2024 (digital) Soba Choko Le Signe

TEXTE DU LIVRET DE COMMUNICATION
Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont

(digital) Soba Choko
Exposition présentée du 13 décembre 2023 au 14 avril 2024.

Commissariat : Jean-Louis Boissier
Scénographie : Béatrice Selleron
Recherches et documentation : Liliane Terrier, avec au Japon : Fanny Terno, Thomas Vauthier
Co-production : Association de recherches artistiques Transports, Communauté de communes Terres du Haut Berry, Centre céramique contemporaine La Borne et Association céramique La Borne, avec le concours de EUR ArTeC et de l’Université des arts de Nagoya, Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont

Avec des pièces de : Xin Ye, invité d’honneur, Sara Ouhaddou, Takehisa Mashimo, Hajime Takeuchi, sur projet, et Carmen Albenda, Laurence André, Cécile Bicler, Laurence Blasco-Mauriaucourt, Étienne Boissier, Marie Delafosse, Marie Drouot, Marie-Anne Dudouit, Fabrique de poteries de Cliousclat, Claire Linard, Maya Micenmacher, Mari Minato, Moe, Camila Oliveira Fairclough, Christine Pedley, Anne Reverdy, Emilie Vanhaecke, Florence Wang, Yué Wu

Workshops du Centre céramique contemporaine La Borne, par Claire Linard et Anne Reverdy
Workshops de l’École supérieure d’art et de design TALM – Le Mans, par Félix Agid, Olivier Chouteau, lanis Lallemand et Natsuko Uchino
Workshop de l’École supérieure d’art et de design Orléans, par Olivier Bouton, Virginie Péchard et Caroline Zahnd
Workshop de l’Université des arts de Tokyo, par Ido Ferber
Workshops de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, par Nabil Ben Ameur, Alexandre Brugnoni et Béatrice Selleron

Gobelet traditionnel japonais très ancien, le soba choko est remarquable par ses proportions particulièrement stables. Cet objet céramique populaire porte, du fait même de sa permanence, une grande diversité de matières, de textures, de motifs, de signes mais aussi d’usage, donnant corps au projet de recherche (digital) soba choko initié depuis plusieurs années par Jean-Louis Boissier.

L’exposition présentée au Signe montre des expérimentations pluridisciplinaires qui prennent cet objet comme étude de cas de toutes les significations du digital.

Exposée dans sa première version en 2022 au Centre céramique contemporaine La Borne, (digital) Soba Choko est une recherche artistique qui s’est développée autour d’un gobelet qui existe depuis plus de 300 ans au Japon: le soba choko (soba comme sarrasin et choko comme bouche et récipient). S’il sert d’intermédiaire pour tremper les nouilles, du plat à la bouche, il est ouvert à toutes sortes d’usages.

Comme céramique, il a exalté à La Borne son origine d’artisanat populaire, à l’image du mouvement Mingei japonais. Au Signe, il se montre comme support de motifs, ouvert à la création graphique relationnelle, et il rejoint la vaste famille du gobelet, ce simple objet qui est un repère historique universel des situations sociales et culturelles. L’idée se poursuit d’explorer concrètement toutes les façons dont cet objet relève du digital. Le mot anglais pour numérique retrouve les doigts sur lesquels on compte et les mains habiles sur lesquelles on peut compter. Le digital de l’informatique, en dépit d’une ambivalence qui apporte autant de solutions que de problèmes, ne s’oppose pas à celui du manuel. Une même nature sensible, productive et signifiante habite le savoir de la poterie, la révolution du tour comme la température du four, et aujourd’hui les imprimantes à la terre et les pinceaux robotisés.

La surface d’un tronc de cône est capable de se mettre à plat. Cette permanence géométrique est sans doute ce qui a fait du soba choko une page dédiée aux motifs, des paysages vivants aux symboles abstraits. Si, au Japon, on découvre l’existence du soba choko dans les librairies autant que dans les magasins de vaisselle, c’est que son incitation à être collectionné conduit à des encyclopédies. Le soba choko se produit aujourd’hui sur internet, pour être vendu et acheté, mais surtout pour exposer sa formidable diversité et la passion de ses collectionneurs.

Dans l’exposition, un mur de casiers présente plus de 200 soba choko anciens, traditionnels, populaires et très contemporains, tandis que huit tables circulaires rendent compte d’autant de gobelets de type soba choko spécialement créés par des artistes et céramistes et lors d’ateliers en écoles d’art. Une installation de réalité augmentée propose de faire #monchoko et un atelier invite à réaliser #mongobelet avec un robot dessinateur. Annoncée par une vitrine exceptionnelle de gobelets archéologiques, l’interrogation du devenir gobelet du soba choko, ou comment le gobelet planétaire pourrait corriger ses défauts, est portée par une longue série : « Atlas du gobelet ».

Le commissaire de l’exposition, Jean-Louis Boissier, s’est attaché depuis plusieurs années à rassembler une équipe pour une interprétation pluridisciplinaire et comparative de l’objet japonais soba choko, pour faire en sorte que l’exposition elle-même soit une œuvre collective.

NOTICE

Vendredi 15 décembre 2023, 17h, Centre national du graphisme, Le Signe, Chaumont, Haute-Marne. (digital) Soba Choko, montée au Centre Céramique contemporaine La Borne il y a un an, conserve ici ses 6 casiers avec 216 céramiques soba choko et gobelets. L’exposition complète ses 8 tables de gobelets de type soba choko réalisées pour l’occasion lors de workshops d’écoles d’art et de groupes de céramistes et de peintres, s’adjoint une suite historique d’objets et une projection formant « L’Atlas du gobelet », et encore un robot qui dessine sur des gobelets, une vitrine archéologique, des livres. Le gobelet japonais montre en quoi il a, depuis quelque 300 ans, généré et porté une encyclopédie, un très vaste album de motifs graphiques.
En gros plan : l’expérience imaginée dès 2013, au vu du soba choko de l’atelier Keizan, Arita, décoré de volutes à zig zag, d’une fabrication robotisée par branchement sur le corps. Le gobelet de carton est au pinceau à la main, le dernier, en porcelaine au bleu de cobalt, à la machine conçue par Alexandre Brugnoni à Nancy, présente dans l’exposition.