Boutures des années vingt


Mardi 7 janvier 2020, 14h30, Aix le Bains. La crassula la plus grande, ici depuis dix ans, est taillée pour retrouver un équilibre. Deux bouteilles exposées là recueillent alors des tiges qui seront les boutures datées du tout début des années vingt. Les couleurs dans les rayons du soleil bas de janvier mettent en évidence l’inévitable singularité de ces deux ubiquistes là.

L’oiseau au soleil


Mardi 31 décembre 2019, 12h30, 93bis. Il pourrait être dans la rubrique « Sur mon étagère » comme dans la rubrique « La vie des objets ». Je le sors pourtant et le donne à tenir au soleil du passage Turquetil, pour lui donner un rôle à part entière, hors catégories. L’oiseau de toit en terre non vernissée m’a été confié au cours de l’été 1981, lors d’un « voyage d’étude des arts populaires de Chine » conduit par Jean-Pierre Guilhem. Le nord du Shaanxi, le Shaanbei, la région de Yan’an, étaient signalés par le professeur des Beaux-Arts de Pékin Jin Zhilin, devenu le premier expert et militant de l’étude, de la sauvegarde et de la prolongation de pratiques artisanales et artistiques, à commencer par les papiers découpés des paysannes, de la région des plateaux de lœss, du district de Yan Chuan. La documentation générale accessible sur les tuiles faîtières, sur les figures animales ornements de toitures, ne fait pas mention d’un tel oiseau. Retourner voir ?

Barrer (Vie des objets. Ch. 85)


Mardi 17 décembre 2019, 15 h, place de la Nation. Je suis capable de vibrer frénétiquement dans le vent, avec mon rouge et blanc, mais aussi d’attendre très calmement. On m’a déroulé pour être attaché entre deux poteaux de feux pour barrer la rue. Je connais ma fragilité mais aussi ma force symbolique. Ce soir j’ai un rôle dans une très grande manifestation qui vient de la République en passant par la Bastille.

Un art de la carte


Samedi 14 décembre 2019, 17h, exposition Quand les artistes dessinaient les cartes, Vues et figures de l’espace français, Moyen Âge et Renaissance, musée des Archives nationales, Hôtel Soubise, Paris 3e. Figure de la Veyle (Ain), 1548, encre et lavis sur papier, Archives municipales de Mâcon, détail. Cette carte fut destinée à résoudre un conflit, pour reconnaître quel était le bras de rivière principal et déterminer ainsi un droit de pâturage à attribuer aux Mâconnais ou aux Bressans de Pont-de-Veyle. La procédure voulait qu’une entente s’inscrive dans une « figure accordée ». Mais il semble que ce ne fut pas le cas ici. On admire l’effet juridique et poétique de dessins et de mots de la même plume. La carte apparaît par excellence comme l’alliage de signes qui viennent de l’écriture et de la figuration.