août 2012

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Vendredi 17 août 2012, 11h, rue Courat, Paris 20e. Promenade sur les traces du Rousseau de la « Deuxième promenade », village de Charonne, Saint-Blaise, retour par la rue des Haies. J’aime les films de Chris Marker (pas tous, mais au moins : Lettre de Sibérie, 1958; La Jetée, 1962; Sans Soleil, 1982; vus à leur sortie), je l’ai connu un peu à l’époque de Passages de l’image (Centre Pompidou, tournée aux États-Unis, 1990-1992), de la Revue virtuelle et du CD-Rom Immemory (1990-1997), mais j’ai évité de participer au culte. Il est mort à Paris le dimanche 29 juillet 2012, jour de son 91ème anniversaire.


C’est alors que je publie sur Vimeo une vidéo faite au iPhone le 5 octobre 2010 dans le RER B, en direction de la station Luxembourg. On y voit Chris Marker portant des lunettes noires-caméra, dans cette pratique du portrait « volé » qui a donné la série Passengers. Ce document a un certain succès (graphe jaune des statistiques de la consultation des vidéos, ci-dessous).



Voir aussi, sur jlggbblog1 : http://jlggb.net/blog/?p=2528, http://jlggb.net/blog/?p=3162 et http://jlggb.net/blog/?p=5583

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Jeudi 16 août 2012, 19h. Une photo prise à Kassel, l’autre à Paris. Dans la Ständehaus (Palais des États), bâtiment du XIXe siècle de style Renaissance (reconstruit en 1953 sur les plans d’Arnold Bode, fondateur de la Documenta — voir : « Portrait d’Arnold Bode par Gerhard Richter »), le bureau de presse de la Documenta était remarquable par son agencement et son ameublement, avec plusieurs standards du design contemporain. Mais, cette salle de réunion, vue par une porte vitrée, m’intéressait à cause de ses chaises vertes. Les deux verres sur la table n’attiraient pas l’attention. Mais, en ayant trouvé un pour boire de l’eau à la fontaine automatique, j’ai vu la signature, moulée dans le verre (avec la marque Absolut) : « Design by Konstantin Grcic ». On rappelle que Konstantin Grcic est l’un des grands designers contemporains, allemand, mais formé comme assistant de Jasper Morrison — Voir, dans jlggbblog2 : « Des tables comme des voitures de course ». Ce verre a été créé en 2007 pour Absolut Vodka (propriété de Pernod-Ricard). De qualité courante, en forme de gobelet (une forme en tronc de cône qu’on aime bien, c’est par exemple celle des tasses à soba japonaises et http://jlggb.net/blog2/?s=soba), il est gravé de deux traits pour 2cl et 4cl. De la sorte, une dose d’alcool ne dépasse pas la base épaisse du verre. En quoi peut consister l’« observation participante » en matière d’objets du design ? À les emporter pour les observer et en user à loisir. C’est ce qu’ont fait la plupart des ethnologues.

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Mercredi 15 août 2012, 14h. Kassel, bâtiment de l’assurance santé AOK, à l’angle sud-est de la place Friedrichsplatz, Three to One, installation sonore pour la Documenta IX, 1992 de Max Neuhaus, devenue permanente. Ce vingtième anniversaire coïncide avec celui de notre première visite de la Documenta. Cet exemple a été cité récemment à propos des propriétés des escaliers : http://jlggb.net/blog3/?p=3284. Le texte ci-dessous est adapté de la notice multilingue qui figure à l’entrée :

L’escalier relie trois grand espaces vitrés. Chacun a sa propre tonalité sonore. Ces trois ambiances sonores se mêlent à leur manière au sons venant de l’extérieur. Quand on monte pour la première fois l’escalier, on perçoit leurs spécificités subtiles. Lorsque l’on redescend, la mémoire auditive tend à confondre cette distinction.

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Mercredi 15 août 2012, 13h20, Kassel, Documenta (13), Ottoneum. Toril Johannessen (née en Norvège en 1978), Extraordinary Popular Delusions, 2012. La pièce comporte une très grande lanterne magique explicitement reliée à un baril de pétrole. L’image projetée par la flamme représente un beau soleil et met cependant en évidence la dépense matérielle d’énergie qu’il faut engager pour produire une image.

