Oisiveté, Walter Benjamin


Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me conduit à revendiquer ce que je nomme ordinairement une procrastination. Il prend l’exemple de Jean-Jacques Rousseau : « Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. […] L’oisiveté des cercles est tuante, parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. » (Livre douze des Confessions). Il explique que l’oisiveté est une condition de la production d’œuvres d’art. Son engouement pour la collection d’objets, de livres, de citations, comme art de la mémoire, m’a parlé depuis longtemps. C’était à propos de la photographie, mais pas seulement, de l’herborisation et de la photocopie, j’ai publié en 1990 le texte « La collection à l’œuvre » et j’aimerais maintenant faire un livre avec toutes mes expériences, sous le même titre.

Furniture Sculpture

Samedi 14 février 2026, 15h, Musée d’art et d’histoire, Genève. Exposition « Observatoires », John M Armleder, Furniture Sculpture, AH (Si An), 2006, quatre chaises chromées Heberli Nais, acrylique sur toile, MAMCO. Ici, plus qu’ailleurs, le « décor » du musée contribue à la proposition. Voir : Bâle, 18 juin 2010, https://jlggb.net/blog2/?p=2481

Rien n’est perdu

Samedi 14 février 2026, 15h, Musée d’art et d’histoire, Genève. « Observatoires », exposition « carte blanche à John Armleder ». Le MAH est « riche de plus de 500 de ses œuvres », Armleder en a apporté d’autres, pour les faire coexister thématiquement avec le musée et ses collections, avec des œuvres amies choisies. Rien n’est perdu est fait de matériaux et objets jetés par le musée, l’enceinte en douche parabolique Soundtube donne à l’écouter — à le retrouver – pour soi seulement.

Huang Binhong


Mercredi 4 février 2026, 13h30, musée Cernuschi, Paris, 8e. « Empreintes du passé » montre comment, dans la Chine du XIXe siècle, l’estampage d’inscriptions antiques gravées sur la pierre ou coulées dans le bronze a contribué à une association de la calligraphie et de la peinture portant une forme de modernité. L’exposition se termine par des œuvres de Huang Binhong (黃賓虹, 1865-1955). Artiste inspiré et théoricien marquant de la poétique du pinceau c’est dans ses dernières années, à 90 ans, qu’il découvre encore une écriture picturale. « Si ses paysages sont titrés de noms de lieux, jamais on ne pourra trouver d’où ils auraient été ‘pris’ ; ils sont vrais parce qu’ils sont ‘inventés’ à partir d’une imprégnation préalable. » Cette dernière phrase vient du catalogue Cinq grands peintres chinois. La tradition au XXe siècle, une exposition dont je m’étais occupé au Musée d’art moderne de Paris en 1982. Paysage, 1955, encre sur papier, Musée provincial du Zhejiang.

Créer (La vie des objets. Ch. 211)

Dimanche 11 janvier 2026, midi, Paris. La cloison entre deux caves, sous la cour, a connu un événement particulier. On ne peut pas dire quand. La construction a plus de cent ans. La partie supérieure de cette séparation est composée de briques espacées pour permettre l’aération. Recueilli simplement, par hasard, c’est un fragment de la surface conjointe de deux briques, avec une bande de ciment qui les reliait. La vie des objets a produit un objet qui mérite le nom d’objet d’art.

Meta-Matics original

Dimanche 4 janvier 2026, 23h, Paris. La machine Meta-matics N°1 de Tinguely, retrouvée au Grand Palais, a produit le 6 décembre 1988, au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (qui l’a dans ses collections), ce dessin, signé par Tinguely, pour le spectateur Étienne, dont c’était exactement le 7e anniversaire. Le papier fourni était un tract du personnel.

Niki de Saint Phalle

Vendredi 2 janvier 2025, 19h30, Grand Palais, Paris. Exposition Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hulten. Un aperçu de l’apparition de l’œuvre de Niki de Saint Phalle : Séance de tir dans une cour d’immeuble de Stockholm, 14 mai 1961 ; La Promenade du dimanche, 1971, polyester peint ; Jean II (Méta-Tinguely), 1992, bois, peinture, éléments métalliques et moteurs électriques sur panneau.

Son autoportrait

Mardi 23 décembre 2025, 15h, Fondation Louis Vuitton, Paris. Cette monumentale présentation, une vie d’artiste, peut sans doute s’observer comme une biographie. Mais non comme une autobiographie puisque vie et œuvre se confondent. Ceci se peut se vérifier avec son Selbstportrait, 1996, qui évite l’ostentation des modèles standards en pointant un moment de sa vie. Cette simple peinture, à l’instar de toutes ses peintures figuratives, mime l’aspect de la photographie, avec ce qu’elle peut porter de non artistique, de transparence de la représentation. Par son effet de miroir, comme tout un pan de l’œuvre de Richter, ce tableau exerce une inclusion du regardeur dont émerge en vérité une distanciation.