Fabriquer

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Jeudi 23 février 2017, 20h. La Maison rouge, boulevard de la Bastille, exposition L’esprit français. Contre-cultures, 1969-1989. L’affiche est encadrée sous verre avec le cartel « Anonyme, À bas les foyers prisons, 1975, affiche, collection privée ». Elle a connu un passage sur un site documentaire : Vincennes ’70s (voir : http://www.rvdv.net/vincennes/?page_id=1030 et http://www.rvdv.net/vincennes/?page_id=576), avec la légende : « Commission culturelle du Comité de coordination des résidents des foyers » et des notes historiques, dont : « la grève des loyers des foyers Sonacotra, 1974-1979, au cours de laquelle des étudiants et des enseignants, dans les ateliers de sérigraphie et de linogravure du département Arts plastiques de Vincennes, se lancèrent dans l’agit-prop pour populariser les faits et gestes de cette grève qui sera victorieuse, notamment sur les revendications du droit de visite, du droit de réunion, du droit d’association à l’intérieur des foyers. » Les archives de jlggbblog contiennent une photographie où l’affiche est en cours d’impression dans l’atelier de sérigraphie du département Arts plastiques de l’Université de Vincennes. Une suite rétrospective pourrait indiquer le nom de l’auteur de la linogravure (ici) ainsi agrandie et multipliée, le nom de l’imprimeuse, etc.

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chaise pliante 2016
Dimanche 24 juillet 2016, 12h30. Trouvée il y a quelques jours sur le trottoir, devant le 275-277 du boulevard Voltaire, puis cachée quelques heures dans un massif d’arbustes, c’est une petite chaise pliante, pour enfants, probablement de la première moitié du XXe siècle. Comme toutes les chaises, mais peut-être un peu plus, elle porte l’attachement de l’objet meuble, par excellence, à des corps particuliers. Légère — moins de 700 grammes —, composée de 19 pièces de bois naturel un peu rugueux, elle est d’une mécanique particulièrement simple. Une particularité rare : le dossier se rabat pour faire un tabouret plus solide.

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pocher
Lundi 7 juin 2015, 22h, 93bis. Arrivée de Kyoto, d’un magasin de sceaux et de tampons historique du passage commerçant Teramachi, une brosse du genre à pocher, dont la fabrication est ultra lisible (la taille et le prix aussi). La première façon est là : http://jlggb.net/blog5/?p=152

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colored-pencils-2015
Samedi 15 août 2015, 12h, Aix-les-Bains. Conservé dans le tiroir de la table de nuit, apporté de Tokyo en décembre 2007. On sait que les crayons, quand ils jouent leur rôle, disparaissent. Garder des crayons de couleurs, c’est encore autre chose. Les couleurs sont souvent des circonstances mais elles sont aussi des gestes possibles, des intentions. L’illustration de l’étui supplée à l’action. On pourrait comprendre l’anglais, ou plutôt ici l’américain, comme « colorié » et pas de couleurs. Mais c’est possessing color. D’ailleurs, le dictionnaire traduit coloré ou colorié ? par colored or colored ?. Colorful conviendrait. Ce Mitsubishi est-il le même que celui des moteurs et du conglomérat militaro-industriel japonais aujourd’hui mêlé au nucléaire ? Ce sont bien les « trois diamants » mais pour une marque bien différente : ils ont été une très vaste compagnie de bateaux à vapeur mais aussi de cuivre, d’argent, etc. Ça se vérifie, le crayon a partie liée avec les mines. La marque est connue sous le nom d’Uniball, avec notamment les fameux feutres Posca. Cette gamme de 24 couleurs a été créée en 1951 et elle a au Japon, comme ici, un goût d’après guerre.

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Dimanche 10 mai 2015, 18h, 93bis. Un tout petit pot à lait, ou à crème, en porcelaine blanche, 65 mm de haut, 55 mm de diamètre. Parent de tant d’autres mais esseulé. Une identité faite de petits manques. Ressemblance marquante avec la cafetière classique Melitta, par son haut en lignes horizontales. Des Melitta ne furent-elles pas fabriquées à Langenthal ? Le blason « Suisse Langenthal 39 » figure fièrement en dessous, avec le très discret « 794/0 ». Milchkrug d’un certain âge donc puisque l’unique manufacture de porcelaine suisse du XXe siècle a été « délocalisée » en République tchèque. Les cousins anglais : http://jlggb.net/blog2/?p=1918

