Recto verso (8 mars)



Mardi 8 mars 2011, 14h45. Elle est étudiante en master de design des médias, elle est russe et elle fait partie du workshop de Dominique C. à la HEAD-Genève sur le récit interactif et les écrans mobiles. On peut admirer la maille de son pull-over (ou de son chandail, comme disait Godard).

Des rues nommées Rousseau



Mardi 8 mars 2011, midi. Nouveau repérage dans le quartier Saint-Jean de Genève, des rues nommées à partir de Rousseau : Rue des Confessions; Sentier du Promeneur solitaire; Rue du Contrat social, Avenue de Devin du village; Rue du Vicaire savoyard, Rue d’Ermenonville; avenue de Warens; Rond-point Jean-Jacques. Il est question d’un projet de « réalité augmentée » où les plaques-titres joueraient véritablement d’embrayeurs à la lecture des textes dans leurs lieux. Ceci pour le 300e anniversaire de Rousseau, en 2012.

Sous-sol



Dimanche 6 mars 2011, 9h-12h. Quelque part en Savoie, un sous-sol est en train de s’équiper pour une retraite discrète. Une société suédoise implantée dans le monde entier en est le principal fournisseur avec ses classiques, Gorn, Ektorp, et bientôt Billy.

Métissage



Jeudi 3 mars 2011, 8h, hôtel Adriatica, 21 Rue Sautter, Genève. Dans un bâtiments de structure moderne et présentant un ensemble de détails significatifs d’une qualité constructive genevoise, s’est insérée une décoration baroque, colorée et lumineuse qui renvoie à l’Italie.

Gaîté (mélancolie) lyrique

Et si on avait gardé La Planète magique ? On ne pouvait pas faire plus geek. Toujours est-il, c’est un sentiment très étrange que de visiter pour la première fois un lieu que l’on connaît à ce point en imagination depuis bientôt 10 ans, dont on sait pourquoi il est comme ça.




Mardi 1er mars 2011, 18h30-21h30, inauguration de la Gaîté Lyrique, Paris 3e. Performeuse dans l’une des « éclaireuses » imaginées par Manuelle Gautrand (voir : http://jlggb.net/blog/?p=131). Hall de la grande salle éclairé par le groupe londonien UVA. Deuxième service de champagne, vers 21h.

La démocratie (Vie des objets. Ch. 15)


Dimanche 27 février 2011, 16h30, 93bis. C’est, une fois encore, dans la succession des mugs que s’observent les lignes de fuite de la vie des objets. Après les tasses ouvertement traditionnelles, la mug en verre de forme contemporaine de Muji avait tenté de prendre le pouvoir. Mais elle s’est révélée fragile à son tour (voir : http://jlggb.net/blog/?p=3185). Depuis, un changement de format s’est imposé : « le lait n’est si bon que ça à la santé », 50 cl, c’est trop, et remplir sa mug à moitié, c’est triste. La tasse dessinée par Fukasawa pour sa marque de Tokyo, Plus Minus Zero, était une bonne candidate dans la catégorie 30 cl. Mais le camarade du « Super Normal », Jasper Morrison, a inscrit en 2008, dans sa ligne économique pour Alessi, un objet très proche; peut-être un peu moins radicalement minimaliste, un peu moins raffiné, mais nettement moins cher (6 euros contre 25 euros en Europe ou 14 euros au Japon). Plus démocratique ? Mais oui ! Et même politiquement correct. C’est ce que revendiquent le producteur Alberto Alessi, comme le designer. Citations :

« Voilà tout ce dont on a besoin pour préparer une belle table tous les jours. J’ai toujours admiré Jasper Morrison pour la cohérence et la modestie avec lesquelles il joue son rôle de designer. Par exemple, il garde à l’esprit cette vérité essentielle : dans les types traditionnels d’articles ménagers, l’évolution s’est presque toujours faite à travers de petites étapes, des changements infimes de forme ou de fonction. Au cours de l’histoire, ces changements ont été apportés par des générations de créateurs souvent anonymes, pour parvenir aux formes et aux fonctions standards que nous connaissons aujourd’hui. Toujours fidèle à cette conviction (récemment théorisée au cours de l’exposition « Super Normal », conçue conjointement avec son ami Naoto Fukasawa), Jasper est devenu l’un des créateurs les plus appréciés de la scène internationale. Avec les assiettes en porcelaine […] et les verres […] qui s’ajoutent aux couverts […] de 2005, Alessi propose pour la première fois dans son catalogue, une offre complète de service de table accessible en « entrée de gamme ». J’emploie volontiers cette dénomination d’entrée de gamme que j’entends comme un titre de mérite. Effectivement le prix de ces articles ménagers est vraiment limité, mais cela n’induit aucune concession sur la qualité du design. Ce projet est une nouvelle contribution de la marque A di Alessi à la démocratisation du design. Comme le dit Jasper « j’aime l’idée qu’un verre à vin accessible à tous soit légèrement plus formel que les autres. De cette manière, il donne à la table l’aspect cérémoniel d’un vrai repas où l’on ne se contente pas seulement de « manger ». J’ajoute que cette recherche de « normalité » anti-glamour confère paradoxalement à ses créations une aura de simplicité sophistiquée qui illustre bien les ambitions de la marque A di Alessi. »

Jasper Morrison, dans un entretien au Figaro en 2009 :

« Mon principe est : pas de gaspillage. J’utilise donc les bons matériaux pour chaque projet, sans exagérer, en éliminant les problèmes liés au recyclage chaque fois que cela est possible. […] Je ne suis pas convaincu qu’il soit possible ou réaliste de produire des objets totalement écologiques, mais la responsabilité du designer est de ne pas gaspiller nos ressources. Les produits doivent donc être durables, à la fois physiquement et visuellement. […] Concevoir des produits qui dureront longtemps et ne se démoderont pas est sans doute plus important. Car même un objet 100 % écologique (en admettant qu’il existe) nécessite d’être emballé et transporté. Alors, s’il doit être renouvelé parce que intrinsèquement, ou du point de vue de son style, il n’est pas ‘durable’, il posera un problème écologique. »


Sur Jasper Morrison, voir : http://jlggb.net/blog/?p=5517
Sur Super Normal, voir : http://jlggb.net/blog/?p=433


Mug Plus Minus Zero de Naoto Fukasawa, 2007. Voir : http://en.plusminuszero.jp/products/gallery/3