

Vendredi 19 septembre 2014, 17h30, ministère de la Culture, rue de Valois, Paris 1er. Dans le bureau de la ministre : éléments d’époque Louis XVI, bureau et sièges en sycomore et cuir par Matali Crasset, bibliothèque en hêtre et acier par Ronan et Erwan Bouroullec. Le lampadaire au premier plan est de la série Tolomeo de Artemide par Michele De Lucchi, voir : http://jlggb.net/blog3/?p=457
Catégorie : Monument
47 ans après

Samedi 16 août 2014, 12h30, Avignon. À l’angle de la rue Portail Matheron et de la rue Campane, près de la place des Carmes, Mon Bar est resté dans son style de 1933, verres art déco, huisserie et enseigne en acier. Je l’ai connu tel quel en 1967 alors que je photographiais, au Théâtre des Carmes, Silence, l’arbre remue encore de François Billetdoux, et La Baye de Philippe Adrien, pièces mises en scène par Antoine Bourseiller. Voir : http://jlggb.net/blog3/?p=1805. Ce fut aussi un lieu de rendez-vous pour une bande « La Chinoise » autour de Juliet Berto. Voir : http://jlggb.net/blog2/?p=6783.
Retour au parc Rousseau





Samedi 14 juin 2014, 15h — 22h, parc Rousseau d’Ermenonville. Visité à plusieurs reprises depuis les années 80, mais pas depuis le 2 juillet 1999 — jour anniversaire de la mort, ici, de Jean-Jacques Rousseau — où l’Autel à la rêverie fut filmé pour notre CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau (Gallimard, 2000), on y revient à l’occasion du « Festival des fabriques ». Le Temple de la philosophie moderne, ouvert sur le ciel, que l’on peut voir comme inachevé, fut dessiné par Hubert Robert. Le Banc des mères — précédemment, c’était la Table des mères — a sa plaque, qui fut estampée par Liliane : « De la mère à l’enfant il rendit les tendresses / De l’enfant à la mère il rendit les caresses /De l’homme, à sa naissance, il fut le bienfaiteur / Et le rendit plus libre, afin qu’il fût meilleur ». L’arbre couché est la fabrique naturelle d’une tempête, il vit encore. Les paysages qui s’offrent dans le parc ressemblent certainement encore à ceux voulus par René-Louis de Girardin, inspirés par la Nouvelle Héloïse et les jardins anglais.
Barricade

Lundi 24 mars 2014, 12h, Université Paris 8, Saint-Denis. On ne sait pas si l’artiste, Dominique Mathieu (1970), qui intervient parallèlement au Centre d’art contemporain de Brétigny, invité ici pour la Semaine des arts par le camarade Emanuele Quinz, sait que dans cette université, il y a eu des barricades comparables autrement plus spontanées, et peut-être plus esthétiques. Voir les photos du camarade Jean-Noël, 6 mai 2009 : http://hyperbate.fr/dernier/?p=5848, ou sa photo pour Paris 8 sur Wikipédia. L’installation travaille sur la tension entre action et design. Il est vrai qu’on ne peut pas, ici, ignorer les chaises Mullca de Gaston Cavaillon — norme de l’éducation nationale depuis les années 50, un classique français, ma chaise favorite —, ni les chaises Jakobsen, héritage du mobilier chic du Centre universitaire expérimental de Vincennes de 1968 — recherchées par les antiquaires —, et également présentes au 93bis. Voir « La dernière rentrée », http://jlggb.net/blog3/?p=3898, « Vestiges de 68 », http://jlggb.net/blog2/?p=3920.
Télégraphe en veille

Mercredi 12 mars 2014, 17h, cimetière du Père Lachaise. Division 29, la tombe monumentale de Claude Chappe, 1763-1805. Dans la préparation d’une conférence pour « Médias-Médiums », consacrée à Chappe et Conté, une visite s’imposait. La lisibilité de la « marionnette » du sémaphore symbolique sur fond de ciel est troublée par les arbres. Mais alors, ne pourrait-on pas déchiffrer un message dans ces branches ?
Point de repère. Ainsi le 29 septembre 2024 : https://jlggb.net/blog9/2024/09/29/chappe-de-nouveau/
Le pont Masereel


Dimanche 16 février 2014, 12h30, Pont de Bercy, Paris 12e. À la fin des années 70, Frans Masereel nous occupait avec ses gravures des années 20. La photo (tirage personnel cibachrome d’après une diapositive Kodachrome) où figure Liliane fut prise pour son 30e anniversaire et depuis, nous nommons ce pont « Pont Masereel ». L’élargissement par une deuxième voie date de 1992.

