Trois maisons


Samedi 14 novembre 2020, 15h40, chemin des Blanquards, Aix-les-Bains. De nouveau une maison partagée en deux. Un homme, une tasse à la main, me voit photographier, « Vous prenez quoi ? ». J’explique et il me dit : « mais il y a trois maisons. » La sienne est en dessous.

Selfiematon


Vendredi 13 novembre 2020, 13h. L’original, un photomaton de grand format, aux gris jaunis intéressants, n’est pas ici, mais je retrouve sur le site de Liliane sa version scannée. Pour participer à la pratique, peut-être équivoque, de publier sur Instagram des autoportraits, des selfies, — noter la distance entre ces mots — , il me vient de placer le mien dans un carré rouge sombre, avec la date 1970. Car il a 50 ans.

Double maison


Mardi 10 novembre 2020, 14h, rue du Puits d’Enfer, Aix-les-Bains. Elle fut remarquée, sous la neige, le 14 décembre 2008, pour son partage, et publiée (http://jlggb.net/blog/?p=980) avec la mention : « Une succession, déjà ancienne, a probablement coupé en deux cette vieille maison, à moins que ce soit un geste artistique. » Elle m’a semblé plus nette encore aujourd’hui, pour une symétrie contredite par les vocations différentes des moitiés. Mais, à voir ensemble les deux photos, leur ressemblance l’emporte, malgré le changement de couleurs de la droite. Le soleil, l’ombre du toit, sont à la même place. Une vision nouvelle est pourtant apparue : c’est un tableau, un cas de double bind. Et alors, la maison natale d’Étienne-Martin, double maison, à Loriol-sur-Drôme, serait un symptôme comparable.

Naissance de la terre


Mardi 10 novembre 2020, 13h, sur le côté du musée Faure, boulevard des côtes, Aix-les-Bains. Alfred Boucher, Naissance de la terre, 1895. Même idée que pour la photo du 1er juin 2008 (http://jlggb.net/blog/?p=323) qui fut du même genre, au plus grand angle encore, peut-être mieux. La figure était plus lisible, plus marquante, le contraste était meilleur, à commencer par celui de la pierre elle-même, hélas repeinte aujourd’hui pour être « nettoyée ».

Matière à numéros



Vendredi 6 novembre 2020, 15h — 16h, boulevard de Chantemerle, montée de Cléry, Aix-les-Bains. L’observateur trouve facilement des numéros, des chiffres indiquant des nombres, destinés à indiquer des suites, des positions relatives, des adresses. Les exemples ici font ressortir à quel point les mêmes chiffres peuvent avoir une existence matérielle intensément singulière, fabriquée et située. Et des significations différentes. Le chiffre, comme tout signe, peut-il être pensé comme immatériel ? Le nombre comme loi, comme code, sans doute. Pourtant une idée n’échappe pas à la matérialité, non seulement comme concrétisation, comme apparition, comme intervention mais aussi comme évocation, comme intellection. On peut s’en sortir en disant qu’un numéro est deux choses à la fois : un chiffre ET un chiffre.