Huang Binhong


Mercredi 4 février 2026, 13h30, musée Cernuschi, Paris, 8e. « Empreintes du passé » montre comment, dans la Chine du XIXe siècle, l’estampage d’inscriptions antiques gravées sur la pierre ou coulées dans le bronze a contribué à une association de la calligraphie et de la peinture portant une forme de modernité. L’exposition se termine par des œuvres de Huang Binhong (黃賓虹, 1865-1955). Artiste inspiré et théoricien marquant de la poétique du pinceau c’est dans ses dernières années, à 90 ans, qu’il découvre encore une écriture picturale. « Si ses paysages sont titrés de noms de lieux, jamais on ne pourra trouver d’où ils auraient été ‘pris’ ; ils sont vrais parce qu’ils sont ‘inventés’ à partir d’une imprégnation préalable. » Cette dernière phrase vient du catalogue Cinq grands peintres chinois. La tradition au XXe siècle, une exposition dont je m’étais occupé au Musée d’art moderne de Paris en 1982. Paysage, 1955, encre sur papier, Musée provincial du Zhejiang.

Vendre (La vie des objets. Ch 212)

Samedi 24 janvier 2026, 17h, boulevard Beaumarchais, paris, 11e. Voilà presque vingt ans que des serre-livres hésitaient entre un placard, un carton, le rebord de la fenêtre. Sans raison – ils venaient de ses parents –, ils ont été offerts à l’occasion d’une soutenance de thèse qui parlait du «  virtuel dans la peinture de fleurs et oiseaux sous les dynasties Song. » Internet est désormais capable de les identifier et d’indiquer une valeur : « Estimation 50 € / Émaux de Louvière – Belgique – XXe siècle / Porcelaine émaillée à décor de jeunes femmes agenouillées / Signés / Haut. : 16 cm – Long. : 11 cm – Prof. : 10 cm. » Trois kilomètres dans un sac, puis dans les mains durant un kilomètre aller et retour sur la brocante des boulevards Beaumarchais et Filles du Calvaire. Les jeunes femmes se sont exposées plus d’une heure sur un stand, rien. Plus loin, ça a été : « Combien vous en voulez ? — Vingt — Alors quinze. »

Entendu au feu rouge

« Oui, après ça dépend. »

Vendredi 23 janvier 2026, 20h50, longue section de la rue de Charonne soumise aux feux tricolores, à l’angle de la rue Saint-Bernard, Paris, 11e. Une jeune femme au style indépendant, parlant dans son smartphone. Cet hémistiche n’a pas besoin de sa suite pour signifier véritablement oui, peut-être, ou bien non. Car, précisément, « ça dépend ».

On ne s’entend plus

Vendredi 23 janvier 2026, 20h30, café Pause Café, rue de Charonne, rue Keller, Paris, 11e. On a depuis longtemps trouvé ce café-restaurant sympathique, y compris pour un petit souper (dîner). Depuis quelque temps cependant, trop de gens, de groupes, qui parlent très très fort. Les images ne le démontrent pas, on ne s’entend plus. On n’y retournera plus.

Entendu rue Linné

« Tu y as jamais été, là ? »

Dimanche 18 janvier 2026, 17h15. Un couple de jeunes, rue Linné, près de l’université Pierre et Marie Curie. C’est une idée ancienne, qui a traversé ce blog depuis ses débuts, apprise définitivement avec « Le shifter comme utopie » de Barthes (dans RB par RB, 1975) : l’efficacité libre, la précision économique, des mots embrayeurs, qui ne trouvent leur signification que dans les circonstances de leur énonciation.

Entendu au Pause Café

« Eux ils pensent ça, ils sont à Pompidou, c’est tout. »

Mardi 13 janvier 2026, 15h20, en passant devant la terrasse du Pause Café, carrefour de la rue de Charonne, de la rue Keller et de l’avenue Ledru-Rollin, Paris, 11e. Quatre personnes moyennement jeunes, à la mode de l’Est parisien.