Daido Moriyama


Samedi 31 mai 2026, 18h15, Fondation Henri Cartier-Bresson, rue des Archives, Paris, 3e. Exposition « Daido Moriyama Lettres d’amour à la photographie ». L’épreuve Documentary 78, Setagaya, Tokyo, Japon, avril 1986 a été dans le livre de Moriyama Lettre à St. Loup, 1990, dédié à son approche de Nicéphore Niépce, de la première image, à Saint-Loup-de-Varennes en 1826. Dans l’exposition, Niépce fait l’objet d’un chapitre complet et fort intéressant, « Pèlerinages », mais c’est dans le chapitre « Métaphores » qu’elle présente à moi l’expérience de l’effet miroir, faisant partie de ce que Clément Chéroux, directeur et commissaire, désigne par métaphotographie. Ce qui m’a attaché à Daido Moriyama (1938, Osaka) est bien la façon de parler, dans chaque photographie, de la photographie. L’indice remarquable de la présence du photographique est ici la répétition de la figure hexagonale du diaphragme de l’appareil, comme reflet de la violence de l’éclairage ponctuel, avec ce paradoxe d’être, sur les yeux, le seul élément net.

Glen Baxter


Samedi 31 mai 2026, 17h, galerie Semiose, rue Quincampoix, Paris, 4e. De l’exposition de Glen Baxter (1944, Leeds – 2026, Londres), « The Response from the Parisian Art Critics is Swift and Decisive. »

Mémoire (La vie des objets. Ch. 217)


Jeudi 21 mai 2022, 18h, Paris. Il a été souvent question ici d’Enzo Mari, pour l’exemple d’une singularité critique irremplaçable. Son calendrier perpétuel, dessiné en 1967, est devenu un objet rituel quotidien en 2015, avec ses qualités : donner une « épaisseur » au temps ; dénoncer le « temps réel ». Le « Jeudi 21 mai » a une particularité : ses quatre lames correspondantes sont jaunies. En mai 2020, pour échapper au confinement, on l’a abandonné pendant une année entière. Le 18 octobre 2020 Enzo Mari donne à la Triennale de Milan l’exposition d’une vie de travail, la dernière selon sa volonté. Le lendemain de l’inauguration, il meurt de la covid.

Pierre Huyghe, Mind’s Eye



Samedi 16 mai 2026, 16h30, exposition « Clair-obscur », Bourse de commerce, Paris. Le personnage fictif qui l’avait occupé avec d’autres, Annlee, est proposé par Huyghe à l’imagination d’une personne dont on va capter certaines ondes cérébrales. Les données sont alors employées par un générateur d’images accédant à un immense ensemble des données de formes et matières. L’objet commenté et entouré ici par les regards en est l’agrégat qui en a résulté.

Clair-obscur




Samedi 16 main 2026, 16h, exposition « Clair-obscur », Bourse de commerce, Paris. Laura Lamiel (1943 —), sans titre, 2025-2026, Rosemarie Trockel (1952 —), Less Sauvage than Others, 2007, Victor Man (1974 —), Rupture, 2019-2020.

Ombres et lumières


Jeudi 16 avril 2026, 18h, Esquirol, Saint-Maurice, Val-de-Marne. Chaque service a son patio résolument clôturé. L’architecte et professeur Pierre Pinon (1945-2021), historien de l’architecture des XVIIIème et XIXème siècles, acteur de la redécouverte de l’architecte néo-classique, y voyait « un temple de la raison » et « une folie de l’archéologie ».

Oisiveté, Walter Benjamin


Mardi 24 février 2026, 11h30, Paris. La lecture de Walter Benjamin, De l’oisiveté (traduction par Olivier Mannoni, Payot, 2025) me conduit à revendiquer ce que je nomme ordinairement une procrastination. Il prend l’exemple de Jean-Jacques Rousseau : « Ceux qui me reprochent tant de contradictions ne manqueront pas ici de m’en reprocher encore une. J’ai dit que l’oisiveté des cercles me les rendait insupportables, et me voilà recherchant la solitude uniquement pour m’y livrer à l’oisiveté. […] L’oisiveté des cercles est tuante, parce qu’elle est de nécessité ; celle de la solitude est charmante, parce qu’elle est libre et de volonté. » (Livre douze des Confessions). Il explique que l’oisiveté est une condition de la production d’œuvres d’art. Son engouement pour la collection d’objets, de livres, de citations, comme art de la mémoire, m’a parlé depuis longtemps. C’était à propos de la photographie, mais pas seulement, de l’herborisation et de la photocopie, j’ai publié en 1990 le texte « La collection à l’œuvre » et j’aimerais maintenant faire un livre avec toutes mes expériences, sous le même titre.