Galerie du jour agnès b.

Jeudi 3 septembre 2026, 19h, galerie du jour agnès b., La Fab.
– Place Jean-Michel Basquiat – Paris 13e. Vernissage de l’exposition « Le chant des villes ». Trois peintures d’Étienne Boissier.

Communiqué de presse : https://la-fab.com/wp-content/uploads/2026/07/cp_chant_des_villes_compressed.pdf

Dimanche 10 mai 1998, Paris 11e, prise de vues vidéo pour « La deuxième promenade » du CD-Rom Moments de Jean-Jacques Rousseau (Gallimard, 2000), de l’une des scènes interactives qui montrent comment Rousseau, après avoir été renversé par un chien à Charonne, revient à lui sous le regard de jeunes gens. Les modèles, Lionel, Yacine et Étienne, sont habillés par agnès b.

Août 2026


Samedi 22 août 2026, 13h, Paris. Unique, mais jamais seul, lumineux, attaché plus que tout à la transmission : Christian Bernard. En 2006, il nous invita à expérimenter au Mamco ce que nous nommions une « interactivité descriptive », propre à rendre compte de la relation aux œuvres. Eins. un. one…, de Robert Filliou, 1984, en fut l’un des objets. Il était prévu que quelques dés, parmi 15 000, seraient empruntés par des regardeurs.

Un épisode

Mardi 18 août 2026, 10h, Aix-les-Bains. Un mois de janvier au froid sévère inattendu, un mois de mai caniculaire. La crassula devenue arbre avec les années a vécu. Il faut le répéter, ni des descendantes, ni des clones, elle a simplement laissé de nouvelles occurrences d’elle-même. Un épisode donc de ce qui a été nommé « crassula ubiquiste ».

L’étranger (La vie des objets. Ch. 218)


Vendredi 14 août 2026, 11h, Aix-les-Bains. Nous sommes en 1956. À 11 ans, je suis loin d’imaginer que j’aurais à y vivre et à en fréquenter la sociologie contrastée. Nouveauté dans la famille, on a une voiture. Un périple vers Genève. Pour la première fois de ma vie, je passe une frontière, avec cette bizarrerie d’une zone franche pour le chocolat. Je ne me souviens de rien, sauf de l’endroit où est laissée l’auto, au bord de l’Arve, et du magasin de souvenirs « L’Ours de Berne », où j’ai droit à un joli fanion. Il est plus ou moins resté depuis à ma vue, symbole de l’étranger. Peut-être pour apparaître dans La Couleur des jours.

En dents de scie (Locutions adverbiales. Ch. 01)


Mardi 11 août 2026, 10h20, centre de contrôle technique des voitures, Aix-les-Bains. Je l’ai entendue récemment dans les propos d’un psychiatre. Je l’ai entendue aussi chez celui qui en découvrait l’image — des hauts et des bas — à propos de sa situation affective. La relation texte image qui nous occupe depuis toujours inaugure « du coup » une tentative d’inventaire. À suivre.

Françoise, ma grande sœur


Mercredi 5 août 2026, 10h. Nos parents sont instituteurs de l’école primaire de garçons de Saint-Laurent en Royans, dans la Drôme et nous y habitons. Alors que ma sœur a 6 et 7 ans et moi 3 et 4, notre père va deux années à Paris pour des études qui le qualifieront comme orienteur professionnel. Ma sœur se trouve alors dans la position d’avoir un œil responsable sur moi. C’est sans doute ce que signifie cette photo prise par notre mère. Je constate aujourd’hui que, depuis lors, je n’ai jamais cessé de penser quel serait son avis sur mes discussions, sur ce que j’entreprends.

Deux chokos

Lundi 27 juillet 2026, 12h, Paris. Deux simples tasses de porcelaine, témoins historiques. Au début du 17e siècle, des potiers coréens, déportés par les Japonais vers l’île proche du Kyushu, ont inauguré une porcelaine véritable dont la région d’Arita est aujourd’hui encore la capitale. Ce que nous pouvons nommer un gobelet, selon la formule des archéologues qui connaissent cette forme, en tronc de cône bas, comme le plus ancien des récipients faits par les humains, a conservé au Japon un nom venant de Chine et de Corée : le choko. Le Soba Choko, est devenu une manière de nom propre pour un acteur de la dégustation des nouilles de soba, de sarrasin, objet aux dimensions fixes et porteur d’une décoration au bleu de cobalt, devenu principalement un objet de collection du fait de la variété infinie de ses motifs et de leur accumulation dans l’histoire. Ici, le choko rectiligne, de 6 cm de haut et 6 cm de base, pour une ouverture de 8 cm, est l’exemple rare d’une absence de motif. Celui au profil courbe provient bien du Kyushu, conserve son nom de choko sur l’étiquette de la firme « sans nom » , Muji. Damien Kunik, le conservateur en charge du Japon au MEG — Musée d’ethnographie de Genève — qui est historien du mouvement Mingei, fondé il y a un siècle par Soetsu Yanagi en faveur d’une reconnaissance des arts populaires, parle avec raison du « soft power » qu’est devenu le Mingei après la seconde guerre, en faveur du design japonais. C’est en particulier le fils de Yanagi, le designer Sori Yanagi (1915-2011), qui a conduit ce courant, après avoir été l’assistant de Charlotte Perriand. En 2006 à Tokyo, mais aussi à Milan en 2007, Jasper Morrison et Naoto Fukasawa ont produit l’exposition marquante « Super Normal », inaugurée en hommage à Sori Yanagi. Parmi les 210 objets retenus, de toutes sortes, signés ou pas, mais d’un ordinaire élégant, aucun ne présente une décoration. Et le numéro 160 est précisément le choko Muji, sous l’intitulé « Dipping sauce cup ». En résumé, nous avons plusieurs de ces derniers chokos redessinés que nous aimons bien, dont nous ne pourrions nous passer, pour boire comme pour manger.