Zwei Länder, eine Geschichte


Mercredi 30 juin 2021, 13h30, Vitra Design Museum, Weil am Rhein (Bâle), Allemagne. Dans l’exposition « Deutsches Design 1949-1989, Zwei Länder, eine Geschichte », trois théières de verre presque identiques figurent en introduction. Au premier plan, celle de 1963, signée par Ilse Echo, pour la firme Jenaer Glass maintenue à Iéna, après 1945, dans ce qui sera la République démocratique allemande. Au centre, celle de 1952, par Heinrich Löffelhardt, pour la part de Jenaer Glass établie à Mayence, en République fédérale allemande. L’une et l’autre se réfèrent à celle de l’arrière-plan, dessinée par Wilhelm Wagenfeld en 1931, selon un design fonctionnaliste développé en particulier au Bauhaus, auquel Wagenfeld avait participé, et produite à Iéna en 1950. Dans ma jeunesse, me consacrant à la photo, j’ai connaissance du partage que connaît la célèbre entreprise d’optique Carl Zeiss avec Carl Zeiss Jena, entreprise d’État. La compagnie de verre de Iéna, nommée Jenaer Glaswerk Schott & Genossen, contribue avant la guerre et après, à la qualité de Zeiss. La théière en « verre à feu » participait à la brillante innovation technologique que connaissait la verrerie.

Le jardin Vitra




Mercredi 30 juin 2021, 13h, Campus Vitra, Weil am Rhein, Allemagne. On dit que c’est une nouveauté, le jardin entier conçu par Piet Oudolf (Pays-Bas, 1944—), en sachant que sa caractéristique est de n’être que de plantes vivaces. On l’avait vue en photo, la « maison » par Renzo Piano (« Diogène », 7m²) est séduisante, probablement mieux que le cabanon de Le Corbusier, sauf qu’elle n’est pas habitée par son auteur.

Kara Walker


Mercredi 30 juin 2021, 11h, Gärtnerstrasse, Bâle. Nous avons vu hier au Kunstmuseum, Neubau, la belle, intéressante — et grande — exposition de Kara Walker : « Pour la première fois, Kara Walker (*1969) présente plus de 600 dessins réalisés ces 28 dernières années et conservés sous clef dans son atelier. ». Voir : https://kunstmuseumbasel.ch/fr/expositions/2021/kara-walker. Impressionnante au point d’écarter la tentative ou tentation de photographier. Ici, en attendant le tramway pour Weill am Rhein, l’attention du preneur de vues est d’abord attirée par un graph rose, puissant et subtil.

Chute de neige


Mardi 29 juin 2021, 17h30, Kunstmuseum, Bâle. Joseph Beuys, Schneefall (Chute de neige), 1965, 32 couvertures de feutre sur 3 branches de sapin, Emanuel Hoffmann-Stiftung, dépôt dans la collection d’art public de Bâle, 1970. La neige fait partie du répertoire de Beuys, on sait qu’elle figure par des carrés de feutre et leur référence mythologique à son sauvetage durant la guerre. Mais elle est concrètement ressentie par sa façon de se courber en adoucissant les reliefs. On peut percevoir encore l’industrie pharmaceutique dont nous sommes dans la capitale et sa façon de milliardaire de couvrir les inégalités.

Vasque de motifs


Mercredi 23 juin 2021, 16h, musée Ariana, Genève. De l’exposition de la Collection japonaise, on attendait un inventaire de motifs, de parements, à commencer par ceux au bleu de cobalt sur blanc de porcelaine. Cette vasque de 1860-1890, d’environ 60 cm de diamètre, apparaît faite pour ça.

Danse de la Chine vers l’Allemagne


Mercredi 23 juin 2021, 15h30, musée Ariana, Genève. Le couple de danseurs créé vers 1740 par Johann Joachim Kändler (1706-1775) pour la porcelaine de Meissen, en Allemagne, a connu vers 1750 une imitation à Jingdezhen, en Chine. La capitale fondatrice de la porcelaine répondait ainsi à l’« imitation » de la porcelaine qui intervenait presque 1000 ans après son « invention ».

Ce n’est ni un drapeau ni une poubelle


Mercredi 23 juin 2021, midi, rue de Rive, Genève. Sur le trottoir des rues basses, ici à côté de Davidoff. C’est à la fois un drapeau et une poubelle. Sauf qu’ici une poubelle n’est jamais une poubelle. Le préfet Poubelle a donné son nom au nom des autorités françaises. La première chose qui impose un gouvernement, un État, c’est la permanence des routes, des rues, des trottoirs, et aussi des égouts, des collectes de déchets. Le drapeau ne s’abaisse pas, les sacs parlent au nom de la Confédération.

Giorgio Morandi




Jeudi 17 juin, 15h, Musée des beaux-arts, Grenoble. Giorgio Morandi, Nature morte, 1953, huile sur toile. L’exposition Giorgio Morandi est la raison d’une venue, qui va renforcer ce qu’on a compris de sa peinture. La citation de Philippe Jaccottet — disparu en février — semble juste : « Plus l’art de Morandi progresse en dépouillement, en concentration, plus les objets de ses natures mortes prennent sur fond de poussière, de cendre ou de sable, l’aspect et la dignité de monuments. » J’aperçois une parenté des tableaux de Morandi avec ma “ Vie des objets», avec mon « Atlas du gobelet », avec la céramique relationnelle de mes « Digital Soba Choko ».

Le gobelet drapeau


Jeudi 17 juin 2021, 12h, cafétéria du magasin Ikéa, Grenoble. Atlas du Gobelet. Cet épisode se déclare comme une ouverture, un renouveau. Le gobelet, dont le jaune de la base est tellement marqué qu’il se dispense du bleu, est dans son rôle de décideur : c’est lui qui se fait payer pour aller recevoir « librement » café, cappuccino ou caffè latte. À retenir pour comprendre le pouvoir des récipients.