Le dessouchage


Mercredi 12 juillet 2017, 12h, avenue Philippe Auguste, Paris 11e. Les rejets du sophora s’agitent dans le vent et brillent dans leur franchise. Dans leur naïveté peut-être car le « déssouchage » est annoncé pour dans 8 jours. Mais pas de sentiments, Francis Hallé nous l’a dit : « Les plantes sont parties dans un sens, les animaux dans un autre, […] les plantes sont allées plus loin dans leur direction que nous dans la nôtre. La Vie des arbres, Bayard, 2011, pp. 22-23.

Une photographie encadrée


Vendredi 19 mai 2017, 23h, Paris 11e. Tirage photographique de format 50 x 50 cm, réalisé par moi dans le laboratoire de la Maison de la culture de Grenoble à l’automne 1967. La prise de vue a lieu à l’école maternelle Colonel Driant à Grenoble, le 29 mai 1967, avec un Rolleiflex Tessar 2,8. Je me souviens qu’à ce moment-là je me réclame de certaines lectures pour engager une façon de photographier : Roland Barthes, Critique et vérité, 1966 ; Francis Ponge, Le Savon, 1967; Michel Butor, La Modification, 1957. Je me veux guidé par l’existence des choses telles quelles. Depuis l’accrochage il y a vingt ans, la cloison a connu une fissure qui est en relation avec la fissure du mur photographié. Ce mur, observé il y a quelques jours, en conserve la trace.

Automates anonymes


Jeudi 4 mai 2017, 19h, Centre Pompidou. La série de 50 Detroit Street Portraits de Walker Evans, 1946 — Labor Anonymous pour le magazine Fortune —, fut prise par un Rolleiflex en légère contre-plongée oblique par rapport à un fond de contreplaqué, de façon à ce que les passants provoquent le déclenchement par leur entrée dans le champ. Celle-ci est moins connue, elle est l’une des rares personnes qui regardent l’appareil. Mon iPhone reconnaît les visages et les souligne d’un rectangle jaune. Dans l’application iPhoto ou sur FaceBook, des étiquettes vont s’afficher : « Sans nom » et « Entrez un nom ».
Voir : http://davidcampany.com/anonymous-and-incognito-walker-evans/ et https://etudesphotographiques.revues.org/3174