La conjuration

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Samedi 22 août 2015, 13h, station de métro Bastille. La conjuration de la signalétique a frappé Rousseau dans ce qui reste de la fresque réalisée par un céramiste carreleur et les deux artistes Liliane Bélembert et Odile Jacquot pour le 22e anniversaire de la Révolution. On avait repéré un épisode de « la cabale » [http://jlggb.net/blog2/?p=7092]. Cette suite fait référence au 4 septembre 1762, quand Jean-Jacques Rousseau écrit dans une lettre : « Je n’aurais jamais cru qu’un pauvre infirme sans asile et sans pain pût faire l’objet d’une conjuration si terrible. » C.C. XIII, 9, cité dans Jean-Jacques Rousseau : de l’éros coupable à l’éros glorieux de Pierre-Paul Clément, Neuchâtel, 1976.

Le possible (Vie des objets. Ch. 40)

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Samedi 15 août 2015, 12h, Aix-les-Bains. Conservé dans le tiroir de la table de nuit, apporté de Tokyo en décembre 2007. On sait que les crayons, quand ils jouent leur rôle, disparaissent. Garder des crayons de couleurs, c’est encore autre chose. Les couleurs sont souvent des circonstances mais elles sont aussi des gestes possibles, des intentions. L’illustration de l’étui supplée à l’action. On pourrait comprendre l’anglais, ou plutôt ici l’américain, comme « colorié » et pas de couleurs. Mais c’est possessing color. D’ailleurs, le dictionnaire traduit coloré ou colorié ? par colored or colored ?. Colorful conviendrait. Ce Mitsubishi est-il le même que celui des moteurs et du conglomérat militaro-industriel japonais aujourd’hui mêlé au nucléaire ? Ce sont bien les « trois diamants » mais pour une marque bien différente : ils ont été une très vaste compagnie de bateaux à vapeur mais aussi de cuivre, d’argent, etc. Ça se vérifie, le crayon a partie liée avec les mines. La marque est connue sous le nom d’Uniball, avec notamment les fameux feutres Posca. Cette gamme de 24 couleurs a été créée en 1951 et elle a au Japon, comme ici, un goût d’après guerre.

La différence (Vie des objets. Ch. 37)

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Dimanche 12 juillet 2015, 20h, 93bis. Réminiscence du 24 septembre 2011, « La tradition ». À la boulangerie voisine, boulevard Voltaire, cette fois : « Une tradition, coupée en deux, s’il vous plaît. » Le « s’il vous plaît » est là d’abord pour le « coupée en deux ». Entre la nostalgie et l’autocritique des années ’70s vincennoises, il reste la déclaration formelle : « Un se divise en deux ». Faire apparaître la contradiction n’est pas toujours utile. Ici, on gagne en différences.