L’atelier de porcelaine Dainichi

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Jeudi 26 septembre, 15h — 16h. Préfecture de Saga, au sud d’Arita, l’atelier de porcelaine Dainichi. Un des rares, le seul peut-être des ateliers de porcelaine de cette région, qui en compte énormément, à avoir attiré l’attention des tenants de l’« esprit Mingei », mouvement lancé par Soetsu Yanagi (1889-1961) et d’autres dans les années trente, pour reconnaître, étudier et promouvoir un artisanat d’art populaire et de qualité (en particulier les tasses « soba choko »). Voir : « Mingeikan » (musée à Tokyo), http://jlggb.net/blog2/?p=4040; « Sori Yanagi », http://jlggb.net/blog2/?p=4193. Nous sommes très bien reçus par une dame qui dirige la fabrique et crée les motifs, son fils qui s’occupe de la fabrication, de la cuisson, sa fille qui peint la vaisselle, pour l’essentiel selon le style traditionnel bleu sur fond blanc. Trois personnes seulement semble-t-il, c’est une toute petite entreprise.

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Kubo Ayaha, Kubo Toshie, Kubo Hiroshi, fragments d’instantanés pris au cours de la visite.
Site de la fabrique : http://dainichigama.com/index.html

Figure du paysage japonais

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Jeudi 26 septembre, 14h, île de Kyushu, préfecture de Nagasaki, bourg d’Hasami. La montagne est préservée, elle est couverte d’une forêt intouchable. Les vallées et les plaines sont d’autant plus plates qu’elles ont été façonnées par les rizières. On dira que cette figure est universelle au Japon. Le riz est sur le point d’être récolté.

Kurumi, 1-1-9, Saga, Koto-ku, Tokyo

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Mercredi 25 septembre, 10h, Tokyo. Au moment de quitter la résidence Kurumi où j’ai loué une chambre-studio pour quatre jours, des images qui documentent le lieu. On voit le « manager » — qui semble être la seule personne de l’établissement —, M. Yasuo Sasano, dans son bureau du 4e niveau, avec un œil sur la porte et l’autre sur Internet, quand il ne contemple pas la rivière : http://www.kurumi-mansion.com/index_eng.html. C’est un hôtel que je recommande parce qu’il est très peu cher, modeste, paradoxalement bien placé à la frontière des quartiers commerçants et chics de la gare et de Ginza et de quartiers plus traditionnels et calmes. Un peu loin des métros mais bien desservi, avec le choix de cinq stations à 10 minutes et des ponts métalliques historiques et impressionnants à traverser. Un câble RJ45 de 5 mètres est prêté, mais il faut apporter son savon.

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Dans l’est de Tokyo, au bord de la rivière Sumida, le site de la résidence Kurumi — l’immeuble bleu à gauche —, avec le pont Eitai-bashi.

Retour au café Kaiseiken

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kaiseiken 2013 plan
Mardi 24 septembre 2013, 13h30, Tokyo. Dans ce quartier Ningyocho (un peu à l’écart, qui a une unité particulière, ce dont témoigne le plan posé au carrefour), j’avais découvert fortuitement le café Kaiseiken le 4 juillet 2011, qui a ses habitués venus lire le journal (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=7983). Puis j’ai trouvé qu’il avait une histoire, qu’il avait été le rendez-vous favori de l’écrivaine Kuniko Mukoda (1929-1981), qu’on pouvait le « visiter virtuellement » grâce à un panorama photographique d’un réalisme très spectaculaire : http://panolooks360.net/miyamoto_facebook/kaiseiken/k.html. Que son actuel patron, Eisuke, était de la quatrième génération après le fondateur Akira Sato (http://www.ningyocho.or.jp/contents/information.php?id=19). Et qu’il était agréable d’y revenir pour constater qu’il a très peu changé — la tapisserie reproduisant des briques est nouvelle.

La nature tenue en respect

tokyo building saga
kiyosumi garden
Mardi 24 septembre 2013, 11h30 — 12h15, Tokyo, arrondissement Koto, à l’est de la gare centrale et de la rivière Sumida. Le bâtiment appartient au Yomiuri shimbun (読売新聞), journal conservateur, dont il est dit que c’est le quotidien le plus vendu au monde — et aussi que, dans les années 50, il fit campagne pour l’énergie nucléaire au Japon, à l’appui de la CIA. Non loin de là, le parc Kiyosumi fut construit par le fondateur de l’entreprise Mitsubishi — qui deviendra l’un des complexes militaro-industriels du Japon — et inauguré en 1880. Il fut endommagé par le séisme et l’incendie de Tokyo de 1923 puis donné à la ville et ouvert au public en 1932. « La société japonaise a devant la nature un comportement contrasté. D’un côté, elle tend à l’ignorer, de l’autre, elle en fait sa valeur suprême. » : ceci est la première phrase de la quatrième de couverture du livre d’Augustin Berque Le sauvage et l’artifice. Les Japonais devant la nature (Gallimard, 1986). Il semble que la mégalopole la plus bétonnée ait cherché, depuis les années 80, à redonner une place à la nature, au sens ordinaire des arbres et des espaces verts. La culture japonaise voit la nature partout, dans sa relation à toute chose, et ne conçoit pas une opposition entre ville et nature, en termes de domination ou de soumission. Si elle fait de la nature une référence morale et esthétique, elle peut aussi bien respecter la nature que la tenir en respect. Sur ces exemples, on voit que la « nature » sert à représenter la nature avec un artifice ostensible. On pourrait s’amuser à appliquer à la ville ce que dit Rousseau, dans l’Émile, de « l’homme social » : « il faut employer beaucoup d’art pour empêcher l’homme social d’être tout à fait artificiel ».

Panorama de la Sumida-gawa

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Mardi 24 septembre 2013, 11h40, Tokyo. On n’a pas vu Tokyo tant qu’on n’a pas vu ses rivières et ses ponts : la rivière Sumida (Sumidagawa 隅田川) vue en direction du sud. L’immeuble imposant (écrasant) est le siège du journal Yomiuri shimbun dont il est question plus haut.