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Mercredi 15 août 2012, 10h30-12h, Kassel, Documenta (13), ancienne gare centrale. Janet Cardiff (1957 Canada) et George Bures Miller (1960 Canada), avec Alter Bahnhof Video Walk, 2012, mobilisent les spectateurs en les invitant à mettre leurs pas dans les leurs, en les guidant par les images et les sons contenus dans les iPods qui leur sont confiés. La performance permet en outre d’observer l’état de la mode vestimentaire chez les estivants cultivés et aptes à s’exhiber pour la célébration de l’art contemporain.


Alter Bahnhof Video Walk, vidéo de présentation par les auteurs (6 mn).

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Mardi 14 août 2012, 19h53, Kassel, Documenta (13), Fridericianum. Dans la rotonde qui sert d’introduction à toute la Documenta (13), Man Ray, Object to be Destroyed/Object of Destruction/Indestructible Object, original disparu de 1923, édition de 1965. L’œil est celui de Lee Miller.

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Mardi 14 août 2012, 19h45, Kassel, Documenta (13), Fridericianum, Giuseppe Penone, Essere fiume, 1998. Dans la rotonde qui sert d’introduction à toute la Documenta (13), une pierre provenant d’une rivière et sa copie en marbre de Carrare.

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Mardi 14 août 2012, 18h, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, la petite maison abritant les peintures abstraites de Doug Ashford (1958, enseignant, artiste et écrivain vivant à New York) qui s’associent à des photos montrant des personnes en état de détresse.

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Mardi 14 août 2012, 17h30, Kassel, Documenta (13), parc Karlsaue, installation de Shinro Ohtake (1955 Tokyo), Mon Cheri, A Self-Portrait as a Scrapbook Shed, 2012. Le texte du Guidebook dit « L’installation reflète les conditions de l’humanité au 21e siècle, rendant visible les dérives et l’insécurité qui façonnent notre monde matériel et la constante négociation entre nos espoirs pour le futur et les compromis qu’exige la réalité. » (p. 284). On note la famille venue avec de belles bicyclettes et de beaux vêtements, le père équipé d’un iPad pour prendre des notes visuelles, la mère lisant le catalogue, le fils attentif dans son T-shirt « Gute Kondition », la fille soucieuse de son body.

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Mardi 14 août 2012, 17h, Documenta (13), Kassel, parc Karlsaue, Pierre Huyghe (1962, Paris, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Untilled, 2012. Le titre « inculte » donne une première indication. Pierre Huyghe parle de « compost » et d’une prise de distance d’avec le modèle de l’exposition et de ses spectateurs, au profit d’une « forme biologique de la création » dont on escompterait des « témoins » (Beaux-Arts Magazine, juillet 2012, entretien avec Stéphanie Moisdon, p. 79). Ce n’est pas vraiment le stéréotype de la friche mis aujourd’hui à toutes les sauces. La proposition se présente comme un vaste terrain chaotique mais comportant des sentiers, avec des tas (pour ma part je vois les tas comme appartenant à l’esthétique ou à la logique chinoises), des matériaux, des vestiges, des arbres abattus, des flaques de boue, beaucoup de fleurs sauvages, une sculpture de femme nue allongée dont la tête est masquée par une ruche en activité, un chien — peut-être un lévrier — dont la patte avant droite est teinte en rose fluorescent, un bassin d’eau croupissante, etc. On peut voir l’endroit — c’est certainement le cas — comme un espace destiné au stockage pour l’entretien du parc. J’avais noté un tel espace en le nommant « zone intermédiaire » le 16 juin dernier, près de la rue d’Aubervilliers, dans le 18e (et d’ailleurs on l’aperçoit du train qui nous ramène de Kassel vers la gare de l’Est). Œuvre intéressante, tout comme le discours qui l’accompagne, typique d’une certaine génération d’artistes français, et quand même agaçant. Exemple, un paragraphe sommairement traduit par moi du statement de Pierre Huyghe dans The Guidebook de Documenta (13), p. 262 :

L’ensemble des opérations qui se produisent entre les éléments n’a pas de script. Il y a des antagonismes, des associations, de l’hospitalité et de l’hostilité, de la corruption, de la séparation et de la dégénérescence, de l’effondrement, mais sans rencontres. Il y a des circonstances et des écarts qui permettent l’émergence de complexités. Il y a des rythmes, des automatismes et des accidents, des transformations invisibles et continues, le mouvement et les processus, mais pas de chorégraphie, de sonorités et de résonances, mais pas de polyphonie. Il y a des répétitions, des réactions chimiques, des reproductions, des formations et la vitalité, mais l’existence d’un système est incertaine. Les rôles ne sont pas distribués, il n’existe aucune organisation, aucune représentation, aucune exposition. Il y a des règles, mais pas une politique.

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