
Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me conduit à revendiquer ce que je nomme ordinairement une procrastination. Il prend l’exemple de Jean-Jacques Rousseau : « Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. […] L’oisiveté des cercles est tuante, parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. » (Livre douze des Confessions). Il explique que l’oisiveté est une condition de la production d’œuvres d’art. Son engouement pour la collection d’objets, de livres, de citations, comme art de la mémoire, m’a parlé depuis longtemps. C’était à propos de la photographie, mais pas seulement, de l’herborisation et de la photocopie, j’ai publié en 1990 le texte « La collection à l’œuvre » et j’aimerais maintenant faire un livre avec toutes mes expériences, sous le même titre.
Auteur/autrice : jean-louis
Oisiveté, Jean-Jacques Rousseau

Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me ramène à Rousseau, à son goût de la collection, à sa flânerie de l’Île de Saint-Pierre, à ce que nous avons fait en 1993 sous le nom de Flora Petrinsularis. Livre douze des Confessions, il dit : « La botanique, telle que je l’ai toujours considérée, et telle qu’elle commençait à devenir passion pour moi, était précisément une étude oiseuse, propre à remplir tout le vide de mes loisirs, sans y laisser place au délire de l’imagination, ni à l’ennui d’un désœuvrement total. […] Mon défaut de mémoire me devait tenir toujours dans cet heureux point d’en savoir assez peu pour que tout me fût nouveau, et assez pour que tout me fût sensible. […] Je m’arrangeais déjà pour faire, avec un recueil immense d’observations curieuses, la Flora Petrinsularis. »
Entendu rue du Faubourg Saint-Honoré
Françoise Pétrovitch
Entendu à la Bastille
L’état des choses

Jeudi 19 février 2026, 18h40, pont Saint-Louis, entre l’Île de la Cité et l’Île Saint-Louis. « La France enregistre son 37ᵉ jour consécutif de pluie, un record depuis 1959 ». L’état des choses considère le présent, mais il appelle toujours l’histoire pour se définir. Il prend alors un tour métaphorique.
Furniture Sculpture
Samedi 14 février 2026, 15h, Musée d’art et d’histoire, Genève. Exposition « Observatoires », John M Armleder, Furniture Sculpture, AH (Si An), 2006, quatre chaises chromées Heberli Nais, acrylique sur toile, MAMCO. Ici, plus qu’ailleurs, le « décor » du musée contribue à la proposition. Voir : Bâle, 18 juin 2010, https://jlggb.net/blog2/?p=2481
Rien n’est perdu
Samedi 14 février 2026, 15h, Musée d’art et d’histoire, Genève. « Observatoires », exposition « carte blanche à John Armleder ». Le MAH est « riche de plus de 500 de ses œuvres », Armleder en a apporté d’autres, pour les faire coexister thématiquement avec le musée et ses collections, avec des œuvres amies choisies. Rien n’est perdu est fait de matériaux et objets jetés par le musée, l’enceinte en douche parabolique Soundtube donne à l’écouter — à le retrouver – pour soi seulement.
Au Remor

Samedi 14 février 2026, 10h30, place du Cirque, Genève. Le Remor, où de jeunes collègues me donnaient rendez-vous, selon leur habitude, m’interroge encore sur le sens de son nom. Ce matin, pour un café — « avec croissant ? » —, je lui porte un regard proche de l’anthropologie. Les gens se connaissent, se font des signes, échangent quelques mots. Ça m’a toujours frappé, on arrive à se sentir chez soi à Genève tout en s’y trouvant étranger.








