
Mardi 18 juillet 2017, 14h49, rue Beccaria, Paris 12e. On entend dire que le prochain iPhone comportera un dispositif de réalité augmentée pour l’employer à mesurer les choses. Cette photo contient déjà les métadonnées de ses circonstances : 48° 50′ 48.42 » N — 2° 22′ 44.778 » E — 38,41 m — 100,12° (direction magnétique) — 18/07/2017 12:49 GMT (14:49). Si le réel en appelle aux codes, aux mesures, pour faire réalité, il est possible de voir, en toute réalité, une réalité augmentée. Ainsi, les nombres à la peinture rouge, même s’ils viennent avec leur part de contingence d’exécution, augmentent le goudron du trottoir. Un réel qui subit une perte d’inconnu ne serait-il pas plutôt une réalité diminuée ?
Auteur/autrice : jlggb
Se détachant de la matière
Privilège du jaune
À saturation
Des fantômes
Le dessouchage

Mercredi 12 juillet 2017, 12h, avenue Philippe Auguste, Paris 11e. Les rejets du sophora s’agitent dans le vent et brillent dans leur franchise. Dans leur naïveté peut-être car le « déssouchage » est annoncé pour dans 8 jours. Mais pas de sentiments, Francis Hallé nous l’a dit : « Les plantes sont parties dans un sens, les animaux dans un autre, […] les plantes sont allées plus loin dans leur direction que nous dans la nôtre. La Vie des arbres, Bayard, 2011, pp. 22-23.
Il est ici

Mardi 11 juillet 2017, 16h, passerelle du Bassin de l’Arsenal, Paris 12e. Le mûrier Morus platanifolia [aux feuilles de platane] a de bonnes mûres et peut nourrir le bombyx. Ses feuilles à la fois simples et pentalobées, brillantes et intenses, peuvent souligner qu’il est venu en Europe, de Mongolie, de Chine, de Corée, du Japon, au début du XXe siècle seulement. Il donne un ombre dense, emplit l’espace, s’agite dans le vent, existe aussi ailleurs, mais se plait à dire où il est.
Les conduits
Une histoire de lettres


Samedi 8 juillet 2017, 12h, boulevard Henry IV, Paris 4e. La devanture remarquée depuis très longtemps, attachée à l’Histoire — Studio Henry —, notée le 5 avril 2009 [http://jlggb.net/blog/?p=2068], a connu l’abandon puis le graffiti.
La politique (Vie des objets. Ch. 56)

Samedi 8 juillet 2017, 10h, à la rencontre de la rue Censier et de la rue Monge, Paris, 5e. Le jeune arbre n’a pas pris, il a été coupé, une grille se trouve seule et devient l’objet. Intervention magistrale, la grille en fonte solidarise les normes haussmanniennes des immeubles et de leurs rues aux alignements d’arbres. À l’autre extrémité de la chaîne des solutions qui permettent à la fois la vie de l’arbre et la circulation, on a maintenant, dans le carré de terre de l’arbre, des fleurs et des herbes attachées à un « permis de végétaliser ». Avec le risque que les plants les plus séduisants soient volés. D’un côté des grilles arrachées et brisées sont des projectiles de combats de rue de la révolution, de l’autre un assemblage de demi-rondins installe un « ranch » de la végétalisation (post guerrilla gardening).
Référence universitaire : Patricia Pellegrini, « Pieds d’arbre, trottoirs et piétons : vers une combinaison durable ? », Développement durable et territoires [En ligne], Vol. 3, n° 2 | Juillet 2012, mis en ligne le 5 octobre 2012, consulté le 8 Juillet 2017 http://developpementdurable.revues.org/9329




