
Jeudi 21 mai 2026, 18h, Paris. Il a été souvent question ici d’Enzo Mari, pour l’exemple d’une singularité critique irremplaçable. Son calendrier perpétuel, dessiné en 1967, est devenu un objet rituel quotidien en 2015, avec ses qualités : donner une « épaisseur » au temps ; dénoncer le « temps réel ». Le « Jeudi 21 mai » a une particularité : ses quatre lames correspondantes sont jaunies. En mai 2020, pour échapper au confinement, on l’a abandonné pendant une année entière. Le 18 octobre 2020 Enzo Mari donne à la Triennale de Milan l’exposition d’une vie de travail, la dernière selon sa volonté. Le lendemain de l’inauguration, il meurt de la covid.
Catégorie : mémoriser
La réparation (Ch. 12)

Mercredi 28 juillet 2010, 23h30. Sur le bureau depuis plus de quatre ans, il vient de la boutique d’antiquités de la Petite Pagode de l’Oie sauvage de Xi’an (en Chine). Un pot de porcelaine ainsi cassé et réparé, avec ses agrafes de fer et ses cicatrices bien visibles, c’est ce qu’il fallait pour permettre de croire, non pas tant à une authenticité forcément opaque, mais tout simplement à une longue vie intéressante. Remarque : moins fade et convenu que le kintsugi japonais.