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Samedi 7 juillet 2012; 23h50. On termine ici le cycle de quatre articles annoncé et commencé le 14 février 2012 (voir les billets Doisneau : http://jlggb.net/blog3/?s=doisneau), avec une photographie qui est, encadrée, sur le mur devant mes yeux depuis bientôt 30 ans, prise il y a 40 ans : Robert Doisneau, Place de Rungis, 1972 (collection JLggB, dr).

Je recopie ici des extraits de divers articles que j’ai publiés depuis :

J’avais interrogé Robert Doisneau sur ses premières photographies, celles dans lesquelles il s’est reconnu photographe, celles qui lui ont permis d’assumer sa timidité. Ce sont des images du pavé devant lui, sur le trajet de l’école ou de la traversée de la Banlieue vers Paris. On connaît la place prise par le pavé parisien dans l’œuvre de Doisneau. Je m’étais amusé à nommer hypothèse de l’hypoténuse (voir le billet du 28 juin 2009 : http://jlggb.net/blog/?p=4070) cette  façon initiatique qu’a tout photographe d’enregistrer l’image du sol qui est devant lui. Cela procède de la vérification de l’appartenance de soi au monde que l’on construit par la saisie, de l’inclusion du dispositif de prise de vues à la vue elle-même, de la solidité de l’image résultante. J’avais signalé, dans un article sur ses photos de la Libération de Paris  (« Robert Doisneau, Paris, août 1944 »,  La Recherche photographique, Paris, juin 1989), comment, avec les barricades, le sol pavé qui est sa scène, se soulevait, se dressait jusqu’à la frontalité qui est l’autre modalité de la position du preneur de vues, celle par exemple d’un Walker Evans.

Quitte à infléchir la réalité de son travail, j’affirmais que Robert Doisneau était un photographe des lieux, plus que des gens. Je découvrais que ses choix se portaient d’abord sur des scènes, non pas au sens de l’action, mais au sens de l’espace pour un drame possible, un théâtre où des acteurs viendraient trouver leur place. Au demeurant, Robert Doisneau ne contredisait pas cette observation lorsqu’il déclarait que sa méthode consistait à attendre que des personnages viennent déclencher la prise de vue, se prendre eux-mêmes dans l’espace cadré. La plupart des images de Doisneau peuvent être analysées en ces termes, y compris Les Enfants de la place Hébert (1957) où se construisent des relations de forces et de regards qui incluent le photographe lui-même.

J’insistais donc, d’accord en cela avec Jean-François Chevrier (Robert Doisneau, Belfond, Paris, 1983), sur le caractère « pathétique » de sa photographie. La filiation avec l’œuvre d’Eugène Atget, dont on connaît qu’elle a inspiré à Walter Benjamin la célèbre formule « théâtre du crime » est évidente si l’on veut bien reconnaître des photographies comme cette Place de Rungis (1972) pour laquelle je manifestais un tel engouement « théorique » que Robert Doisneau me l’offrit en 1983.

De cette photo, disons simplement qu’elle est, exceptionnellement chez Doisneau, faite avec une chambre de grand format, et donc particulièrement nette dans ses détails et dans sa profondeur. Les maisons sont de simples façades en arc de cercle, aux angles de rues fuyantes, comme dans un décor de cinéma à la Trauner et le ciel gris est un vélum théâtral. À cette heure donnée par l’horloge centrale, la place est vide, mais le sol, quadrillé finement par les pavés, à la fois conserve les traces de passages et appelle la présence, comme repérée dans un système de coordonnées, de personnages et d’événements, de « crimes ». Car j’avais pris l’habitude, à partir de là, de désigner par « crime » tout ce qui pouvait faire office de déclencheur d’une photographie, ou encore le potentiel de moments distincts qu’avait connu ou que pourrait connaître un lieu particulier.


Robert Doisneau, Libération de Paris, 1944 (dr).


