Le goût pour le design scandinave


Dimanche 5 novembre 2023, 15h, magasin Muji, Ginza, Tokyo. Passage par principe pour observer la Muji Life. Ça tend à retourner vers le passé. On avait vu apparaître les livres, ce sont maintenant les antiquités. On sait depuis longtemps que le design scandinave, qui s’était imposé en Europe, mais pas seulement, comme modernité d’une reconstruction, s’est apparenté à un mouvement semblable au Japon. Cet objet de verre vert, pas très élégant [qui plus est incomplet car il figure un corps dont il manque la tête, le bouchon de la carafe], me tape dans l’œil : d’Erik Höglund, celui de la petite bouteille rouge dont on a signalé le 60e anniversaire : https://jlggb.net/blog8/2023/09/02/raporter-la-vie-des-objets-ch-152/

100 fiches A6 et 100 fiches A7


Lundi 30 octobre 2023, 18h30, Paris. En 1987, le logiciel pour Macintosh HyperCard offrit la possibilité très accessible d’organiser des bases de données et de mettre en forme leur apparence et leur manipulation. Se procurer fidèlement des jeux de fiches normalisées, en Suisse, à Genève, est une manière de célébrer cet instrument. Ce soir, il s’agit de consulter et de classer, sur la table, une vaste collection de gobelets de carton, de plastique, de verre et de métal, qui va s’exposer au Signe de Chaumont, sous de titre de Pour un atlas du gobelet.

Tania Mouraud au Mamco


Mercredi 4 octobre 2023, 17h, Mamco, Genève. On découvre un pan entier de l’œuvre de Tania Mouraud et notamment sa série de « Chambres de la méditation ». Tania Mouraud, Initiation Room n° 1, 1970-2015, Plexiglas, PVC, polycarbonate, peinture acrylique (maquette), mélanine, pieds métal, peinture acrylique (socle). Remarque personnelle : à la même époque, en mai 1969, ma participation à F3, une leçon d’observation, « spectacle-environnement » au théâtre d’essais Les Drapiers de Strasbourg, avec Jean-Louis Boucher et Michel Séméniako, est en particulier le salon, avec ses fauteuils de cinéma et la projection de la vue finale depuis la fenêtre, qui est une salle cubique inclinée.

Ye Xin et Victor Segalen





Samedi 23 septembre 2023, 18h, rue Monsieur le Prince, Paris, 6e. Ye Xin expose à la Société des Poètes Français. Fidèle à son principe, il donne à ses tableaux (Encre sur papier, 40 x 40 cm, 2018) une histoire empruntée à des écrits, à la littérature, à la poésie. Il imagine ici Segalen dans sa propre « peinture » écrite : Tombeau de Ts’in (1916).

Témoigner (La vie des objets. Ch. 141)


Dimanche 27 août 2023, 17h, Palais de la Porte Dorée, Paris, 12e. Elles sont tant bien que mal clouées dans une vitrine du musée national de l’histoire de l’immigration. Un écriteau les identifie pour partie. Elles furent celles de Serge Bac, né en 1906, juif, originaire de Bender, ville de l’Empire russe devenue roumaine en 1918. À Paris depuis 1928, il s’était engagé dans un régiment de volontaires étrangers au début de la guerre. Fait prisonnier en juin 1940, captif à Fürstenberg-sur-Oder, Allemagne, il est resté protégé des persécutions par la convention de Genève, mais a subi, comme juif, des brimades et discriminations. Il ne saura pas, avant son retour à Paris en juin 1945, que sont épouse et son fils ont été déportés. Le 24 septembre 1942, au 146 rue Ordener, Gisèle Bac, née à Grojek, Pologne, et leur fils Abel, qui n’avait pas encore quatre ans, avaient été emmenés par la police française au camp de Drancy. Le lendemain, tous les deux étaient déportés par le convoi n°37, peut-être séparés, et assassinés dès leur arrivée à Auschwitz-Birkenau. Les lunettes ont été conservées dans leur étui, elles apparaissent dans le témoignage du fils de Serge Bac, Arnold :

La colonie italienne



Dimanche 13 août 2023, 17h30, Saint Cergues, Haute-savoie. Elle se voit de loin mais elle est difficile à atteindre. Cette grande maison contre la montagne a une histoire. Elle a été construite entre 1930 et 1933, pour être la colonie de vacances des enfants d’antifascistes italiens de la région franco-genevoise. En 1939, elle devient Les Feux follets, un refuge pour de jeunes juifs destinés à rejoindre la Suisse, située à trois kilomètres. La maison agit clandestinement car les militaires suisses, comme la Croix rouge suisse dont pourtant elle relève, ont l’instruction d’interdire de tels passages. Après la guerre, c’est une colonie de vacances de l’Ufoval (Union française des œuvres de vacances laïques), Liliane y sera monitrice en juillet 1970. Depuis, la maison a été transformée en habitation. Les rampes de l’escalier comme les clôtures de ciment sont restées d’origine.

La cascade est sans eau


Dimanche 23 juillet 2023, 11h, Môtiers, Val-de-Travers. La cascade de Rousseau, avec sa grotte, n’a aujourd’hui que les traces du jaillissement de son eau. On sait que le temps du lendemain sera orageux, mais pas que la région, dont les villes de La Chaux-de-Fonds, Le Locle, vont connaître une tempête destructrice et mortelle.

La Chaux-de-Fonds en couleurs


Samedi 22 juillet 2023, 14h30, Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds. Il a retrouvé ses couleurs historiques, son style. Mais les façades autour et dans le reste de la ville sont souvent devenues très vives, jaunes. Je préfère le souvenir des rues ordonnées, nettes et austères que j’ai connues au cours de l’hiver 1968-1969 (au TPR).