Hollande

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Mercredi 16 mai 2012, 14h30, Institut Curie, rue d’Ulm, Paris 5e. Ici, hier, le jour même de son investiture, en déposant une gerbe de roses blanches devant la statue de Marie et Pierre Curie, le président Hollande a fait un geste qui nous venge. Je m’explique. Dans Libération du 27 avril 2012, Mathieu Lindon écrivait : « Certes, Nicolas Sarkozy a l’expérience de la fonction présidentielle, mais nous aussi, on a l’expérience de Nicolas Sarkozy président, et ça n’en a pas été une bonne. À l’intérieur de « la France qui souffre », il y a une France d’envergure, celle qui souffre de Nicolas Sarkozy. » Lisant cela, j’ai pensé : une fois au moins, j’ai eu à souffrir directement du président Sarkozy. C’était en découvrant le discours insultant et d’une vulgarité de ton inouïe où il s’en prenait aux chercheurs et universitaires, au Palais de l’Élysée, le 22 janvier 2009, à l’occasion du lancement d’une « réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation ». Ce discours resta celui de : « Y’a de la lumière, c’est chauffé ». La vidéo est encore en ligne : minute 15.

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Dimanche 29 avril 2012, 16h06, Palais omnisports de Paris-Bercy, meeting de François Hollande pour les élections présidentielles. Toutes les places sont occupées, jusqu’aux dernières, très haut, juste sous le plafond. On a droit à une démonstration de toute la panoplie des effets de lumières mouvantes et colorées prévue pour les concerts.

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Extrait de « Les marchands traduisent »,  deuxième « leçon de poétique » du livre de Yoko Tawada, Journal des jours tremblants (Verdier, 2012), pp. 47-48.

En qualité de traducteur, Kôgyû Yoshio* possédait la clé de la médecine et de la botanique européennes. Aujourd’hui encore, l’activité de traducteur est placée plus haut au Japon que dans bien d’autres pays, probablement parce que la science elle-même, qui était née avec la traduction du chinois, se poursuivit dans la traduction du néerlandais**. […] On ne disposait pas à l’époque du mot « Europe ». Ainsi la science venue d’Europe était-elle appelée science hollandaise, rangaku (le signe ran signifie « orchidée », mais c’était alors une abréviation de Oranda, « Hollande ») […] Jusque-là, au Japon, l’unique repère était la médecine chinoise, et découvrir que la médecine occidentale présentait une autre image du corps que la chinoise fut une surprise pour les médecins de l’époque. Sugita Genpaku, principale traducteur des Tables anatomiques, explique dans son essai Rangaku Koto Hajime (« Le début de la science hollandaise ») à quel point le travail de traduction et les premières dissections de cadavre lui ouvrirent, ainsi qu’à ses collègues, un monde nouveau. À cette époque, la dissection était un tabou plus fort encore que l’usage de l’alphabet latin. Le corps humain était une surface close parsemée d’idéogrammes chinois.

* Yoshio Kôgyû, 1724-1800, chirurgien de Nagasaki.
** Les Hollandais, seuls étrangers autorisés à commercer avec le Japon, sont cantonnés de 1641 à 1853 dans l’île artificielle de Deshima (出島), dans la baie de Nagasaki.

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