Du placard à la fenêtre



Jeudi 26 mars 2020,15h, 93bis : une bobine de film 35 mm sonore, une minute, ressortie sans dire son histoire, une manière de bande annonce à être ajoutée aux films, signée par le Comité de défense de la Cinémathèque française, où François Truffaut et Jean-Luc Godard demandent aux spectateurs d’adhérer pour soutenir Henri Langlois, en février 1967 ; ballon de laboratoire, Pyrex, 100 ml, breveté S.G.D.G., France.

À la peinture blanche sur le goudron


Jeudi 19 mars 2020, 13h, boulevard de Charonne, Paris 11e-20e. Des segments blancs peints au rouleau en ligne à intervalles réguliers sont là pour dire « distance sociale ». Cette formule aujourd’hui omniprésente et malencontreuse, appartient au vocabulaire méthodologique des sociologues. Elle a été analysée par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dans « Pratiques d’enquête dans l’aristocratie et la grande bourgeoisie : distance sociale et conditions spécifiques de l’entretien semi-directif », 1991 : Persée.

Urgent


Samedi 14 mars 2020, 18h, rue des Maraîchers, Paris 20e. Le mot est la légende du temps présent. Mais une phrase se déchiffre : enseigner le consentement c’est urgent. Il y a quelques mois, une artiste et des centaines de femmes sont apparues pour donner à lire, à entendre, le mot féminicide. Ainsi a été inventé la manière imparable, forcément répétable, d’un pinceau large qui trace un caractère sur une feuille blanche A4 verticale. Je propose de nommer cette police à chasse fixe, ou monospace, Marguerite.

La lapidation


Lundi 2 mars 2020, 18h, 93bis, Paris. DES ARCHIVES. Dans la boîte de pétri « Moments » : les cailloux qui, le 17 août 1997, furent lancés pour être filmés devant la maison qu’habita Rousseau à Môtiers, Val de Travers. L’estampe interactive « La lapidation » était destinée à figurer en regard des pages 627 et 628 du tome 1 des Œuvres complètes dans la Pléiade, Les Confessions, où Rousseau fait le récit de son comportement en septembre 1765.

Dreamachine



Mercredi 26 février 2020, 17h, Centre Pompidou. Dans l’exposition Neurones, les intelligences simulées, qui rassemble, avec des documents, des propositions d’artistes, d’architectes, de designers et de musiciens, je retrouve une pièce que nous avions dans Electra, au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1983. Brion Gysin, de nouveau, après l’aquarelle d’il y a quelques jours : http://jlggb.net/blog7/2020/02/13/brion-gysin/. Son chef-d’œuvre, Dreamachine, daté de 1962, fut fabriqué avec l’électricien et programmeur Ian Sommerville. Le spectateur ferme les yeux. Le rythme des ombres et lumières qu’il perçoit à travers ses paupières peut correspondre aux oscillations de son cerveau et avoir un effet hallucinatoire. Je publie une courte vidéo sur Instagram. Elle provoque une remarque de l’artiste du son et de l’image Ramuntcho Matta : « L’ampoule est trop puissante. » C’est vrai, il connaît bien, car Brion Gysin fut en quelque sorte son premier professeur.

Bleu de cobalt du Temple du Ciel et de l’Ancien Palais d’Été


Dimanche 23 février 2020, 22h, 93bis, Paris. DES ARCHIVES. Dans la boîte de pétri « Pékin » : un fragment de tuile bleue (bleu de cobalt) vernissée saisi en septembre 1985 au pied de l’enceinte carrée du Temple du Ciel ; un fragment de porcelaine pris en avril 1988 à l’extérieur des ruines de l’Ancien Palais d’Été (incendié, détruit et pillé en 1860 par 3 500 soldats de la coalition franco-britannique).