Vendre (Ch 212)

Samedi 24 janvier 2026, 17h, boulevard Beaumarchais, paris, 11e. Voilà presque vingt ans que des serre-livres hésitaient entre un placard, un carton, le rebord de la fenêtre. Sans raison – ils venaient de ses parents –, ils ont été offerts à l’occasion d’une soutenance de thèse qui parlait du «  virtuel dans la peinture de fleurs et oiseaux sous les dynasties Song. » Internet est désormais capable de les identifier et d’indiquer une valeur : « Estimation 50 € / Émaux de Louvière – Belgique – XXe siècle / Porcelaine émaillée à décor de jeunes femmes agenouillées / Signés / Haut. : 16 cm – Long. : 11 cm – Prof. : 10 cm. » Trois kilomètres dans un sac, puis dans les mains durant un kilomètre aller et retour sur la brocante des boulevards Beaumarchais et Filles du Calvaire. Les jeunes femmes se sont exposées plus d’une heure sur un stand, rien. Plus loin, ça a été : « Combien vous en voulez ? — Vingt — Alors quinze. »

Renaître (Ch. 80)



Dimanche 19 mai 2019, 19h, 93bis. Un dimanche au début de l’après-midi, une pluie serrée met fin au marché aux puces du cours de Vincennes, au pied de la colonne Saint-Louis. « Combien le radiateur ? — 10 euros — 5 — OK ». Le bel objet, un classique des années 50, fabriqué à Orléans, ne fonctionne pas. Facile à démonter, facile à réparer, il montre un simple fil débranché. L’incident a dû se produire tôt. Des années durant, l’appareil a attendu neuf son vide-greniers.

Aider (Ch. 69)


Dimanche 6 mai 2018, 22h, 93bis. Son trajet des Puces de Vanves s’achevait. Il cherchait, sans savoir vraiment quoi, certainement pas de la ficelle. Mais l’image de la pelote de Duchamp qu’il a en tête s’est accrochée à cette pelote ancienne mais intacte. Un euro, ça le décide. À bruit secret, 1916/1964, est un « ready-made aidé », une pelote de ficelle serrée entre deux plaques carrées de laiton jointes par quatre longs boulons et contenant un objet dont on entend la présence quand l’œuvre est secouée.