Ciel du bord de la Seine


Vendredi 6 août 2021, 17h, Le Pecq, Yvelines. Suivi longuement vers le nord, de Bougival à Saint-Germain-en-Laye, le chemin de halage devient le quai du 8 mai 1945. Le climat changeant, qui ne semble pas de saison, conserve l’alliance, visible dans le ciel, du temps et de l’événement.

Tronc de cône antique


Vendredi 6 août 2021, 13h30, Musée d’archéologie nationale, Saint-Germain en Laye. Atlas du gobelet : Service à boire, céramique, Tumulus 02, Saint-Hilaire-Lastours, Haute-Vienne, 6e siècle avant notre ère. On est surpris de voir ce récipient qui a la forme minimale d’un tronc de cône et les mêmes proportions que le gobelet japonais Soba Choko que nous avons entrepris d’étudier.

Miriam Cahn


Dimanche 1er août 2021, 18h, Bourse de Commerce, Paris 1er. Miriam Cahn, Lachversuch, 18.4.2011, photographie et huile sur bois. Cette « tentative de rire » — titre donné à un autre tableau, plus connu — est ici un objet daté, déterminé, dédoublé en deux supports affirmés dans leur matérialité par les clous qui les attachent au mur.

Louise Lawler


Dimanche 1er août 2021, 17h, Bourse du Commerce Pinault Collection, Paris, 1er. Louise Lawler, Helms Amendment, 1989, 94 photographies en noir et blanc, textes muraux en vinyle, mur peint en gris. Le 14 octobre 1987, le Sénat des États-Unis vote en faveur de l’amendement Helms qui concerne les dépenses du gouvernement et qui stipule : « aucun des fonds mis à la disposition des Centers for Disease Control ne doit être utilisé pour une éducation, pour des informations ou du matériel de prévention sur le Sida et des activités qui promeuvent ou encouragent, directement ou indirectement, les activités sexuelles homosexuelles. » 94 sénateurs votent oui, deux votent non et quatre ne votent pas. Louise Lawler répète à l’identique la photographie d’un gobelet en l’associant au nom d’un sénateur. S’ils identifient les votants, les gobelets de plastique évoquent un environnement médicalisé mais aussi un espace architectural classique. Cette œuvre peut rejoindre l’Atlas du gobelet.

Shomei Tomatsu et Daido Moriyama



Dimanche 1er août 2021, 15h30, Maison européenne de la photographie, Paris, 4e. L’exposition « Moriyama – Tomatsu : Tokyo » peut être vue comme une exposition ayant trait à Tokyo, par deux grands photographes japonais, ou comme deux expositions, l’une et l’autre d’un très grand photographe japonais, l’une de Shomei Tomatsu (16 janvier 1930 — 14 décembre 2012) et l’autre, dont il fut me maître, de Daido Moriyama (10 octobre 1938 —). Que photographier d’autre que les deux titres, en cherchant à les saisir sous le même angle ?

Alain Séchas


Vendredi 30 juillet 2021, 14h30, galerie Laurent Godin, rue Eugène Oudiné, Paris, 13e. « Fleurs et Cocktails » est le titre de l’impressionnante présentation d’Alain Séchas. Engagé semble-t-il aujourd’hui dans la peinture, il conserve l’ironie et le goût de la caricature, peut-être un peu mélancoliques — qu’on lui connaît. L’association de brillant et de grinçant trouve les mêmes gestes et les mêmes couleurs pour parler en écho de belles fleurs extravagantes et de scènes mondaines artistiques. La tendance présente est au bouquet.

Félix Vallotton


Samedi 24 juillet 2021, 16h30, Musée d’Orsay, Paris. L’enchaînement de petites salles de l’exposition « Modernités suisses » s’achève avec celle des peintures aux « dimensions cosmiques », dont Coucher du soleil, ciel orange, 1910, de Vallotton, éclatant, irréel ou peut-être trop réaliste. Avant, on a vu, superbe et inquiétante, La mare (Honfleur), 1909 et puis Le Dîner, effet de lampe, 1899, subjectivité quasi filmique, regards méchants tournés vers la fillette sidérée, depuis la silhouette noire d’un dos qui est le sien. Mais c’est dans l’avant-dernière salle, celle des natures mortes, qu’on est arrêté par Pommes, 1919. La présence tangible d’un Cézanne est traduite dans la facture d’un Ingres. L’étiquette imprimée de la bouteille d’eau minérale ou la matière tortueuse des couverts du Dîner se répètent avec la netteté du journal et le volume des pommes. Si le tableau joue au stéréotype, il s’en joue dans une forme de non-dit.