fuga orrefors coupe
fuga orrefors ticket
Vendredi 5 décembre 2014, 22h, 93bis. Le feuilletage à la librairie du Centre Pompidou d’un livre Taschen consacré au design scandinave a remis un objet à l’esprit de celui qui l’avait acheté, le 17 août 1963, dans une boutique dédiée aux objets « design » du grand magasin Nordiska Kompaniet située au centre de Stockholm dans le parc Kungsträdgården, ici. Ce petit bol (90 mm x 50 mm) en verre rouge de la maison Orrefors, nommé Fuga — noms inscrits sur la base par un relief du verre — est de Sven Palmqvist (1906 — 1984), créateur de renom qui inventa, en 1954, une méthode consistant à centrifuger le verre en fusion à l’intérieur d’un moule. La série de coupes Fuga issue de ce procédé remporta une médaille d’or à la XIe triennale de Milan en 1957. Ce petit bol en verre rouge est resté à proximité de son acquéreur qui, à l’occasion de cette célébration, a retrouvé la facture de chez NK, où l’on peut voir que le prix en était de 5,75 couronnes, accompagné d’une autre coupe, bleue, plus basse, à 4,25 couronnes.

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arrosoir londres aix
Dimanche 28 septembre 2014, 11h, Aix-les-Bains. Il y a maintenant 20 jours, la visite au Jasper Morrison Shop, Kingsland Road à Londres (http://jlggb.net/blog4/?p=1888), a été l’occasion d’adopter cet arrosoir bleu pour ce qu’il est visiblement, sans connaître son origine, qui l’a fabriqué, qui l’a dessiné.

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scissors-nogent-japan-new
Mercredi 19 février 2014, 23h, 93bis. Acheté à Kyoto en septembre 2013, un petit objet labellisé « Good Design » (http://www.g-mark.org/award/describe/38357?token=rLErMeU9ik). Le Good Design Award (http://www.g-mark.org/) est un concours international officiel fondé en 1957 par le Japon pour vanter ses produits. Son président est actuellement Naoto Fukasawa. Le terme « Good Design » peut faire référence à la « Gute Form » définie dans les années 50 par l’architecte, artiste et designer suisse Max Bill. Il a en outre été promu par le designer allemand Dieter Rams, dont le nom est associé à la société Braun dans les années 60 et 70 (http://jlggb.net/blog2/?p=1204). Ces notions sont fréquemment controversées pour leur dogmatisme mais elles sont attachées à des objets reconnus comme classiques pour leur fonctionnalisme, leur pureté formelle, leur qualité de fabrication. Toujours est-il que ces ciseaux à couper les poils du nez sont là parce que d’autres, qui venaient d’un héritage familial, avaient disparus, tombés sous un meuble. Les anciens — de la marque française Nogent — peuvent survivre dans le « super normal »; les nouveaux — Nostril Scissors Green Bell du Japon — jouent sur un ressort qui les fait passer pour « interactifs ».

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pince baguettes
Mardi 12 novembre 2013, 23h50, 93bis. Utilisée hier au Salon de la photo (on sait que la photographie c’est de la saisie, même avec des pincettes), cette pince livrée avec une petite boîte de sushis. L’objet est promu comme « pratique, ludique, réutilisable, jetable, biodégradable ». Il fait partie de la mode des « verrines » pour les cocktails et des plats préparés, dessinés, emballés pour les « urbains à fort pouvoir d’achat », qui ne sont plus des « midinettes ». Renseignement pris, il n’existe pas au Japon, en dépit de son apparence (du bambou). Manger avec des baguettes, c’est une éducation, une pratique, une culture. Entre l’exotisme factice et l’efficacité minimaliste, il y a un monde, de la maladresse triviale à la virtuosité élégante. Ou alors, manger avec les doigts, ce que le monde entier fait de diverses manières, sans savoir que c’est l’objet d’une autre tendance du marketing, finger food.

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demontage-four
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Mercredi 26 décembre 2012, 13h-16h45, 93bis. Il est question de faire des cakes. Mais le cadran de la température du four est cassé. Ce four Siemens, semi-encastrable et multifonction (micro-onde, grill, four classique) pourrait être jeté et remplacé. Mais on ne trouve plus ce modèle, acheté en 1995. Une opération audacieuse va conduire à l’ablation du cadran dont on découvre qu’il est fait sur le principe du cinéma : pellicule perforée, entrainement par une roue à ergots. C’est ce film qui est cassé. On voit qu’un tableau peut remplacer un film.
Épilogue : Au prix d’une intervention minutieuse avec les techniques de réparation des films cassés et d’une nouvelle mobilisation énergique avec divers tournevis, le cadran a retrouvé sa place dans le tableau de bord du four, ce soir à 23h30.

