La Muette (comment la faire parler)

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Dimanche 23 août 2009, 11h, station La Muette de la ligne 9 (Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres), Paris. Les travaux découvrent de vieilles affiches et des couches de poussières. On aperçoit une grande affiche titrée Dahlias.
Pour des raisons économiques et de modernisation du style, de nombreuses stations du métro parisien ont été « carrossées » au début des années soixante, c’est-à-dire habillées d’arceaux et de plaques métalliques. La rénovation actuelle consiste le plus souvent dans le « décarrossage » et la restauration de l’enveloppe de carreaux blancs. Cette faïence blanche biseautés de Boulenger avait été choisie pour compenser le très faible éclairage initial des stations.

« …E VILL… ? », fragment, souce non identifiée. Plusieurs affiches identiques superposées. Les couleurs sont étrangement vives. L’impression est, pour l’essentiel, en lithographie : pas de quadrichromie, des teintes directes. On vérifie ça sur l’échantillon ci-dessus.

Si l’on en juge par les photos mises en ligne précédemment sur un blog, Patrimoine ferroviaire, la plupart des affiches ont été arrachées récemment.
http://www.patrimoine-ferroviaire.com/patrimoine-ferroviaire-stations-decarossees-la-muette.html

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L’Aiglon d’Edmond Rostand, interprété par Pierre Vaneck, Jacques Dumesnil, Renée Saint-Cyr, Jean Yonnel, etc…, mise en scène de Henry Mary, est donné au cours de la saison 1963 – 1964.

aiglon-chateletCette information découle du programme vendu sur eBay, où figure la même composition de René Gruau, dont on reconnaît la signature.
gruau

Une maison modèle

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Vendredi 14 août 2009, 16h30, impasse Jouty, Aix-les-Bains. Discrètement 1900, cette petite maison fraîchement et impeccablement repeinte (refaite) retient l’attention pour la qualité et l’adéquation aux formes de sa gamme de couleurs. Peut-être aussi parce qu’elle est fermée, sans rien qui dépasse. Il faut noter qu’elle se trouve immédiatement à côté de PPP, magasin de peintures fournissant les professionnels, la référence à Aix-les-Bains (et à Chambéry).

Pourquoi vous la prenez ?

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Vendredi 7 août 2009, vers 18h, faubourg Saint-Antoine. Ce jeune homme qui fume, appuyé sur sa Kangoo flambant neuve marquée Ricoh*, demande : « Pourquoi vous la prenez ? ». Réponse : « Moi aussi je travaille pour Ricoh […] ».
* Compagnie japonaise du secteur de la photocopie, des imprimantes et, secondairement, de la photographie, créée en 1936, employant actuellement 83 000 personnes dans le monde, présente dans plus de 150 pays.
Voir le billet « Super normal » du 11 juillet 2008.

Le regroupement familial (Vie des objets. Ch. 5)

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Paris, mercredi 5 août 2009, 22h30. Tolomeo Micro rouge, la première, a été pendant plusieurs années la seule de son espèce. Elle était arrivée sur une fausse table de nuit à la faveur d’un anniversaire. Puis, sous prétexte de symétrie, une deuxième Tolomeo Micro rouge avait été apportée. Sans le montrer trop, Numéro un ne l’avait pas très bien pris. Elle révéla son point faible, celui de la toute première génération, un pivot d’aluminium trop fin, qui se brisa. Réparée, elle retrouvait sa place, mais des bouleversements se préparaient, les chambres allaient se transformer en bureaux. Numéro deux a fait un stage d’un mois dans une exposition high-tech aux Arts décoratifs. Elle a été beaucoup photographiée, filmée et même dessinée. À son retour, elle avait la grosse tête. L’origine des Tolomeo ne faisait plus mystère pour personne, best-seller absolu autant dans les bureaux que dans les appartements du standard chic. Il est difficile de venir du postmoderne années 80 tout en illustrant le fonctionnalisme moderne. Il faut dire que d’autres Tolomeo, Micro aussi, pour ne pas être trop ostentatoires, mais aluminium, étaient maintenant dans des espaces voisins. Numéro deux s’est retrouvée dans la cuisine, tandis que Numéro un étaient délaissée dans une pièce équivoque. Et puis d’autres Tolomeo Micro Alu trouvaient tout de suite de bonnes places en province. Mais en appliques, est-ce une vie ? Un recours s’imposait alors à Numéro un, rejoindre la cuisine (photo).

Pendant ce temps, la vie de deux petites Luxo, venues de Venise, était véritablement mouvementée. Portent-elles légitimement le nom ? Leurs ancêtres des années 30, fabriquées à Oslo, pourraient-elles reconnaître ces Lilyna italiennes ? Certainement, mais leur lignée semble éteinte (note). Technique d’un autre âge. Pourtant, leur petit-cousin américain a fait la fortune hollywoodienne de son concepteur. Elles ont connu tour à tour un séjour au rez-de-chaussée, dans une ambiance certes plus vivante, mais non sans risques. C’est ce qu’on appelle être cabossé par la vie. Elles viennent de se débarrasser de leurs tags argentés et dorés, mais elles ne triomphent pas. D’ailleurs l’une d’elles ne s’allume plus (photo).

