 9 juillet 2022, 14h, rue des Bois, Paris, 19e. Les immeubles de briques, HBM, habitations à bon marché, qui entourent Paris – cet immense groupe de 258 logements, nommé Potain-Bois, a été mis en service en 1927 –, se voulaient d’un certain style, d’une certaine richesse à destination des modestes. Les briques sont ici souvent signées, différenciées, accompagnées de pièces émaillées de bleu.
NOTE : Plus symptomatique des enseignements des concours de la ville de Paris, le groupe du 27 rue du docteur Potain (75019) édifié de 1922 à 1927 illustre un parti pris plus pittoresque, voire exubérant. Les architectes Daniel, Lionel et Raoul Brandon emploient toute une palette de briques polychromiques et de carreaux de faïences. La polychromie des briques permet la réalisation de véritables frises. Les volumétries sont complexes, articulant de façon atypique loggias et balcons. Même les cheminées deviennent décor d’architecture. L’impression générale est celle d’HBM proliférantes dans lesquelles il existe un soin du détail irréprochable. pdf Les Habitations à Bon Marché de la ceinture de Paris : étude historique, APUR, 2017, Paris, p. 82.
Art dans la rue


Samedi 9 juillet 2022, 12h30, rue des Solitaires, Paris, 19e. Si le tag est spontanément rangé dans le Street Art, avec les graphes, la peinture abstraite en forme d’affiche relève de l’exercice d’étudiant en art. Les deux catégories sont pourtant mêlées et peuvent s’échanger. Ici elles sont proches dans la même rue, dans des circonstances activistes semblables et par la valeur sûre et stéréotypée de l’énigmatique.
Sa chambre est son œuvre


Lundi 27 juin 2022, 18h, rue Véronèse, Paris, 13e. Bernard Teyssèdre (1930-2022), philosophe de l’art, historien d’art, pédagogue de l’art, poète, artiste, il a travaillé Panofski, Courbet, Rimbaud et tant d’autres artistes, s’est adonné encore à la paléontologie. Comme d’autres professeurs il ne voulait pas parler d’art sans l’expérimenter lui-même. Son appartement, sa chambre en témoignent.
Une exploration de céramique et politique

Mercredi 22 juin 2022, 13h, Institut national d’histoire de l’art, rue Vivienne, Paris, 2e. La 4e session, sur 9 en 3 jours, du colloque « Céramique et politique », porte sur « Les implications politiques de la monstration ». Anne Dressen, à gauche, est modératrice, elle est commissaire au Musée d’art moderne de Paris, et en particulier de « Les Flammes, L’Âge de la céramique », qui, d’octobre à février, a représenté l’événement d’une incursion dans l’art contemporain de l’histoire d’un médium des artisans, artistes et designers et a suscité ce colloque. Évelyne Toussaint est professeure d’histoire de l’art contemporain à l’Université Toulouse – Jean Jaurès, elle montre comment le cas de la céramique illustre historiquement la dimension politique de la notion de mineur en art. Zahia Rahmani, historienne de l’art, responsable du domaine « Histoire de l’art mondialisée » à l’INHA, fait le récit personnel et analytique de la présence de la poterie berbère. Marie-Charlotte Calafat, conservatrice du patrimoine au MUCEM, Marseille, retrace le rôle, de Georges-Henri Rivière à François Mathey, de la muséographie des objets populaires et folkloriques.
Jumana Emil Abboud
Cassel-terrasse (Atlas du gobelet)



Jeudi 16 juin 2022, 14h45, Schöne Aussicht, Cassel. Un trajet obligé de la Documenta, et donc de Documenta 15, est la terrasse qui surplombe l’Orangerie et la vallée de la Fulda, qui réunit le palais central Fridericianum, la Documenta Halle, à la Neue Galerie, le musée Grimwelt. Sol haut et horizontal, nu et brûlant, ancien et autoritaire, où le paysage s’oublie, où ce qui est à voir se borne aux autres visiteurs.
Prévention attractive


Mercredi 15 juin 2022, Agathofstaße, Cassel, Allemagne. En dépit des préventions à l’égard du luxe et de l’auto, l’objet flambant neuf qui se présente — alors qu’on est là à rejoindre tout ce qui mérite en principe notre intérêt, est capté de façon à occuper toute l’image, à l’aller — 15h36 — et au retour — 17h24.