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Dimanche 27 février 2011, 16h30, 93bis. C’est, une fois encore, dans la succession des mugs que s’observent les lignes de fuite de la vie des objets. Après les tasses ouvertement traditionnelles, la mug en verre de forme contemporaine de Muji avait tenté de prendre le pouvoir. Mais elle s’est révélée fragile à son tour (voir : http://jlggb.net/blog/?p=3185). Depuis, un changement de format s’est imposé : « le lait n’est si bon que ça à la santé », 50 cl, c’est trop, et remplir sa mug à moitié, c’est triste. La tasse dessinée par Fukasawa pour sa marque de Tokyo, Plus Minus Zero, était une bonne candidate dans la catégorie 30 cl. Mais le camarade du « Super Normal », Jasper Morrison, a inscrit en 2008, dans sa ligne économique pour Alessi, un objet très proche; peut-être un peu moins radicalement minimaliste, un peu moins raffiné, mais nettement moins cher (6 euros contre 25 euros en Europe ou 14 euros au Japon). Plus démocratique ? Mais oui ! Et même politiquement correct. C’est ce que revendiquent le producteur Alberto Alessi, comme le designer. Citations :

« Voilà tout ce dont on a besoin pour préparer une belle table tous les jours. J’ai toujours admiré Jasper Morrison pour la cohérence et la modestie avec lesquelles il joue son rôle de designer. Par exemple, il garde à l’esprit cette vérité essentielle : dans les types traditionnels d’articles ménagers, l’évolution s’est presque toujours faite à travers de petites étapes, des changements infimes de forme ou de fonction. Au cours de l’histoire, ces changements ont été apportés par des générations de créateurs souvent anonymes, pour parvenir aux formes et aux fonctions standards que nous connaissons aujourd’hui. Toujours fidèle à cette conviction (récemment théorisée au cours de l’exposition « Super Normal », conçue conjointement avec son ami Naoto Fukasawa), Jasper est devenu l’un des créateurs les plus appréciés de la scène internationale. Avec les assiettes en porcelaine […] et les verres […] qui s’ajoutent aux couverts […] de 2005, Alessi propose pour la première fois dans son catalogue, une offre complète de service de table accessible en « entrée de gamme ». J’emploie volontiers cette dénomination d’entrée de gamme que j’entends comme un titre de mérite. Effectivement le prix de ces articles ménagers est vraiment limité, mais cela n’induit aucune concession sur la qualité du design. Ce projet est une nouvelle contribution de la marque A di Alessi à la démocratisation du design. Comme le dit Jasper « j’aime l’idée qu’un verre à vin accessible à tous soit légèrement plus formel que les autres. De cette manière, il donne à la table l’aspect cérémoniel d’un vrai repas où l’on ne se contente pas seulement de « manger ». J’ajoute que cette recherche de « normalité » anti-glamour confère paradoxalement à ses créations une aura de simplicité sophistiquée qui illustre bien les ambitions de la marque A di Alessi. »

Jasper Morrison, dans un entretien au Figaro en 2009 :

« Mon principe est : pas de gaspillage. J’utilise donc les bons matériaux pour chaque projet, sans exagérer, en éliminant les problèmes liés au recyclage chaque fois que cela est possible. […] Je ne suis pas convaincu qu’il soit possible ou réaliste de produire des objets totalement écologiques, mais la responsabilité du designer est de ne pas gaspiller nos ressources. Les produits doivent donc être durables, à la fois physiquement et visuellement. […] Concevoir des produits qui dureront longtemps et ne se démoderont pas est sans doute plus important. Car même un objet 100 % écologique (en admettant qu’il existe) nécessite d’être emballé et transporté. Alors, s’il doit être renouvelé parce que intrinsèquement, ou du point de vue de son style, il n’est pas ‘durable’, il posera un problème écologique. »


Sur Jasper Morrison, voir : http://jlggb.net/blog/?p=5517
Sur Super Normal, voir : http://jlggb.net/blog/?p=433


Mug Plus Minus Zero de Naoto Fukasawa, 2007. Voir : http://en.plusminuszero.jp/products/gallery/3

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Dimanche 30 mai 2010, 22h, 93bis. Dans le chapitre 9, deux pots à crème anglais étaient entrés en scène pour affirmer l’ancienneté (et la permanence ?) du « Super Normal ». Dès le 1er chapitre (4 sept. 2008), un pot (mug) en verre, fabriqué en Chine, avait signifié, sans le dire trop fort, que la vie des objets avait basculé dans le XXIe siècle. On doit se rendre à l’évidence, le « pitcher » (c’est le mot qui nous manquait, qui attaque par surprise; c’est ce qui est inscrit sur l’étiquette Muji : Heatproof Glass Milk Pitcher, Made in China, 125 Ml) rejette dans le XXe siècle, et même avant, le très beau « creamer » de Johnson Bros, par son minimalisme, l’évidence de sa forme et de son matériau, la justesse de ses dimensions. Et aussi sa modernité « globale » et « durable » : fabriqué en grande série, il porte malgré tout des signes du « fait main »; en verre modeste, il se confond dans la cohorte des recyclables.

