Le chat de Neptune


Vendredi 23 juillet 2021, 16h30, brocante Neptune, boulevard Paul Vaillant Couturier, Montreuil-sous-Bois, Seine-Saint-Denis. Allé là-bas pour voir. L’endroit est lui-même vintage. Rayons surchargés, allées très étroites, difficile de trouver ce qui pourrait intéresser. J’entends : « il est à vous ce chat ? Il est heureux. » Alors je le photographie.

Lygia Pape


Jeudi 22 juillet 2021, 20h 30, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, exposition « Elles font l’abstraction ». Lygia Pape (1927-2004, Rio de Janeiro), Libro dos Caminhos I (1), 1963/1976. De cette figure  innovante du néo-concrétisme brésilien, on découvre ici un ensemble de pièces colorées géométriques en trois dimensions, une réinvention ludique de l’objet livre.

Lygia Clark


Jeudi 22 juillet 2021, 20h 15, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, exposition « Elles font l’abstraction ». Lygia Clark (1920-1988, Rio de Janeiro), Bicho « Monumento a todas as situaçóes », 1964, sculptures en aluminium. Artiste marquante du mouvement néo-concret du Brésil, impliquant une manipulation, elle a produit notamment une série de sculptures en aluminium, composées de plaques reliées entre elles par des charnières, propres à être dépliées. La notion d’art concret fut formulée précédemment par Max Bill : « concret est le contraire d’abstrait : l’art figuratif est abstrait de la réalité, tandis que l’art non-figuratif, qui est une pure création de l’esprit, devient concret par sa matérialisation.»

Lioubov Popova


Jeudi 22 juillet 2021, 19h 40, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, exposition « Elles font l’abstraction ». Lioubov Popova (1889-1924, Moscou), « Dessin de motifs pour textile », 1924-1925, gouache sur papier. En 1923-1924, elle s’engage vers la production industrielle de la première usine soviétique de cotonnades imprimées. Elle cherche à transmettre une expérience dynamique du monde. En cela, elle révèle aujourd’hui une attache fondamentale de l’art abstrait aux motifs d’objets artisanaux et industriels.

Olga Rozanova


Jeudi 22 juillet 2021, 19h 40, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Paris, exposition « Elles font l’abstraction ». Les œuvres d’Olga Rozanova (1882-1918, Moscou) sont dans l’espace « Les Russes de l’avant-garde, Rozanova, Gontcharova, Exter, Popova, Stepanova ». Composition sans objet, vers 1916, huile et crayon graphite sur toile, s’affirme comme « réalité indépendante », terme qui relativise celui d’abstraction qui lui est associé ici. Sa présence matérielle, son intensité perceptive, en sont la manifestation.

Duettino


Mardi 20 juillet 2021, 19:57:57, Tgv d’Aix-les-Bains vers Paris. Climat : un arbre est tombé sur la voie du côté de Rumilly, le Tgv d’Annecy n’a pas pu venir s’accrocher au Tgv de Milan. On attend près d’une heure et on a deux places dans le Milano-Torino-Lione-Parigi. Atlas du Gobelet : duo, et même Duettino. La lumière bleue qui vient de la droite, c’est Le Lac.

Transiter (Vie des objets. Ch. 99)


Lundi 12 juillet 2021, 22h, Aix-les-Bains. Un hôtel à l’abandon depuis des années, Le Continental, est repris par une coopérative qui vend des produits bios et qui va ouvrir un café-restaurant. Pour cultiver la clientèle, une visite des travaux est proposée. Ayant à l’esprit une collecte des duos sucrier crémier, j’aperçois un pot à lait en porcelaine que je pense connaître. On me l’offre, il a bien l’inscription Colditz, Made in GDR. Le service pour l’hôtellerie nommé Rationell a été dessiné par Margarete Jahny et Erich Müller au début des années 1970. Sur une ligne qui se réclame plus ou moins ouvertement du Bauhaus, les pièces sont fonctionnelles : utilisables d’une seule main, bec verseur sans gouttes, empilement et agencements possibles, couvercle retenu, etc. Au début des années 90, dans le train vers Karlsruhe ou, plus loin, vers Linz, on a aimé les wagons-restaurants Mitropa, qui avaient été une exclusivité de la RDA. La vaisselle était cette Rationell, avec notamment l’emblématique petite verseuse, la Kännchen. Mon pot à lait n’est pas retrouvé sur les sites de brocante en ligne, mais le plus petit s’y trouve, et avec la marque Mitropa. Coïncidence significative : l’affiche et le catalogue de l’exposition qui vient d’ouvrir à Bâle, chez Vitra, « Deutsches Design 1949-1989, Zwei Länder, eine Geschichte », présente la serveuse Mitropa comme modèle historique du design d’Allemagne de l’Est.

Devenir numéro


Dimanche 11 juillet 2021, 13h, route de Drumettaz, Savoie. Le phénomène s’expose en particulier dans les sorties des villes et dans les villages : la (nouvelle) numérotaion des adresses peut adopter la distance exprimée en mètres depuis l’origine de la voie, mais l’affichage de ces numéros, pour des raisons pratiques et logiques, oublie ces distances effectives. Ce ne sont pas des bornes mais des noms propres. Une question : pourquoi le 145 est-il plus petit que le 155 et le 165 ?

L’Almanach des bergers


Vendredi 9 juillet 2021, 17h, Musée de l’imprimerie, Lyon. C’est un objet net, en rouge et noir — duo de couleurs que j’ai pu nommer « didactique » —, attirant, dont on comprendra qu’il a une place particulière dans l’histoire du livre. Cet exemplaire de l’Almanach des bergers date de 1787, il fut imprimé à Liège chez la Veuve S. Bourguigon. Il indique les heures de lever et de coucher du soleil et de la lune. Il donne des prédictions religieuses et astrologiques, mais aussi, selon des connaissances des choses humaines, le moment opportun pour pratiquer des saignées, pour la prise de remède, la purgation, le bain et la coupe des ongles et des cheveux. Pour une forme condensée et efficacement lisible, il emploie un jeu de pictogrammes, ce qui ne signifie pas qu’il s’adresse — ce qui a été dit — à un public analphabète.