Oisiveté, Walter Benjamin


Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me conduit à revendiquer ce que je nomme ordinairement une procrastination. Il prend l’exemple de Jean-Jacques Rousseau : « Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. […] L’oisiveté des cercles est tuante, parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. » (Livre douze des Confessions). Il explique que l’oisiveté est une condition de la production d’œuvres d’art. Son engouement pour la collection d’objets, de livres, de citations, comme art de la mémoire, m’a parlé depuis longtemps. C’était à propos de la photographie, mais pas seulement, de l’herborisation et de la photocopie, j’ai publié en 1990 le texte « La collection à l’œuvre » et j’aimerais maintenant faire un livre avec toutes mes expériences, sous le même titre.

Huang Binhong


Mercredi 4 février 2026, 13h30, musée Cernuschi, Paris, 8e. « Empreintes du passé » montre comment, dans la Chine du XIXe siècle, l’estampage d’inscriptions antiques gravées sur la pierre ou coulées dans le bronze a contribué à une association de la calligraphie et de la peinture portant une forme de modernité. L’exposition se termine par des œuvres de Huang Binhong (黃賓虹, 1865-1955). Artiste inspiré et théoricien marquant de la poétique du pinceau c’est dans ses dernières années, à 90 ans, qu’il découvre encore une écriture picturale. « Si ses paysages sont titrés de noms de lieux, jamais on ne pourra trouver d’où ils auraient été ‘pris’ ; ils sont vrais parce qu’ils sont ‘inventés’ à partir d’une imprégnation préalable. » Cette dernière phrase vient du catalogue Cinq grands peintres chinois. La tradition au XXe siècle, une exposition dont je m’étais occupé au Musée d’art moderne de Paris en 1982. Paysage, 1955, encre sur papier, Musée provincial du Zhejiang.

Meta-Matics original

Dimanche 4 janvier 2026, 23h, Paris. La machine Meta-matics N°1 de Tinguely, retrouvée au Grand Palais, a produit le 6 décembre 1988, au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (qui l’a dans ses collections), ce dessin, signé par Tinguely, pour le spectateur Étienne, dont c’était exactement le 7e anniversaire. Le papier fourni était un tract du personnel.

Coiffure de nouveau

Mardi 30 décembre 2025, 15h20, rue Monge, Paris, 5e. Sans le vérifier, mais avec le sentiment de l’avoir notée, l’enseigne est photographiée dans l’esprit d’une conservation d’une typographie originale et datée. Le numérique a chassé les devantures ces dernières années, et on voit qu’il les occupe par des publicités. C’était le 1er février 2012, il était déjà question de calcul, sous un autre angle : http://jlggb.net/blog3/?p=1244.