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John Lasseter, Luxo Junior, Pixar, 1986

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Demie-sœur de Tolomeo (Artemide), Oceanic (Memphis), par Michele de Lucchi, 1981.

Note : un passge à Venise en septembre 2009 permet de contredire cette impression : on y voit des lampes Luxo et Lilyna (blanches) made in Italy.

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Statistiques : en un an, depuis le 5 août 2008, jlggbblog a eu 28 951 visiteurs.

Richard Paul Lohse

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Samedi 25 juillet 2009, Kunsthaus Zürich, Richard Paul Lohse (1902-1988), Dreisssig systematischz Farbtonreihen, 1950/55. On peut librement photographier la collection à la Kunsthaus de Zürich.
Site consacré à Richard Paul Lohse : http://www.lohse.ch/entry_e.html
Voir l’Espace d’art concret de Mouans-Sartoux, 26 décembre 2008.

Le degré zéro de l’interactivité

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Samedi 25 juillet 2009, 13h49, Zürich, Rämi Strasse. Le degré zéro de l’interactivité est peut-être le pur déclenchement, ou la demande de déclenchement. Mais c’est peut-être plus compliqué que ça : le dispositif relationnel des feux pour piétons comprend, dans l’exemple que décrit l’émission de radio ci-dessous, de nombreux imputs et facteurs de variabilité. En tout cas, l’interface est simple et bien dessinée. Ce bouton rouge est une sorte de « bouton panique » soft. La question sera approfondie et d’autres boutons, rouges ou pas, seront regardés.
Voit le billet « Demande individuelle, réponse distribuée à chacun » du 1er novembre 2002 à Naoshima.

Max Bill à Zürich

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Samedi 25 juillet 2009, 11h – 13h, Bahnhofstrasse, Zürich, Max Bill, Pavillon Sculpture, granit poli, 1983. Librairie Orell Füssli, Marktgasse 12, Zürich. Max Bill: Maler, Bildhauer, Architekt, Designer, Hatje Cantz, 296 pages, 232 illustrations, 2005. 71 CHF. Kunsthaus Zürich, Variation, date ?, détail.

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Un film de Erich Schmid : Max Bill  un regard absolu, DVD, 2008.

Un site officiel : http://www.maxbill.ch/

Quartzite micacé schisteux

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Mardi 21 juillet 2009, 21h, Vals, Suisse. Les thermes de Vals, Peter Zumthor architecte, ont fait connaître la pierre dont ils sont presque exclusivement construits. La carrière est locale et l’on retrouve cette pierre, luisante, bleutée, veinée, sous la forme de lauzes sur tous les toits du village. La pierre est travaillée sur place (Compagnie Truffer Vals).

Le corps de Cécile

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Mercredi 8 juillet 2009, 10h30, cathédrale Sainte-Cécile, Albi. Cette figure de Sainte Cécile est inspirée de la sculpture de Stefano Maderno (1566-1636) placée dans la basilique Santa Cecilia du Trastevere à Rome. La tradition veut que la position soit celle qu’avait le corps retrouvé intact dans le sarcophage.

cecilia-madernoStefano Maderno, Santa Cecilia, marbre, 1600. Photo DR

La sculpture d’Albi n’est certainement pas la « réplique fidèle » ou la « reproduction » de celle de Maderno, comme il est dit souvent, mais elle s’inscrit dans la suite d’une image construite historiquement : Georges Didi Huberman, dans son livre Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002, souligne les trois niveaux de construction du personnage : la découverte archéologique de restes corporels, l’invention hagiographique (s’appuyant sur le miracle d’un corps non corrompu), et le travail artistique. Il analyse comment le corps peut s’imposer à l’imagination par le « paradoxe visuel proposé par ce tas de voiles ».

« […] elle était couchée sur le côté droit, les genoux légèrement repliés, une étoffe de soie verte, rayée de rouge sombre, l’enveloppait tout entière et dessinait parfaitement ses lignes; sous le voile, une robe d’or, maculée de sang, brillait vaguement. En voyant cette jeune sainte, qui semblait dormir, les spectateurs furent saisis d’un profond respect; personne n’osa enlever le voile […]. Clément VIII, quand il vint, à son tour, de Frascati, contempler la merveille, voulut qu’elle demeurât intacte, et il ordonna d’enfermer l’antique cercueil de bois de cyprès dans une enveloppe d’argent semée d’étoiles. »
Émile Mâle, L’art religieux de la fin du XVIe siècle, du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle. Armand Colin, 1932. Cité par Georges Didi-Huberman, p.29.

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Georges Didi-Huberman, Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002.