L’étranger (La vie des objets. Ch. 218)


Vendredi 14 août 2026, 11h, Aix-les-Bains. Nous sommes en 1956. À 11 ans, je suis loin d’imaginer que j’aurais à y vivre et à en fréquenter la sociologie contrastée. Nouveauté dans la famille, on a une voiture. Un périple vers Genève. Pour la première fois de ma vie, je passe une frontière, avec cette bizarrerie d’une zone franche pour le chocolat. Je ne me souviens de rien, sauf de l’endroit où est laissée l’auto, au bord de l’Arve, et du magasin de souvenirs « L’Ours de Berne », où j’ai droit à un joli fanion. Il est plus ou moins resté depuis à ma vue, symbole de l’étranger. Peut-être pour apparaître dans La Couleur des jours.

Françoise, ma grande sœur


Mercredi 5 août 2026, 10h. Nos parents sont instituteurs de l’école primaire de garçons de Saint-Laurent en Royans, dans la Drôme et nous y habitons. Alors que ma sœur a 6 et 7 ans et moi 3 et 4, notre père va deux années à Paris pour des études qui le qualifieront comme orienteur professionnel. Ma sœur se trouve alors dans la position d’avoir un œil responsable sur moi. C’est sans doute ce que signifie cette photo prise par notre mère. Je constate aujourd’hui que, depuis lors, je n’ai jamais cessé de penser quel serait son avis sur mes discussions, sur ce que j’entreprends.

Avril 2026


Jeudi 30 avril 2026, 13h, Paris. Le quatrième mois d’Instagram connaît une quatrième assiette. Cet assemblage n’est pas nécessairement à décrypter, sauf à dire qu’il invite à résister dans un monde insupportable. Pour information ici : l’assiette, modèle emblématique du mouvement Mingei, provient de son berceau, Seto, 22 février 2025. La tomate apporte une vie rouge, elle vient de l’épicerie « berbère du coin ».