Robert Doisneau, Les Enfants de la Place Hébert, 1957 (dr).

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Vendredi 6 avril 2012. Des archives : photographies inédites. Suite de la publication ayant trait à Robert Doisneau — Voir Doisneau 1/4 et Doisneau 2/4. Palais des Beaux-Arts de Pékin, 3 mai 1983. Tandis qu’une petite exposition Picasso est inaugurée par François Mitterrand, la grande exposition (120 tirages 40×50) Robert Doisneau est inaugurée par Claude Cheysson, ministre des Affaires extérieures, et par Jack Lang, ministre de la Culture. Photos © jlggb 1983. Une fois dehors, je saisis le passage de montreurs d’un singe savant.

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Lundi 2 avril 2012. Des archives : photographies inédites. Suite de la publication ayant trait à Robert Doisneau — Voir Doisneau 1/4, 14 février 2012. Le 28 janvier 1983, ayant eu la demande par le ministère de la Culture de préparer une exposition de Robert Doisneau en Chine (Pékin et Shanghai) pour le prochain voyage de François Mitterrand, je rencontre Doisneau à Montrouge, accompagné par Chantal P. qui va traduire en chinois la biographie, le texte d’introduction et les légendes. Descendus dans la rue pour faire un portrait original du photographe, il nous photographie. Photo © jlggb 1983.


Photo Robert Doisneau N° 17150-28A. Montrouge, angle avenue Gambetta, rue Victor Basch, rue de la Solidarité.


Le portrait à l’entrée de l’exposition au Palais des Beaux-Arts de Pékin, le 3 mai 1983. Photo © jlggb 1983. Au Rolleiflex.



Le lieu de ces photos à Montrouge aujourd’hui (Google Street View – 2011).

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Samedi 3 mars 2012, 13h30, rue de Rivoli, Paris, 4e, Hôtel de ville. Devant l’entrée de l’exposition (gratuite) des photos de Robert Doisneau sur les Halles de Paris (pas vue), une queue de 250 mètres. On dit qu’aujourd’hui on ne peut plus photographier les gens dans la rue. Ce n’est pas si sûr, encore faut-il essayer. D’une certaine façon, si les personnes trouvent normal ici qu’on les photographie, c’est qu’elles s’inscrivent dans le groupe et le lieu normal des visiteurs de l’exposition. On peut alors dire qu’elles sont « mises en scène » par Doisneau lui-même, selon son habitude. Doisneau ne « chasse » pas ses sujets, il attend, il fait en sorte que les personnages entrent dans son cadre, dans son décor. J’ai souvent remarqué que, contrairement aux apparences et aux idées reçues, Doisneau est le photographe des lieux avant d’être celui des personnes.


Robert Doisneau, Le Baiser de l’Hôtel de ville, 1950. La plus célèbre de ses photos, qui fut l’occasion de comprendre qu’il n’était pas le photographe de l’instantané volé qu’on disait. [dr]

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Lundi 14 février 2012. Cette année est le centenaire de Doisneau. Des archives : photographies inédites dans leur cadrage original. 1981, une idée nous est venue : monter une exposition des photographies de Robert Doisneau en Chine. Yann Pavie, qui a travaillé au Musée d’art moderne de la ville de Paris à l’exposition de Doisneau « Les Passants qui passent », du 11 juin au 2 septembre 1978, puis l’a montrée à la Maison de la culture de Grenoble, du 26 septembre au 16 novembre 1980, organise un rendez-vous au 46 place Jules Ferry à Montrouge dans le courant du mois de juin 1981. On verra dans de prochains billets comment les choses vont se passer. Photos ©jlggb 1981.