Frans Masereel, La Ville, Paris, 1925, livre de 100 gravures sur bois.
Voir : http://www.frans-masereel.de/15427_Die_Stadt.html
Des archives : un lieu qui va disparaître



Samedi 8 février 2014, Aix-les-Bains. Des archives photographiques, trois des clichés que je fus conduit à réaliser en croisant la recherche d’un style photographique et le désir de documenter un moment. À Pierrelatte, dans la vallée du Rhône au sud de la Drôme, mon grand-père a exercé toute sa vie l’artisanat de la construction : peinture, maçonnerie, carrelage, etc. En 1965, il a 85 ans, c’est un jour sombre pour lui, sa remise connaît ses derniers jours avant une destruction pour l’élargissement de la rue et la création d’une place. Transformation liée à la mutation de la ville : l’usine d’enrichissement d’uranium militaire vient d’ouvrir. L’atelier affichait une sévère volonté d’ordre mais aussi un savoir-faire économe et un gout pour la belle disposition des outils et des matériaux. Au sud du bâtiment, donnant sur un long jardin bordé par un canal, se trouvait une buanderie, avec une verrière, un grand bassin, une pompe à bras, des lessiveuses en zinc, des fauteuils en rotin, les odeurs de savon de Marseille, de soude, de lavande et d’eaux usées.
Visnu Hayagriva

Samedi 28 décembre 2013, 16h40, musée Guimet, Paris, 16e. L’exposition Angkor : Naissance d’un mythe — Louis Delaporte et le Cambodge repose en grande partie sur des moulages réalisés entre les années 1870 et la fin des années 1920. Par une coïncidence admirable, les moulages originaux étaient stockés depuis fort longtemps, et peut-être oubliés, dans les caves de l’abbaye de Saint-Riquier où nous avons fait l’exposition « leurs lumières » à l’automne 2012 (voir, 9 novembre 2012 : http://jlggb.net/blog3/?p=4318). Nous avons donc assisté aux opérations de sauvetage et de déménagement, et cela à quelques semaines de ma visite au Cambodge et aux temples d’Angkor. La question est devenue d’une grande actualité historique : à qui appartient le patrimoine de tel peuple, de telle région, de tel pays ? Le cartel de ce dieu-cheval dit :
Visnu Hayagriva. Groupe nord de Sambor Prei Kuk (province de Kompong Thom). Style de Pré Rup, 3e quart du Xe siècle. Don Adhémard Leclère au Musée indochinois du Trocadéro, 1896. Grès.
Musée national des arts asiatiques — Guimet, MG 18099.
Bien mal connues à l’époque de leur entrée dans les collections françaises, certaines des pièces originales qui ont progressivement pris place au Musée indochinois du Trocadéro apparaissent aujourd’hui comme des œuvres phares de l’art khmer angkorien en raison de leur intérêt stylistique et iconographique. Cette étonnante image de Visnu Hayagriva (« au cou de cheval ») — l’un des aspects hybrides de la divinité — appartient à une série iconographique dont peu d’exemples sont connus par ailleurs dans l’art khmer.
Le vol, en 1923, puis la restitution de sculptures à Banteay Srei : on attribue parfois à ce geste de Malraux, révolutionnaire et anticolonialiste, la vertu d’une prise de conscience de la protection et de la restauration des monuments (voir, 6 janvier 2013 : http://jlggb.net/blog3/?p=4938). L’École française d’Extrême-Orient a eu et a encore un rôle considérable dans ce sens (voir ici). Comme le peuple cambodgien, les sites historiques ont connu des vicissitudes tragiques et inimaginables. Le vol des sculptures khmères a continué au moment où on les croyait enfin protégées. En 2001, l’UNESCO a encouragé des mesures de protection et de restitution (voir ici). Très récemment, le 12 décembre 2013, par un jugement à New York, une œuvre volée au temple de Prasat Chen à Koh Ker, qui avait été vendue par Sotheby’s, doit être rendue au Cambodge, peu de temps après la restitution, par le Metropolitan Museum de New York, de deux statues provenant du même temple.
Fin 2013, à Paris, place d’Iéna, la tête de cheval couronnée se moque bien d’être « étonnante ». Elle existe pour elle-même. On lui trouve le regard et l’expression de ceux qui ont appris à toiser leurs gardiens.