Centre Pompidou

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Vendredi 1er mars 2013, 19h, Centre Pompidou, Nouveau Festival (consacré aux langues imaginaires et inventées). Une installation de Xu Bing (nous l’avons connu étudiant en gravure aux Beaux-Arts de Pékin en 1980; il est devenu, après de nombreuses années aux États Unis, l’un des artistes chinois les plus intéressants) : Book from the ground (2003, work in progress), qui traduit instantanément en langage d’icônes (4000 symboles, collectés initialement dans les brochures de consignes de sécurité des avions puis partout) la phrase que l’on tape en anglais. Son site : http://www.xubing.com. Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Xu_Bing

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Xu Bing [dr]

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Vendredi 10 août 2012, 12h30-13h30, Centre Pompidou, exposition La Tendenza, Architectures italiennes 1965-1985. Télescopage de l’architecture des Lumières et des avant-gardes du début du XXe siècle. On retient ici Aldo Rossi, pour avoir croisé plusieurs fois ses bâtiments, à Paris, à Berlin, etc. (Voir « Série colorée à Berlin », 5-7 février 2005, Hôtel Mercure) et pour son célèbre théâtre flottant de Venise, figure emblématique du post-moderne en architecture.
Aldo Rossi (1931-1997), Theatro del Mondo, Venise, 1979-1980, projet réalisé, maquette de rendu, bois et métal.
Aldo Rossi, Hôtel Il Palazzo, Fukuoka, Japon, 1987-1989, détail de la façade, bois.
Aldo Rossi, Cabine de l’Elbe, 1983. Prototype, production Molteni & C.
(Collections du Musée national d’art moderne-Centre de création industrielle).
Voir aussi ma contribution au style Aldo Rossi avec la petite maison en Lego des années 1980 : http://jlggb.net/blog3/?p=216

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Mardi 31 janvier 2012, 20h-23h, 5e étage du Centre Pompidou. En dépit de ce que dit, à deux reprises, Jean-Pierre Elkabbach, nous sommes au restaurant Le Georges, géré par Costes, et non pas les hôtes du Centre Pompidou et de son président, « mon ami Alain Seban ». Mais je me trompe, car nous aurons droit à l’exposition Danser sa vie. Toujours est-il que c’est la Fondation Lagardère qui invite, pour la remise de ses bourses à de jeunes créateurs. Pierre Lescure, Edmonde Charles-Roux, Jean-Marie Colombani, la gauche, le centre, etc. On est dans la télé. Il est question du Pôle emploi et de la façon d’en sortir par l’« excellence » et la « détermination ». Il y a quelques beautiful people, héros cités en exemple, comme Sarah Ourahmoune, championne du monde de boxe anglaise, membre du Boxing Beats d’Aubervilliers, étudiante à Sciences Po. Mais je ne peux photographier personne, ni le champagne, ni les excellents petits-fours salés puis sucrés. Quelques conversations sympathiques et de circonstance. Moins de monde, beaucoup moins de luxe qu’il y a quelques années. C’est la crise.

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Samedi 31 décembre 2011, 13h-15h, Centre Pompidou, collections du 4e étage du Musée national d’art contemporain : Roger Tallon (1929-2011), Chaise Standard, Module 400 et Chaise Échiquier, 1966, fonte d’aluminium poli, mousse de polyuréthane alvéolée, édition galerie Lacloche, achat 2010. Je n’aurais pas photographié ces chaises sans l’accroche de la Spatz Molla. Car le « vrai nom » de cette mousse est Spatz Molla. Nous avions, dans les années 70, des matelas de camping en Spatz Molla, ce matériau ultramoderne de la maison Spatz, à Zürich : http://www.spatz.ch. Nous l’avions perdue de vue. C’était toute une époque.

Dossier de presse de la galerie Jousse Entreprise, 2005 : Le « Module 400 » (1965) fut conçu pour l’aménagement d’une boîte de nuit. Occupant un ancien garage, le lieu devait évoquer un tronçon d’autoroute. Tallon en quadrilla le sol de dalles métalliques de 400 x 400 mm de côté.

Roger Tallon est celui par qui on a entendu l’expression esthétique industrielle, avec précisément pour moi l’image de la caméra Sem Veronic 8mm (1957). Ensuite, on a connu l’escalier hélicoïdal (1964), le téléviseur Téléavia (1966), la maquette de la revue Art Press (1973), les dernières montre Lip (1973-75), les trains Corail, le TGV, l’Eurostar — mais Tallon devait déclarer en janvier 2011 à Télérama : « La SNCF détruit tout mon travail. Je ne lui pardonnerai jamais. » Il avait fondé en 1963 le département design de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, où il enseigna pendant 30 ans.

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Edvard Munch, Rosa Meissner à l’hôtel Rohn à Warnemünde, 1907, épreuve gélationo-argentique, Munch-museet, Oslo.


Edvard Munch, Femme nue en pleurs, 1930, crayon gras sur papier, Munch-museet, Oslo.


Edvard Munch, Femme en pleurs, 1907-1909, huile sur toile, collection Stenersen, Bergen Kunstmuseum, Norvège.


Détail de cette première peinture.


Edvard Munch, Femme en pleurs, 1907, huile et pastel sur toile, Munch-museet, Oslo.

