

Samedi 6 avril 2013, 14h30 et 16h30, Lausanne, escaliers du Grand-Pont et boulevard de Grancy. Une enseigne « Coiffeur » à la française (métal découpé sur fond d’eternit ondulé) et une enseigne « Coiffure » d’une facture typiquement suisse (peinture ou sérigraphie sur caisson lumineux trapézoïdal). Deux points communs : l’écriture cursive et le rouge.
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Lundi 19 novembre, 13h. Métro de Shanghai, station Laoximen, 老西门, qu’on peut traduire Ancienne porte de l’ouest. Je suis content de savoir lire quelques caractères, les reconnaître, les prononcer approximativement, comprendre leur signification. Parmi ceux là : 老, lao, qui signifie vieux, comme dans Lao Zi (Lao-Tseu), Lao She (l’écrivain, 1899-1966) ou laoshi (professeur); 西, xi, qui signifie ouest, comme dans Xian (la ville, « paix de l’ouest »), Xi Hu (le Lac de l’ouest, à Hangzhou) ou comme dans 布瓦西埃 (buwaxiai, composé de 布, bù de tissu, 瓦, wǎ de tuile, 西, xi de ouest, 埃, āi de poussière, la transcription de mon nom de famille); 门, men, qui signifie porte, comme dans Tiananmen (Porte de la Paix céleste).



Lundi 19 novembre 2012, 11h45, Shanghai. Rue Ruijin, dans l’ancienne concession française, trois vues très proches : une boutique de vêtements nommée à la française; un passage donnant sur cette rue, avec ses maisons basses (on nomme lilong ce type de quartiers); juste en face, un immense chantier d’énormes immeubles.

Lundi 15 octobre 2012, 13h30. Salon de coiffure, 29 boulevard Saint-Germain, Paris 5e. Alors qu’elle se trouve sur un trajet fréquenté depuis des années, celle-ci nous avait jusqu’alors échappé. On constate que l’enseigne standard (de quelle époque au fait ? Années 50-60 ? Sortie de quel atelier ?) subit une certaine acclimatation. Ici, elle prend des allures carrément bourgeoises.

Dimanche 26 août 2012, 19h15, rue Froment, Paris 11e, magasin Lamyliterie. L’idée de littéralité attachée aux enseignes en néon est une réalité vernaculaire et pas l’exclusivité de l’art conceptuel (qui d’ailleurs s’est inspiré des enseignes véritables). Voir le « Néon littéral » du 11 juin 2011 et « Le bien-être » du 19 avril 2010 et aussi « Néon néon » du 17 février 2012.

Dimanche 26 août 2012, 19h, rue Saint-Bernard, Paris 11e. Le Vendôme, typographie française par excellence — on l’a déjà noté souvent, par François Ganeau (1912-1983) pour la fonderie Olive, 1952, voir par exemple : « La vie moderne », 4 août 2011 et « Vendôme de boucherie », 13 août 2011 — sur un rouge bordeaux parfaitement raccord.

Jeudi 8 mars 2012, 17h, boulevard Georges Favon, Genève. Trains miniatures, voitures en modèles réduits. C’est le genre de vitrine qui attire les enfants attardés et les pères. Je me souviens avoir acheté là, pour É., il y a 20 ans, une berline décapotable grise américaine. Malgré un store pas raccord et des vitrines extérieures ajoutées, c’est quand même un modèle de design et de typographie.

Vendredi 17 février 2012, 15h51. L’offensive néon ne pouvait pas rester sans réplique. J’avais repéré depuis longtemps, chez Zaoui, Électricité générale, 29 rue de Cotte, Paris 12e, le mot néon écrit en néon, ou plus exactement un néon formant le mot néon et, qui plus est, faisant enseigne pour dire : ici on fait des enseignes en néons. En matière de tautologie conceptuelle, je ne voulais pas faire concurence à Joseph Kosuth. Mais, l’ayant croisé hier soir et n’ayant rien remarqué chez lui qu’une tête à être né en 1945, je sors mon néon sur le mode readymade. Ce qui devrait compter car on sait que le readymade initial (Fountain) n’a même pas eu besoin d’exister autrement qu’en photo. Certes dans un catalogue, mais le blog fait l’affaire. Il faut reconnaître que le néon NEON de Kosuth date de 1965.
Vérification du readymade sous Google Street View. Il faut savoir que le néon clignote au rythme de la demie seconde environ, ce qui complique la prise de vue.



