digital soba choko

Projet artistique expérimental

Digital Soba Choko
デジタル・そば猪口
2018 – 2021

Collectif de recherche

ARGUMENT

Digital Soba Choko est un projet artistique expérimental ayant trait à la collection et à la fabrication de gobelets de porcelaine ou, plus généralement, de céramique, assimilés aux soba choko de tradition japonaise, qui doit se situer à la jonction de techniques traditionnelles et de techniques numériques. Le digital désigne aussi bien la modélisation et la reconnaissance de formes que les modalités d’exploration et d’inventaire ou encore les dispositifs de fabrication et d’usage.

PROJET (1er mars 2019, susceptible de modifications)

Le projet est centré sur l’investigation historique, ethnographique, esthétique, technologique d’un gobelet de céramique traditionnel au Japon.

La recherche considère au Japon les exemplaires anciens, les collections, la production contemporaine, les usages actuels.

Elle vise à confronter ces pièces existantes à des pièces dont la création peut être suscitée dans un esprit de traduction, autrement dit de transformation, de croisement avec des objets comparables.ayant des histoires distinctes. 

Les coopérations peuvent porter principalement sur l’examen de principe d’une telle traduction, sur le développement et la mise en œuvre expérimentale et effective de procédés et d’instruments de fabrication. Elles peuvent concerner aussi l’évaluation, la démonstration et l’exposition active des pièces en relation avec des pièces de collection.

Pourquoi le choix de cet objet qui apparaît comme propre à la culture japonaise ? L’objet nommé au Japon soba choko présente plusieurs caractéristiques singulières.

C’est un récipient de céramique d’une forme géométrique déterminée, un tronc de cône aussi haut que large. Il connaît des variations de matière et de décoration mais il a une histoire ancienne en particulier dans sa version de porcelaine blanche recevant des motifs et dessins bleus au pinceau.

Le soba choko est attaché à la consommation de nouilles de sarrasin. Sa fonction première est celle d’intermédiaire entre le plat et la bouche, de recevoir au passage les nouilles qu’on trempe dans son bouillon pour leur apporter un goût. 

Cette particularité explique peut-être que cet objet ne se trouve pas obligatoirement dans tous les magasins de vaisselle. Cette rareté apparente est contredite lorsqu’on découvre des livres qui recensent un millier de pièces historiques, classées selon la thématique de leurs décors. Si ces objets n’apparaissent pas dans les chefs-d’œuvre de la porcelaine, s’ils sont par essence populaires, leur valeur tient à l’effet de collection qu’ils produisent.

La simplicité du soba choko et l’uniformité de ses dimensions et de son profil, associées à la diversité de ses motifs, incite à le considérer comme un support. Autrement dit, la singularité d’une pièce soba choko tient à la rencontre d’une norme volumique et d’une digression décorative, picturale et langagière, ou, plus encore, à l’unité foncière d’un objet qui se désigne comme « dessin au bleu de cobalt sur porcelaine blanche tronconique ».

Le projet artistique expérimental Digital Soba Choko en cours d’élaboration associe des artistes et des chercheuses et chercheurs de plusieurs disciplines ainsi que des partenaires universitaires, industriels et muséographes.

Le propos est de mettre au point des procédés numériques automatiques capables d’une part de fabriquer des gobelets de céramique et d’autre part d’en peindre les motifs tout en contribuant à prolonger la diversité des objets appartenant à la famille du soba choko. Il s’agit de prolonger une mise en œuvre de dimension gestuelle, corporelle et mentale et aussi d’inventer d’autres méthodes de fabrication de variantes originales conformes au soba choko. Ainsi serait expérimenté l’aspect performatif de la fabrication d’un objet attaché à une circonstance particulière et à une personne pouvant se reconnaître comme l’auteur.

Le projet doit conduire à des workshops, à des exposés pédagogiques et culturels, à des publications. Il doit principalement aboutir à une exposition qui réunirait des soba choko de collection anciens ou contemporains et les pièces résultantes de l’opération Digital Soba Choko.


PROGRAMME (1er mars 2019, susceptible de modifications)

A. Étude

A1. Description typologique du soba choko. Caractéristiques formelles. Histoire des fonctions et des fabrications. Notion de série. Variabilité. Collections, inventaires. 

A2. Considération du genre gobelet dans toute son étendue. Caractéristiques, proximités avec le soba choko. Inventaires et taxinomie. Notion d’Atlas du gobelet.

A3. Établissement de bases de données descriptives et prospectives du gobelet, dont le soba choko. Données et métadonnées, répertoires actifs, investigations, récits.

B. Fabrication

B1. Produire des soba choko avec diverses méthodes propres à la céramique. Produire des soba choko avec des imprimantes 3D céramique pour en explorer la variabilité. Expérimenter une variabilité très accentuée par des procédés génératifs ayant des référents tout autres, scientifiques, ethnographiques, historiques.

B2. Produire des soba choko de porcelaine blanche portant des motifs au bleu de cobalt, dessins, signes, caractères avec des robots spécialement mis au point, effectuant des tracés au pinceau. Expérimenter les effets et résultats. Introduire des motifs générés à partir de bases de données issues des collections propres au soba choko, empruntées dans d’autres registres et dessinées. Modélisation de captures de la main mais aussi d’autres fonctions gestuelles, y compris vibrations corporelles et ondes cérébrales. Modélisation de la touche et du savoir faire. Mise en perspective et mise en valeur de l’intelligence créative humaine par l’intelligence artificielle.

B3. Produire des soba choko dont la matière, l’aspect, la texture, sont l’expression effective du procédé de fabrication.

C. Valorisation

C1. Concevoir et organiser une exposition, ou plusieurs versions d’une exposition, propre à montrer et démontrer les divers chapitres de la recherche. Associer des contributions complémentaires ouvertes. Publier des analyses, des inventaires et des compte-rendus d’expériences.

C2. Programmer les dimensions didactiques du projet artistique expérimental relatives à chacun des points et chapitres. Discussions, appels à contributions, journées d’étude pluridisciplinaires, apprentissages, ateliers.

C3. Mettre en place des participations effectives mettant en œuvre les procédés et dispositifs développés, à destination de certains acteurs et publics.