La pesanteur

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Samedi 24 octobre 2009, de 14 à 15h, temple Dongyue, Chaoyangmenwai Dajie, Pékin. À l’est de la plupart des villes, il y avait un Temple du Pic de l’est, Dongyue miao, dédié au culte — rattaché au taoïsme — du dieu du mont Taishan, la plus importante des montagnes sacrées taoïstes où les empereurs se rendaient dans le passé pour y avoir la confirmation de leur mandat divin. Celui de Pékin, a été fondé sous les Yuan au début du XIVe siècle, agrandi sous les Ming, détruit par un incendie en 1698, reconstruit aussitôt, embelli sous Qian long, endommagé au XXe siècle.  Source : le guide Nagel Chine, Genève, 1978, qui indique aussi : « Depuis 1949, le temple a été transformé en école et on ne peut visiter. » Déclaré Trésor national en 1996, il a été restauré en 2002. On y voit quelques moines taoistes. Des dizaines de stèles, beaucoup ont été abattues, brisées et réparées. De très très vieux robiniers sont soutenus par des portiques décorés de volutes bleues.

La santé mentale ?

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Samedi 24 octobre 2009, Pékin. À 14h30, stèle brisée, par les gardes rouges ? du temple taoiste Dongyue. À 12h, un bâtiment à l’extérieur de l’enceinte actuelle du temple Dongyue, un bâtiment du marché de l’électronique. Vendredi 30 octobre 2009, 18h30, un stand du Bainaohui-Buy Now. On serait tenté de parler de télescopage entre deux mondes, mais ce n’est qu’une apparence. Le marché électronique de Bainaohui, Chaoyangmenwai Dajie, se trouve en bordure du grand temple taoiste Dongyue. Son nom peut se traduire littéralement : « 100-cerveau-santé », mais c’est d’abord, phonétiquement : « Buy Now ».

Chantiers

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Vendredi 23 octobre 2009, 0h40 et 10h40, Pékin. À minuit passé, bruit énorme d’une sonnette à pilotis rue Dongsi, centre-est de Pékin, pour un très grand immeuble de plus, cette rue était et reste jusqu’à présent connue pour la variété de ses petits magasins. Dans les hutongs, ruelles bordées de maisons sans étages refermées sur des cours, voisins, c’est pourtant très vite le silence. Le matin encore, dans le hutong Dengcao, quelques cris et quelques sonnettes. C’est toute une zone de vieux quartiers, un carré de quelque 800 mètres de côté, entre les deux rues nord-sud Dongdan et Chaoyangmen, qui semble échapper à la destruction et qui connaît — sans les moyens des immenses et innombrables chantiers — des travaux d’assainissement et de réhabilitation.

PS.
Mardi 27 octobre 2009, minuit. Au sud, les hutongs s’arrêtent pour laisser place à une récente et monumentale avenue, Jingbao, bordée d’immeubles, hôtels et bureaux gigantesques et prétentieux. On peut y acheter des Rolls-Royce, des Maserati, des Lamborghini, etc. Quelle est la vérité de l’attachement topographique à un lieu qui connaît de tels bouleversements ? À quoi sert de savoir qu’il y avait là les petites maisons délabrées et les jardins tranquilles de nos amis lettrés — à la manière RPC : Wang Qi et son fils Wang Zhong, graveur, leader et provocateur, Ting Ping et sa jolie cousine ?

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Mercredi 28 octobre 2009, vers 20h, Pékin. À l’angle de la Dongdan Nan Dajie et de l’avenue Jingbao : une résidence colossale et kitsch.

(Beautés) Tang (618-907)

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Mercredi 21 octobre 2009, 16h et après, Musée provincial du Shaanxi, Xi’an.
— Récipient pour l’eau aux glaçures jaunes de la Tombe de Yang Jianchen à Xianyang.
— Plat de celadon, Dynastie Tang, crypte du temple Famen, circonscription de Fufeng.
— Assiette en verre bleu, Dynastie Tang, crypte du temple Famen, circonscription de Fufeng.
— Animaux du zodiaque en poterie peinte (5 d’une série de 12), Dynastie Tang, trouvés dans la banlieue de Xi’an.

Litanies

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Mardi 20 octobre 2009, 10h, stade de l’Académie des Beaux-Arts de Xi’an. Arrivée à la cérémonie : les discours du 60e anniversaire de l’Académie des Beaux-Arts de Xi’an n’ont été que de longues litanies de ses invités, de ses anciens professeurs et protecteurs. Mais c’est peut-être à ranger dans l’art chinois de la « mulu » (le catalogue, la liste). Le soleil brillait et il y a eu un lâcher de pigeons. Départ de la cérémonie, 12h : le professeur Ye Xin, parti vers la France en 1986.

L’arsenal

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Venise, jeudi 3 septembre 2009, vers 14h30. L’entrée de l’Arsenal*, de plus en plus voué aux guerres de l’art contemporain (Bâle, Miami, Londres, Shanghai, etc.).
Jeudi 3 septembre 2009, vers 21h30. Lion rapporté d’un pillage a Constantinople, provenant de l’île de Délos, de l’école grecque antique de Naxos, VIe siècle avant J.C.

* Étymologie du mot Arsenal (Grand Robert de la langue française) : Début XVIIe; archenal, vers 1400; a éliminé tarsenal, 1250, emprunt à l’arabe par l’intermédiaire de formes dialectales italiennes à initiale en t; refait sur l’ancien vénitien arzana, arabe «  construction, fabrication  ». Le mot, sous la forme tar-, puis ar- (arsenail, XVe, enfin arsenal, 1601), désignait d’abord surtout l’arsenal de Venise (arzana), construit en 1104.

