Kassel

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Mercredi 15 août 2012, 14h. Kassel, bâtiment de l’assurance santé AOK, à l’angle sud-est de la place Friedrichsplatz, Three to One, installation sonore pour la Documenta IX, 1992 de Max Neuhaus, devenue permanente. Ce vingtième anniversaire coïncide avec celui de notre première visite de la Documenta. Cet exemple a été cité récemment à propos des propriétés des escaliers : http://jlggb.net/blog3/?p=3284. Le texte ci-dessous est adapté de la notice multilingue qui figure à l’entrée :

L’escalier relie trois grand espaces vitrés. Chacun a sa propre tonalité sonore. Ces trois ambiances sonores se mêlent à leur manière au sons venant de l’extérieur. Quand on monte pour la première fois l’escalier, on perçoit leurs spécificités subtiles. Lorsque l’on redescend, la mémoire auditive tend à confondre cette distinction.

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Mercredi 15 août 2012, 13h20, Kassel, Documenta (13), Ottoneum. Toril Johannessen (née en Norvège en 1978), Extraordinary Popular Delusions, 2012. La pièce comporte une très grande lanterne magique explicitement reliée à un baril de pétrole. L’image projetée par la flamme représente un beau soleil et met cependant en évidence la dépense matérielle d’énergie qu’il faut engager pour produire une image.

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Mercredi 15 août 2012, 10h30-12h, Kassel, Documenta (13), ancienne gare centrale. Janet Cardiff (1957 Canada) et George Bures Miller (1960 Canada), avec Alter Bahnhof Video Walk, 2012, mobilisent les spectateurs en les invitant à mettre leurs pas dans les leurs, en les guidant par les images et les sons contenus dans les iPods qui leur sont confiés. La performance permet en outre d’observer l’état de la mode vestimentaire chez les estivants cultivés et aptes à s’exhiber pour la célébration de l’art contemporain.


Alter Bahnhof Video Walk, vidéo de présentation par les auteurs (6 mn).

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Mardi 14 août 2012, 19h53, Kassel, Documenta (13), Fridericianum. Dans la rotonde qui sert d’introduction à toute la Documenta (13), Man Ray, Object to be Destroyed/Object of Destruction/Indestructible Object, original disparu de 1923, édition de 1965. L’œil est celui de Lee Miller.

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Mardi 14 août 2012, 19h45, Kassel, Documenta (13), Fridericianum, Giuseppe Penone, Essere fiume, 1998. Dans la rotonde qui sert d’introduction à toute la Documenta (13), une pierre provenant d’une rivière et sa copie en marbre de Carrare.

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Mardi 14 août 2012, 18h, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, la petite maison abritant les peintures abstraites de Doug Ashford (1958, enseignant, artiste et écrivain vivant à New York) qui s’associent à des photos montrant des personnes en état de détresse.

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Mardi 14 août 2012, 17h30, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, installation de Shinro Ohtake (1955 Tokyo), Mon Cheri, A Self-Portrait as a Scrapbook Shed, 2012. Le texte du Guidebook dit « L’installation reflète les conditions de l’humanité au 21e siècle, rendant visible les dérives et l’insécurité qui façonnent notre monde matériel et la constante négociation entre nos espoirs pour le futur et les compromis qu’exige la réalité. » (p. 284). On note la famille venue avec de belles bicyclettes et de beaux vêtements, le père équipé d’un iPad pour prendre des notes visuelles, la mère lisant le catalogue, le fils attentif dans son T-shirt « Gute Kondition », la fille soucieuse de son body.

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Mardi 14 août 2012, 17h, Documenta (13), Kassel, parc Karlsaue, Pierre Huyghe (1962, Paris, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Untilled, 2012. Le titre « inculte » donne une première indication. Pierre Huyghe parle de « compost » et d’une prise de distance d’avec le modèle de l’exposition et de ses spectateurs, au profit d’une « forme biologique de la création » dont on escompterait des « témoins » (Beaux-Arts Magazine, juillet 2012, entretien avec Stéphanie Moisdon, p. 79). Ce n’est pas vraiment le stéréotype de la friche mis aujourd’hui à toutes les sauces. La proposition se présente comme un vaste terrain chaotique mais comportant des sentiers, avec des tas (pour ma part je vois les tas comme appartenant à l’esthétique ou à la logique chinoises), des matériaux, des vestiges, des arbres abattus, des flaques de boue, beaucoup de fleurs sauvages, une sculpture de femme nue allongée dont la tête est masquée par une ruche en activité, un chien — peut-être un lévrier — dont la patte avant droite est teinte en rose fluorescent, un bassin d’eau croupissante, etc. On peut voir l’endroit — c’est certainement le cas — comme un espace destiné au stockage pour l’entretien du parc. J’avais noté un tel espace en le nommant « zone intermédiaire » le 16 juin dernier, près de la rue d’Aubervilliers, dans le 18e (et d’ailleurs on l’aperçoit du train qui nous ramène de Kassel vers la gare de l’Est). Œuvre intéressante, tout comme le discours qui l’accompagne, typique d’une certaine génération d’artistes français, et quand même agaçant. Exemple, un paragraphe sommairement traduit par moi du statement de Pierre Huyghe dans The Guidebook de Documenta (13), p. 262 :

L’ensemble des opérations qui se produisent entre les éléments n’a pas de script. Il y a des antagonismes, des associations, de l’hospitalité et de l’hostilité, de la corruption, de la séparation et de la dégénérescence, de l’effondrement, mais sans rencontres. Il y a des circonstances et des écarts qui permettent l’émergence de complexités. Il y a des rythmes, des automatismes et des accidents, des transformations invisibles et continues, le mouvement et les processus, mais pas de chorégraphie, de sonorités et de résonances, mais pas de polyphonie. Il y a des répétitions, des réactions chimiques, des reproductions, des formations et la vitalité, mais l’existence d’un système est incertaine. Les rôles ne sont pas distribués, il n’existe aucune organisation, aucune représentation, aucune exposition. Il y a des règles, mais pas une politique.

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Mardi 14 août 2012, 12h30, Neue Galerie, Kassel. Présence et virtuosité surprenantes d’une scène que l’on prendra comme document ou comme fiction et au moins comme une vision allemande de l’Italie : Johann Erdmann Hummel (Kassel 1769 – Berlin 1852), Junge Leute beim Schaukeln in einem Garten bei Neapel (Jeunes personnes sur une balançoire dans un jardin près de Naples), 1823.

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Mardi 14 août 2012, 12h30, Neue Galerie, Kassel. Au détour d’une salle, dans les collections du musée qui accueille aussi des œuvres de la Documenta, un magnifique Courbet, Prairies près d’Ornans, 1862. Ce qui nous fascine est cette façon qu’a la peinture de Courbet de dégager, sous le vert, l’ossature calcaire de la montagne et la façon dont elle va vers les ombres noires. On a dit que c’était la version la plus puissante de son autoportrait, pas seulement parce qu’il s’agit de sa région, pour la conjonction du géologique, du morphologique et du psychologique. J’en témoigne, j’ai toujours ressenti les falaises calcaires de mon enfance — le Vercors, le Royans — comme des révélations des origines du monde.

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