Altitude


Samedi 8 octobre 2022, 23h30, Paris. Un remboursement d’une part de frais de lunettes reste à obtenir. La recherche de l’ordonnance — Docteur de Charnacé, rue de Montreuil –, apporte une photo de l’escalier de son cabinet, prise il y a exactement un an. Les métadonnées de cette image me donnent ses coordonnées spatiales — mais l’essentiel n’est pas inscrit : ici, c’est La Folie Titon http://jlggb.net/blog3/?p=1842. Et pourtant une indication : on est à 40 m d’altitude. L’habitude de photographier les escaliers, aujourd’hui très atténuée, ne nous avait pas alertés sur cette dimension essentielle.

Ce coucher de soleil



Samedi 8 octobre 2022, 19h14, train depuis Bourges vers Austerlitz, vers l’ouest d’abord, la vallée du Cher, Sainte Thorette, Preuilly, Quincy. Événement banalement quotidien, ou plutôt quotidien réglé par lui et quand même inattendu, dans son apparition.

Tentative de contentement



Vendredi 11 mars 2022, 21h, vernissage, Mac Val, Vitry. Karina Bisch et Nicolas Chardon donnent une exposition étendue, un espace à fréquenter, « à vivre », fait de murs colorés, de pièces et de meubles, de peintures, de motifs décoratifs. Ils se réclament d’une « peinture à vivre, savante et burlesque », que l’on reconnaît comme citations des avant-gardes d’il y a un siècle, ironiques mais aussi jouables, aimables au premier degré.

Petites fleurs d’hiver



Jeudi 13 janvier 2022, midi, Aix-les-Bains. La succulente crassula ovata a été décrite pour la première fois en Angleterre en 1768. Venant d’Afrique du Sud et de Madagascar, elle est devenue une plante domestique dans le monde entier. Si elle fleurit, c’est l’hiver, de très petites fleurs. À cette légende qui évoque une histoire de mondialisation, j’ajoute une vue de l’endroit particulier, de l’élégante simplicité à la confusion intéressante, l’ensemble de crassulas dont on connaît d’où elles sont venues, les années passées, la sécheresse des débuts de l’année 2020 et une pluie glacée de l’hiver 2021 qui ont conduit à une taille complète de leurs feuilles, leur reconstitution et une floraison rare.

Un trajet






Mercredi 1er décembre, Aubervilliers puis Paris, porte de La Villette, 12h30-13h30. L’achat de 10 kg de couverte pour porcelaine chez Ceradel m’amène à aller en métro aux Quatre Chemins. Il pleut, en sortant de la station je glisse sur le bord du trottoir et tombe violemment : « Ça va chef ? ». Je me nettoie la main au gel que j’ai dans la poche. Pour aller à l’atelier des Panoyaux, dans le 20e, je demande un Uber. Une Toyota conduite par Faiza est annoncée. Après un long embouteillage, avenue Jean Jaurès, puis des détours guidés par GPS, le métro Porte de La Villette. Par la fenêtre, avec comme musique de fond, Renaud Capuçon, le Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.35 de Erich Wolfgang Korngold, je vois et photographie des dizaines, des centaines d’hommes, qui vendent et vendent, puis un assemblage de constructions de fortune aux bâches bleues, sur ce qui est nommé Square de la Porte de la Villette ou Crack Land, puis le périphérique.