S’asseoir et réfléchir

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Dimanche 22 juin 2014, 15h40, Pausenplatz Claraschulhaus, Bâle, Art Basel. Chris Burden (1946, Boston), Holmby Hills Folly, 2012, quatre bancs en acier et quatre lampadaires en fonte. Ces éléments rares des années 1920 de Beverly Hills sont rassemblés pour former un lieu tranquille, une « maison sans murs » où s’asseoir et réfléchir.

Immigré

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Dimanche 22 juin 2014, 14h, Bâle. En bordure de la partie nord des halls du Centre de foires et de congrès — où se tient Art Basel —, Isteinerstrasse, devant un immeuble de logements populaires — on y voit des drapeaux portugais et des paraboles, comme dans la rue du Contrat social, quartier Saint-Jean à Genève —, un arbre grand, beau et spectaculaire avec ses grappes de fruits jaunes. D’après ce qu’on peut trouver sur le site, très bien fait, Info Flora, Centre national de données et d’informations sur la flore de Suisse, http://www.infoflora.ch/fr/, c’est probablement un ailante, ailanthus altissima, ou « arbre du Paradis », ou « monte-aux-cieux », qu’on peut rapprocher des robiniers. Cet arbre rapporté de Pékin au XVIIIe siècle, eut beaucoup de succès et fut planté en Europe dans les parcs et les villes. On le considère aujourd’hui comme une plante invasive, avec une histoire qui le rapproche de la renouée du Japon *. On tend à le traiter comme un immigré gênant. Ici, il y a manifestement une grand attachement entre l’arbre et l’immeuble.
* Voir : Gilles Clément, Éloge des vagabondes, Robert Laffont, pp. 55-61.

Le syndrome de Montréal

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Lundi 16 juin 2014, 17h, rue du Colonel Driant, Paris 1er. Alors que nous marchons depuis le métro Louvre-Rivoli vers la Bibliothèque nationale, se manifeste ce que j’ai nommé, en 1989, le « syndrome de Montréal ». À Montréal, nous étions un petit groupe de collègues dans un hôtel situé rue Sherbrooke ouest. Pour aller jusqu’au vieux port au nord-est, je leur fis emprunter un trajet simple : d’abord vers l’est, puis vers le nord. Ils me reprochèrent unanimement un trajet trop long car nous aurions pu prendre un trajet oblique dans la ville en damier. Je m’évertuai à dire que la somme des segments de rues est la même, même si l’itinéraire est proche du chemin à vol d’oiseau. Ce réquisitoire s’est inscrit définitivement dans ma tête et je ne peux pas circuler dans un quartier hippodaméen (c’est le nom savant pour un plan quadrillé, orthogonal) sans penser √2 , ou, plus directement, sans chercher un maximum d’obliques. Les rues, les carrefours, ont une certaine largeur et l’on peut toujours plus ou moins couper d’un angle à l’autre. Il faut admettre aussi qu’il est plus agréable de se sentir aller dans la bonne direction. C’est ce que nous avions fait en septembre 1985 à Pékin avec notre « marche-performance » reliant les quatre temples des quatre points cardinaux de Pékin par un grand « losange » en « escaliers ». Pékin, comme son modèle Chang’an — l’actuelle Xi’an, qui a marqué Kyoto —, sont parmi les plus anciens exemples. La Chaux-de-Fonds, reconstruite selon un plan absolument orthogonal après son incendie de 1794. Turin, Le Havre, etc. et tant de villes américaines. San Francisco où la projection du damier se traduit par des pentes insensées. À Manhattan, la diagonale de Broadway est là pour soulager le malaise. L’Eixample, l’extension de Barcelone construite à la fin du XIXe, est une vraie solution : les îlots sont des carrés aux coins recoupés à 45 degrés. Avec des rues larges on y fait de véritables obliques peu sinueuses.

Clairière

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Samedi 14 juin 2014, 18h, Ermenonville, Parc Rousseau. Lang & Baumann (Sabina Lang et Daniel Baumann, artistes de Burgdorf, Suisse, qui interviennent un peu partout dans le monde, là où on leur commande quelque chose : http://langbaumann.com) inaugurent, leur Beautiful Tube #2, construit au sommet d’un pin, un cadreur de paysage aussi bien qu’une petite chambre. Dans ce parc tout entier monument à Jean-Jacques Rousseau, on doit citer une fois encore — et je le leur dis — le « Véritable air de fête » qui, selon Rousseau, provient d’un piquet planté au milieu d’une place — ou d’une clairière.

Nommée Newton

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Jeudi 24 avril 2014, 15h, rue Newton, Paris, 16e. La mécanique céleste et la composition de la lumière, les équations différentielles ou encore l’alchimie ont-elles une relation quelconque avec l’état de cette plaque, étrangement décolorée. Quand au point qui suit Newton, c’est plus qu’une bizarrerie typographique. On pourrait lui trouver une signification ?

Carton et colle

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Mardi  18 mars, 1h du matin. Destinées à l’exposition à venir intitulée Média Médiums, deux longues étagères doivent être construites en contreplaqué, pour des livres et pour la collection de crassulas. Beaucoup plus amusant que le dessin en 3D, d’une rapidité inattendue, la fabrication de maquettes en carton (un carton qui attend depuis une trentaine d’années) est la manière de concrétiser le projet.

La Salle Cortot

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Mardi 21 janvier 2014, 12h30 — 13h30, Salle Cortot (http://www.sallecortot.com), 78 rue Cardinet, Paris 17e. Les Concerts de Midi & Demi sont donnés par des étudiants de niveaux supérieurs et des professeurs de l’École normale de musique de Paris. Ils sont gratuits. Aujourd’hui : Akiko Okada (classe de Bruno Rigutto) a joué Scarlatti, Mozart, Beethoven et de Falla. La salle, construite par Auguste Perret (http://jlggb.net/blog4/?p=349) en 1929 est magnifique. À la règle et au compas, en béton armé, et cependant aux formes complexes et aux proportions très subtiles. Dans un espace rectangulaire haut et étroit, la scène circulaire est placée sur un grand côté. Le béton est doré et le contreplaqué d’okoumé est patiné. Les sièges et les garde-corps sont légers et minimalistes. Il est dit que son acoustique est exceptionnelle. Cette photo est un montage de deux clichés : l’un avant, l’autre pendant le concert.

Paléontologie humaine

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Jeudi 2 janvier 2014, 16h30. Au 1 rue René Panhard, Paris 13e, l’Institut de paléontologie humaine a été construit à l’initiative du prince Albert Ier de Monaco entre 1911 et 1914, avec pour architecte Emmanuel Pontremoli, grand prix de Rome, directeur des Beaux-Arts de Paris. Une frise par Constant Roux entoure le bâtiment, les hommes préhistoriques étant évoqués par des scènes attribuées à des populations primitives contemporaines. On peut considérer que le rapport entre la représentation sculptée et la grille en fer forgé est un apport anthropologique supplémentaire.
Site de l’institut : http://www.fondationiph.org