Oisiveté, Walter Benjamin


Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me conduit à revendiquer ce que je nomme ordinairement une procrastination. Il prend l’exemple de Jean-Jacques Rousseau : « Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. […] L’oisiveté des cercles est tuante, parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. » (Livre douze des Confessions). Il explique que l’oisiveté est une condition de la production d’œuvres d’art. Son engouement pour la collection d’objets, de livres, de citations, comme art de la mémoire, m’a parlé depuis longtemps. C’était à propos de la photographie, mais pas seulement, de l’herborisation et de la photocopie, j’ai publié en 1990 le texte « La collection à l’œuvre » et j’aimerais maintenant faire un livre avec toutes mes expériences, sous le même titre.