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Digital Soba Choko
Version de janvier 2015, légèrement revue en 2018

Digital Soba Choko est un projet expérimental ayant trait à la fabrication de gobelets de porcelaine assimilés aux soba choko de tradition japonaise. Ces tasses, qui ont connu un développement à l’époque Edo, sont notamment utilisées pour manger les pâtes de soba (sarrasin) en les trempant dans le bouillon qui les accompagne. Longtemps perçues comme très ordinaires, elles font actuellement l’objet de collections souvent vastes et précieuses.

Elles sont fabriquées dans des manufactures mais elles le sont aussi dans de très petits ateliers. Elles sont considérées comme représentatives d’un artisanat populaire, même si elles s’inscrivent dans la création de maîtres céramistes. 

La matière des soba choko est principalement une porcelaine blanche plus ou moins fine, décorée sous glaçure de figures au bleu de cobalt, souvent peintes à la main. D’autres styles existent aussi.

La forme en est toujours un tronc de cône aux dimensions légèrement variables. Les soba choko d’aujourd’hui ont le plus souvent 80 mm de diamètre en haut, 60 mm en bas, 60 mm de hauteur. La variation extrême des motifs dans l’unicité du support est la source d’une vocation à la collection qui est avérée par les inventaires et ouvrages qui leur sont consacrés.

Entreprise à Kyoto en 2000, l’observation de la fabrication a été conduite de façon plus précise en 2013 à Arita, petite ville de l’île de Kyushu qui est le berceau de la porcelaine japonaise venue de Chine et de Corée et en particulier de la porcelaine blanche et bleue. Ces ateliers, considérés comme une référence, peuvent être rapportés à la tradition d’artisanat populaire exprimée par le mouvement Mingei de Soetsu Yanagi (1889-1961).

Digital Soba Choko vise à explorer de façon concrète les questions de la tradition, de l’art populaire, du « fait à la main », mais aussi, plus généralement, de la variation et de la traduction des modèles, de la signature des objets.

Digital Soba Choko propose la réalisation de prototypes de soba choko qui conserveront la qualité de la céramique et la forme standard classiques mais dont les motifs seront peints par un robot piloté par deux types d’informations : un corpus de motifs choisis dans des collections mais aussi empruntés et dessinés librement ; des impulsions captées directement sur le corps de la personne qui se place comme l’auteur d’un exemplaire singulier.

Digital Soba Choko peut aboutir à des échanges de recherches et à des expositions, y compris au Japon.