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Mercredi 23 mai 2012, 13h, Aix-les-Bains, passage Robert Doisneau. La décision de nommer « Robert Doisneau » plutôt que « Passage de la vieille poste » la « liaison piétonne avec escalier reliant la placette de la Chaudanne à la rue Davat » a été adoptée avec 25 voix pour et 7 contre lors des délibérations du Conseil municipal du 27 septembre 2007. On aimerait connaître les termes du débat. À mon avis, en dépit des stéréotypes, ce passage n’a rien à voir avec Doisneau. Les rosiers du premier plan habillent (joliment) les étages d’un parking public.

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Samedi 28 avril 2012, 16h, station de métro Hotel de ville, Paris. L’exposition Robert Doisneau sur le thème des halles a été l’occasion d’une nouvelle « décoration » des quais. Pas très heureux, pas très bien faits, inutilement vulgarisateurs, ces panneaux semblent renforcer les stéréotypes attachés à l’œuvre de Robert Doisneau. Toujours est-il que, depuis le wagon, je me trouve exactement face au Rolleiflex — modèle « Standard » des années trente — et au regard du maître. En vérité, ce regard nous atteint, mais pas tout à fait, car Doisneau, il me semble, se photographiant dans un miroir, ne regarde pas l’objectif de son appareil mais se regarde lui-même dans les yeux.
Voir :
http://jlggb.net/blog3/?p=1912
http://jlggb.net/blog3/?p=1546


Robert Doisneau, Autoportrait (dr).

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Samedi 7 avril 2012. Sur les planches-contacts de Doisneau en Chine, une série de photos prises dans ma chambre de l’Hôtel de la Paix à Pékin les 3 et 5 mai 1983. Cet hôtel, construit avec « l’aide de l’URSS » fut inauguré en 1952 pour la Conférence de la Paix Asie-Pacifique et il fut longtemps réservé aux échanges gouvernementaux et diplomatiques. Je devais y retourner en 1986, puis lorsqu’il fut agrandi sous le nom de Novotel en 2001. En avril-mai 1983, j’y suis resté environ trois semaines car le montage de l’exposition prenait théoriquement du temps. Je mis à profit cette parenthèse pour lire quelques livres ayant trait aux sciences et aux arts, comme L’espace et le temps aujourd’hui (Émile Noël, Points-Seuil, 1983) et pour entreprendre une série d’expériences photographiques employant l’enregistrement de l’heure et des enregistrements sonores, en des lieux particuliers et sur des trajets arbitraires comme par exemple l’axe nord-sud de la ville, essais qui qui furent à l’origine du projet de vidéodisque interactif Pékin pour mémoire, réalisé en 1985-1986, exposé au théâtre de Chaillot, à la Biennale de Venise et au musée de l’Élysée à Lausanne. Je débutai aussi une série de photographies de détails urbains, au Rolleiflex, en couleurs ou en noir et blanc, qui je nommai Vestiges et installations, qui furent exposées aux Rencontres photographiques d’Arles en 1989. Bref, ce moment fut celui d’un retour à une photographie inscrite dans des projets artistiques, après 10 ans d’interruption.

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Vendredi 6 janvier 2012, 13h47, devant le lycée Charlemagne, 14 rue Charlemagne, Paris 4e, du côté de l’enceinte de Philippe-Auguste — qui ressort particulièrement dans la lumière aujourd’hui. Pour une fois, la photo n’est pas un décor vide.
Autre chose : comme avec les arbres du Luxembourg d’il y a quelques jours, on teste un « faux Rolleiflex », une manière de faire des photos carrées par l’addition (logiciel Double Take) de deux photos format 4 x 3 prises avec le GR IV. Une façon de retrouver le grand style de l’époque où la photographie cherchait à inscrire véritablement le réel de façon auto-ordonnée (pour faire court : Doisneau plutôt que Cartier-Bresson). Je m’explique : ce qui est intéressant dans une image comme ça, c’est qu’on puisse voir, dans une même perspective, aussi bien les bâtiments se détacher sur le ciel que la façon dont de jeunes personnes font fonctionner leurs choix de chaussures dans leur milieu. Il faut donc le haut ET le bas.