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On lit l’histoire où l’on peut. Un extrait de « Un peu d’histoire » du Guide du Routard-Venise, lu dans la perspective très proche d’un voyage à Istanbul :

« Habiles diplomates, les Vénitiens, bien que dépendant de Byzance, instaurent à la fin du Ier millénaire une cité-État quasi autonome. Leur capital initial est le sel des salines de Chioggia (au sud de la lagune). Ils établissent des comptoirs un peu partout autour de la Méditerranée mais aussi en Europe occidentale et s’affirment comme les premiers marchands d’Europe, concurrencés par Gênes, (l’autre) république marchande. Les Vénitiens, mieux placés sur l’Adriatique pour atteindre le Levant, dopent leur flotte marchande au cours du XIIe siècle en créant l’Arsenal qui alimente la machine de guerre économique.

Le passage d’une dimension régionale à la dimension mondiale (du moins à l’échelle du monde connu au Moyen Âge) se fait par une sorte de hold-up. La 4e croisade est l’occasion pour les Vénitiens de s’enrichir considérablement : les Croisés étant dans l’obligation de louer leurs bateaux pour se faire transporter jusqu’en Terre sainte, les Vénitiens ont la brillante idée de les faire payer avant le départ. N’ayant pas assez d’argent, les Croisés se font ainsi forcer la main pour aller piller Zara (l’actuelle Zadar en Croatie). Sur leur lancée, les Croisés se détournent de leur but initial, l’Égypte et la Palestine, pour mettre le cap sur Constantinople. Les Vénitiens y avaient bien quelques comptes à régler (leurs relations avec Byzance s’étaient détériorées), il existait aussi un contentieux autour de l’empereur d’Orient, mais il n’y avait sans doute pas de quoi procéder au pillage pur et simple de cette cité, comme ce fut le cas en avril 1204.

Du coup, avec ses nouvelles possessions (la côte dalmate – actuelle Croatie -, la plupart des îles grecques, dont la Crète qui sera, avec Chypre plus tard, son grenier à blé), Venise monopolise une grande part du commerce mondial de l’époque. Cet état de grâce durera quatre siècles. Il faudra que d’un côté, l’Empire ottoman s’empare de la quasi-totalité des possessions vénitiennes en Méditerranée orientale et que, de l’autre, le centre de l’économie mondiale se déplace vers l’ouest, après la découverte du Nouveau Monde, pour que Venise perde son rang et commence à décliner. »

Les polypores

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Dimanche 23 août 2009, 16h. Paris 15e. Sur une petite place proche du parc Citroën, à la rencontre de la rue Saint-Charles, de la rue Balard et de la rue Modigliani, une sculpture-fontaine presque sans eau (la sècheresse ?) et avec pas mal de canettes vides. On se souvient de son rôle dans le film d’Alain Resnais, On connaît la chanson (1997). La fontaine des Polypores, de Jean-Yves Lechevallier (1983) y est un lieu de rendez-vous et de coïncidences, une apparition obsessionnelle.

polypores-2La prise de vue se fait en tournant autour. Quand les jeunes gens qui restent sous les arbres sont dans le champ, deux d’entre-eux, dont un très jeune qui se tient en retrait, approchent. Le plus grand dit : « Les gens ne veulent pas de photos », « C’est à nous, on est chez nous, il ne faut pas photographier ».

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Les polypores sont des champignons persistants qui se fixent sur les arbres.
[Photo club alpin français-Ile de France]

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Agnès Jaoui, Lambert Wilson, On connaît la chanson, film d’Alain Resnais, 1997.

BONUS
Bande annonce (une perle…) de On connaît la chanson.
[quicktime]http://jlggb.net/blog/wp-flv/oncolach-ba.mov[/quicktime]

La Muette (comment la faire parler)

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Dimanche 23 août 2009, 11h, station La Muette de la ligne 9 (Mairie de Montreuil-Pont de Sèvres), Paris. Les travaux découvrent de vieilles affiches et des couches de poussières. On aperçoit une grande affiche titrée Dahlias.
Pour des raisons économiques et de modernisation du style, de nombreuses stations du métro parisien ont été « carrossées » au début des années soixante, c’est-à-dire habillées d’arceaux et de plaques métalliques. La rénovation actuelle consiste le plus souvent dans le « décarrossage » et la restauration de l’enveloppe de carreaux blancs. Cette faïence blanche biseautés de Boulenger avait été choisie pour compenser le très faible éclairage initial des stations.

« …E VILL… ? », fragment, souce non identifiée. Plusieurs affiches identiques superposées. Les couleurs sont étrangement vives. L’impression est, pour l’essentiel, en lithographie : pas de quadrichromie, des teintes directes. On vérifie ça sur l’échantillon ci-dessus.

Si l’on en juge par les photos mises en ligne précédemment sur un blog, Patrimoine ferroviaire, la plupart des affiches ont été arrachées récemment.
http://www.patrimoine-ferroviaire.com/patrimoine-ferroviaire-stations-decarossees-la-muette.html

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L’Aiglon d’Edmond Rostand, interprété par Pierre Vaneck, Jacques Dumesnil, Renée Saint-Cyr, Jean Yonnel, etc…, mise en scène de Henry Mary, est donné au cours de la saison 1963 – 1964.

aiglon-chateletCette information découle du programme vendu sur eBay, où figure la même composition de René Gruau, dont on reconnaît la signature.
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