Samedi 31 décembre 2011, 13h-15h, Centre Pompidou, exposition Edvard Munch, l’œil moderne. Clément Chéroux, commissaire de l’exposition, dit dans un entretien filmé : « C’est un motif dont on ne sait pas à vrai dire ce qu’il représente. Est-ce un souvenir d’enfance, une scène primitive, un souvenir érotique ? Ou bien est-ce une sorte d’archétype de lamentation ? » On a parlé d’une allusion à la scène de l’Annonciation, ou encore d’une Ève chassée du Paradis. Ce qui m’intéresse c’est ce qu’on a pu dire de la place de la photographie dans ce processus de la série d’une jeune femme nue debout, devant un lit, dans une chambre. En l’espace de quelques mois, six versions en peinture, un dessin, une photographie, des lithographies, et une sculpture. On a dit que la photographie ne précédait pas nécessairement les peintures. En photographe, il me semble pouvoir avancer que si. Quand l’on part d’une photographie, c’est pour s’en éloigner de plus en plus mais c’est aussi pour maintenir et déformer des indices singuliers. C’est le cas, je pense, de la position du modèle par rapport aux lignes du plafond et par rapport au lit, des ombres sous le bras gauche du modèle, de la posture de la tête, de la jambe gauche légèrement pliée, de l’absence des pieds conservée dans la première peinture. Si le modèle avait été photographié au cours de la pose pour un dessin ou une peinture, on n’aurait pas une telle prégnance du motif du papier peint. Le dessin est différent, mais il a été fait 23 ans plus tard. Mais peut-être faut-il trouver l’indice photographique dans le titre même de l’œuvre. Car, s’il existe un écart manifeste entre la photographie et la série des tableaux, c’est bien dans le passage d’une femme qui manifestement ne pleure pas à la figure effacée d’une femme que le titre nous désigne en pleurs. Le négatif a connu deux expositions — accidentellement ? L’image de la sœur de Rosa Meissner, Olga, peut passer inaperçue. Mais, dès qu’on s’y attache, on devine qu’elle s’essuie le visage, peut-être avec un mouchoir. Le titre viendrait alors de cette deuxième figure spectrale ? Autre chose encore : Munch a acheté en 1902 un appareil photo Eastman fournissant des négatifs de format 9×9 cm à tirer par contact. Ce peut être l’origine des formats carrés des premières peintures de la série. Enfin, on dit que seules deux de ses relativement nombreuses photos ont une parenté directe avec ses toiles. Cette parenté a tout d’une origine, au sens du matériau visuel que, précisément, on cherche dans une photographie.

Autre chose : on peut penser au film de Jacques Doillon, avec Dominique Laffin, La Femme qui pleure, 1978. Voir : « Captures » du 15 mars 2011 : http://jlggb.net/blog2/?p=4467 et « Signalétique », du 5 décembre 2009 : http://jlggb.net/blog2/?p=51.

Remarque : c’est une bonne chose que l’on puisse photographier désormais couramment dans les musées et les expositions. On peut craindre que les visiteurs photographient sans voir, là comme ailleurs. Mais il faut comprendre que c’est pour eux une manière de regarder, avec un certain investissement. Et puis les appareils et les logiciels permettent des reproductions « en amateur » plutôt convaincantes — bien qu’ici, je ne sois pas sûr des couleurs.

 

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Vendredi 30 décembre 2011, 20h55, Centre Pompidou, galeries contemporaines : Yayoi Kusama, Infinity mirror Room (filled With the Brillance of Life) — Salle des Reflets Infinis (emplie de l’Éclat de la Vie) — 2011, environnement, miroirs, métal, Plexiglas, lampes-bulbes électriques, bois, placoplâtre, plastique, eau, 300 x 617,5 x 645,5 cm, collection de l’artiste. L’exposition ferme dans 5 minutes, les gardiens disent : « photos interdites », mais tout le monde photographie. Voir : le dossier de presse, le site de l’artiste et les photos de l’exposition, le billet jlggbblog du 26 juin 2009, http://jlggb.net/blog/?p=4134.

Note : Coïncidence, au même emplacement dans le Centre Pompidou, j’ai vu, en 1981, lors de l’exposition de Piotr Kowalski, exposée à côté de la Time Machine II, la sculpture Le Miroir. Dans son très bon livre consacré à Piotr Kowalski (Hazan, 1988), Jean-Christophe Bailly confronte cette pièce à la Time Machine dont le projet est de renverser le temps. Deux miroirs à double-face et en angle droit, tournant rapidement sur leur axe d’intersection vertical, donnent du regardeur une image non inversée. Mais, dans sa description et dans son commentaire, il fait une grave erreur : « Ce double inconnu qui nous contemple crée un vertige. Jamais encore nous ne l’avions rencontré, jamais encore nous ne nous étions vus comme un autre nous voit. Qu’on ralentisse la rotation du plateau et l’immobilise, et l’image redevient normale, c’est à dire inversée. » (p. 85) Faire tourner l’ensemble élargit uniformément le champ à 360 degrés et donne au reflet un aspect fantomatique et volumique, qualités importantes de cette œuvre. Mais, chacun l’a sans doute vérifié lui-même, par exemple dans le décor d’un café : deux miroirs formant un angle droit produisent deux symétries qui s’ajoutent et qui annulent donc l’inversion, indépendamment de toute rotation. C’est pour cela que, où que l’on soit, on se voit toujours coupé par l’angle — comme le photographe dans l’environnement de Yayoi Kusama.


Piotr Kowalski, Le Miroir, 1979, Ronald Feldman Gallery, 31 Mercer Street, New York (dr).

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