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Mercredi 21 avril 2010, 93bis. Deux petits pots à crème en faïence anglaise. Rose : h : 65 mm, d : 58 mm. Jaune : h : 80 mm, d : 65 mm. On remarque que la hauteur du petit est égale au diamètre du plus grand.

Le hasard des déplacements les a fait se retrouver. On dira creamers : l’un et l’autre « Made in England » par Johnson Bros. Le petit rose (marqué 1/8) a été acheté en Angleterre il y a plus de 20 ans, avec une grosse théière ronde. Le jaune (Goldendawn) vient des puces, il y a quelques années. Ils ont tout de frères ou de sœurs. Dessin d’une perfection rare, ils pourraient s’identifier au « Super Normal » de Morrison et Fukasawa (voir 10 juillet 2008). Appartenance de classe : le peuple. Et pourtant Google les ignore.


Mini Creamer in the Goldendawn pattern by Johnson Brothers

Le nom Johnson Bros est une piste mais ne renvoie que des individus plus sophistiqués, décorés et nobles. Par exemple, l’agence américaine replacements.com, qui compte pourtant plus de 300 000 références avec 861 modèles de creamers Johnson Bros, ne donne rien : ces pots sans nom ne méritent pas d’être remplacés ? Où sont les autres ? L’avis de recherche est lancé. Un nouveau chapitre de la lutte entre identité et singularité vient de s’ouvrir.

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tasse-de-xianDimanche 13 décembre 2009, 9h. On en était là : les mugs Muji s’imposaient, malgré une défaillance (voir jlggbblog 1, « La maladie, 21 mai 2009). La remise en cause est venue d’une circonstance extérieure. Une soirée trop occupée, ou bien la fatigue : le lave-vaisselle n’a pas été lancé. Le matin, une candidate s’est présentée. Retour quelques semaines plus tôt, le 21 octobre 2009 avant midi, dans le bureau du directeur des études de l’Académie des Beaux-Arts de Xi’an. H.D. a passé plusieurs années à Paris. On est familier avec lui. Sa tasse à couvercle, où il tient toujours un thé chaud, a un air de parenté avec la défunte Spode. C’est que les chinoiseries sont retournées en Chine. Pas seulement pour la récente délocalisation de la fabrication de la Spode (voir jlggbblog 1, « La jalousie », 4 septembre 2008), mais il y a plus d’un siècle, par un métissage Orient-Occident des formes et des motifs. La tasse qui est là, de fabrication récente, à une forme cylindrique à grosses cannelures, une anse baroque et ergonomique, un motif « chinois » simplifié et géométrisé, mais elle évoque l’Angleterre, ou l’Autriche, ou la Turquie, aussi bien l’Impératrice Tseu-hi que la Reine Victoria. Elle incarne une idée de La Chine qui a prospéré ailleurs. Elle est en porcelaine épaisse mais amincie au bord, pas en faïence comme la mug Spode mais avec très exactement les mêmes dimensions. Robuste, un peu vulgaire, mais elle a du caractère et de l’élégance. En oubliant son chapeau, elle a fait une très bonne candidate mug, version retour à la tradition. Elle est partie pour Paris.

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Dans le bureau de H.D. à Xi’an, le 21 octobre 2009, un peu avant midi.

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Pour celles et ceux qui voudraient la même : la marque de la tasse à couvercle chinoise, 冠福股份, Guangfu.
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La fabrique est dans le Fujian : Fujian Guanfu Modern Co., Ltd.

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À Rosny-sous-Bois, rue Newton, 9e étage, É. a assemblé cet objet dont on a compris (dont il a dit — il parlait à peine) que c’était un gâteau d’anniversaire. Il devait avoir deux ou trois ans. L’œuvre est fragile mais elle a constamment été exposée depuis, sur diverses étagères. L’éponge (pour ardoise d’enfant) s’est légèrement rétrécie, elle a bruni, elle a perdu de sa souplesse. Les épingles sont toujours restée à leur place d’origine, elles ont un peu rouillé. Photographie du lundi 18 mai 2009 à 13h30.

Remarques : on pourrait encore chercher à savoir de cet objet si l’acupuncture lui fait du bien et si on ne l’accuse pas de pratiquer l’envoûtement.

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