
Samedi 5 octobre 2019, 11h, Aix-les-Bains. La noix ramassée à Vinay fait partie de mes souvenirs d’enfance les plus nets. Elles viennent de Monoprix, elles sont du Dauphiné. Elles sont très fraîches, difficiles à manger, ce qui contribue à leur attrait. Il en reste seize, avec chacune leur caractère, de quoi composer un carré que je poste sur Instagram, comme un fait d’actualité.
L’Atelier du spectateur, 1969



Mercredi 2 octobre 2019. La rubrique DES ARCHIVES / 50 ANS reçoit un moment des plus décisifs. Frank Popper, connu depuis la Biennale de Paris de 1967 et surtout par le travail sur Cinétisme-Spectacle-Environnement à Grenoble en 1968, organise pour la Biennale de 1969 L’Atelier du spectateur. Un « groupe anonyme » prépare des « propositions » susceptibles d’inciter une véritable participation du public. Avec l’après 68, deux tendances se heurtent dans la préparation : provoquer des thèmes politiques ou fournir des instruments. C’est la deuxième qui est retenue mais, le jour de l’ouverture, le jeudi 2 octobre 1969, au palais Galliera, la participation se traduit en actions violentes, avec bombes de peinture, banderoles, slogans criés et occupation. La salle fermera et Frank Popper sera accusé de complicité dans la détérioration du musée. Le projet de l’un des anonymes figure dans son carnet. C’est Délai sonore, un dispositif produisant un retard de trente secondes entre ce qui est prononcé devant un micro et l’amplification de ces paroles dans un haut-parleur. Les circonstances ont fait que cela n’a jamais eu lieu mais qu’une explication destinée aux étudiants en art de la toute nouvelle université de Vincennes va ouvrir un exercice de plus de quarante ans.
Vers la porcelaine
Maisons jumelles


Jeudi 19 septembre 2019, 10h45, Dessau. La dernière des Maisons de maîtres du Bauhaus de Dessau, un duo d’habitations ateliers agencées selon une géométrie savante par Gropius, celles de Wassily Kandinsky [et Nina] et de Paul Klee [et Lily]. Les façades et terrasses sont résolument blanches, avec un gris sombre, mais le dessous du balcon est d’un jaune citron soutenu. De quoi infléchir discrètement l’incroyable gamme de centaines de couleurs de l’intérieur.
Plattenbau

Jeudi 19 septembre 2019, 9h, Antoinettenstraße, Dessau. Dans ce qui peut être vu comme le centre de Dessau, un immeuble du temps de la République démocratique allemande. On apprend ici un mot, on aurait pu l’entendre dans toute cette RDA — bien qu’il eût ses équivalents dans bien des pays —, c’est : Plattenbau. La reconstruction en dalles de béton préfabriquées, solution technique mais aussi idéologique, faisait face à une irréparable crise du logement, avec une dimension de modernisme et d’animation de surfaces relevant du cinétisme, mais avec aussi une médiocrité se révélant très vite. Après la réunification de 1990, beaucoup de ces immeubles ont été restaurés et ici peints aux couleurs du Bauhaus, tourisme oblige.
Structures de métal
L’effet Marianne

Mercredi 18 septembre 2019, 13h, Bauhaus, Dessau. Plusieurs photographies par Marianne Brandt, autoportraits dans une sphère miroir, dans le bâtiment où nous nous trouvons, sont connues dès qu’on approche l’histoire du Bauhaus. Artiste dans plusieurs directions, peintre, photographe, elle allait, en succédant à László Moholy-Nagy, briller par ses lampes et par ses ustensiles métalliques, édités aujourd’hui encore.
Au creux du café du Bauhaus


Mercredi 18 septembre 2019, 12h15, Bauhaus, Dessau. Le bâtiment central du Bauhaus de Dessau, Gropius, possède une grande salle meublée, accueillante, le café bistrot au sous-sol. Un sentiment d’intelligence concrète de l’espace s’installe lorsque nous y prenons un café. Exactement à mi-hauteur, le pré vert se dessine au niveau des baies métalliques, au niveau de nos yeux, tandis que le creux du sol a son effet rassurant de stabilité. Nous y reviendrons quatre fois.
Les balcons du Bauhaus Dessau

Mercredi 18 septembre 2019, 10h45, Dessau. Lorsqu’on vient du centre de la ville, en étant conduit par le passage souterrain de la gare puis par la Bauhaus Straße, on entre progressivement dans un autre monde, marqué par l’histoire stylistique du Bauhaus, jusqu’à se trouver au pied de ces étroits mais profonds balcons, étagères ordonnancées pour porter des acteurs. Cette façade unique et modeste était déjà dans notre pensée, comme un souvenir vivant en noir et blanc.
Derrière une église

Mardi 17 septembre 2019, 18h, Dessau, Allemagne. Derrière un grand bâtiment, sur un pavement fait de diversité, un gobelet de carton marqué Eggelsmanns. Renseignement pris : points de vente de boissons dans les stations d’essence des autoroutes : Atlas du gobelet. La Marienkirche, église catholique Sainte Marie, détruite par les bombardements le 7 mars 1945, a été reconstruite entre 1989 et 1998 pour devenir une salle de spectacles et de concerts.





