
Jeudi 3 septembre 2026. La Couleur des jours, numéro 60 (quinze ans), automne 2026. L’apparition des « locutions » et les monuments (documents mémoratifs) que peuvent être des objets.
Catégorie : Mémoire
Françoise, ma grande sœur

Mercredi 5 août 2026, 10h. Nos parents sont instituteurs de l’école primaire de garçons de Saint-Laurent en Royans, dans la Drôme et nous y habitons. Alors que ma sœur a 6 et 7 ans et moi 3 et 4, notre père va deux années à Paris pour des études qui le qualifieront comme orienteur professionnel. Ma sœur se trouve alors dans la position d’avoir un œil responsable sur moi. C’est sans doute ce que signifie cette photo prise par notre mère. Je constate aujourd’hui que, depuis lors, je n’ai jamais cessé de penser quel serait son avis sur mes discussions, sur ce que j’entreprends.
Vendredi 27 juin 1986
Samedi 27 juin 2026, Paris. En octobre 1985, à la suite des Immatériaux, des installations « Toutes les copies » et « Le Bus », à la faveur d’une relative ouverture culturelle de la Chine et avec l’appui de nos jeunes collègues des Beaux-arts de Pékin, Zhang Jun et Ye Xin, nous réalisons des photocopies en situation et un vidéodisque de trajets, sous le titre de Pékin pour mémoire. Le vidéodisque est montré à la biennale de Venise de 1986 (25 juin-30 septembre). Photo inédite à ce jour.
Le numéro 59 de La Couleur des jours
Mémoire (La vie des objets. Ch. 217)

Jeudi 21 mai 2026, 18h, Paris. Il a été souvent question ici d’Enzo Mari, pour l’exemple d’une singularité critique irremplaçable. Son calendrier perpétuel, dessiné en 1967, est devenu un objet rituel quotidien en 2015, avec ses qualités : donner une « épaisseur » au temps ; dénoncer le « temps réel ». Le « Jeudi 21 mai » a une particularité : ses quatre lames correspondantes sont jaunies. En mai 2020, pour échapper au confinement, on l’a abandonné pendant une année entière. Le 18 octobre 2020 Enzo Mari donne à la Triennale de Milan l’exposition d’une vie de travail, la dernière selon sa volonté. Le lendemain de l’inauguration, il meurt de la covid.
Saisie

Vendredi 1er mai 2026, 11h, Paris. Pour renvoyer à sa situation ordinaire, dans la cuisine, la tomate qui a joué son rôle décoratif dans le carré précédent, je la saisis. Je constate que mes doigts occupent les positions des yeux-spirales de l’assiette japonaise Mingei. Il me vient à l’esprit qu’il y a 32 ans, je proposais une « esthétique de la saisie ».


