Langage

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Mercredi 28 août 2013, 17h15, pont Saint-Michel, Paris. L’essentiel de la théorie de la photographie qui s’est formulée dans les années 80 reposait sur la notion d’empreinte qui pouvait l’assimiler à l’indice selon Peirce. Aujourd’hui, parce qu’on récuse la réduction de la photographie à une trace qui relève directement de l’objet qu’elle désigne, on voudrait s’en passer. Il n’empêche. Mais il s’agit ici d’une autre empreinte : l’usure, le poli extraordinaire de toute une zone de la pierre du parapet, là où l’on se pose, là où l’on s’appuie pour prendre une vue de la cathédrale et de la Seine. Cette observation me vient d’un cours sur la « photographie conceptuelle » que nous faisions, dans les années 80 précisément, à Saint-Denis, qui s’intéressait aux dispositifs, aux circonstances et aux déterminations de la saisie photographique.
— Ceci est le 500e post de jlggbblog3 — qui doit s’achever le 30 novembre 2013.

sardine boite
Samedi 24 août 2013, 23h30, 93bis. Les sardines en conserve sont à la mode. On parle des 200 ans des conserveries bretonnes, des « sardines de garde », des « sardines millésimées », etc. Cet été, long reportage dans l’émission Capital, article dans Le Monde Magazine, clip publicitaire sur « C’est extra » de Léo Ferré (les fans se sont offusqués, oubliant deux choses : qu’en 1969 Ferré surprend en déplaçant un mot dont use la publicité; et qu’extra appartient au vocabulaire culinaire). De mon enfance, une chose est restée dans un coin de ma tête, un malaise non éclairci : on nous citait un restaurant de grand luxe (Pic à Valence) où l’on pouvait commander des sardines en conserve, mais qu’alors elles étaient servies dans leur boîte. Je prenais ça pour du cynisme, une façon pour le restaurateur de se moquer du pauvre client, ou alors pour du snobisme de la part du client. J’ai vu depuis que, par exemple chez Lipp, on vous les sert dans leur boîte renversée sur une assiette. C’est peut-être cette histoire de High and Low qui m’intéresse et qui réveille la poétique de la boîte de sardine. La marque Connetable insiste sur sa boîte rouge. On voit qu’elle devient un cadre, d’autant que l’opération de mise en conserve est une mise à plat. Avant même d’être photographiée, c’est une image. C’est remarquable dans les photos de Wols, cette mise à plat relève de la pesanteur. On est bien obligé, sinon l’huile coule.

wols sardines clair
Wols (1913-1951), photographie non datée (probablement à Paris vers 1937, pendant la guerre, à Dieulefit, Wols n’avait pas d’appareil) prise dans le livre : Laszlo Glozer, Wols Photograph, Schirmer/Mosel, Münich, 1978, pl. 69 et Wols Photographe, Centre Georges Pompidou, 1980, pl. 69. [dr]

le mur
Vendredi 16 août 2013, 12h. Dans l’escalier du 93bis, un pan de mur a été dégagé pour en traiter l’humidité. Dans la partie haute, on distingue, par ordre d’ancienneté, une couche d’enduit clair, un gris clair ou un gris moyen, une couche de beige très clair, un enduit blanc, une couche jaune. Dans la zone où se découvre une pièce de bois (les cloisons de l’immeuble, qui fut un ensemble d’ateliers de menuiserie et date d’environ 1900, sont construites ainsi), on distingue un vernis transparent, un brun clair, un brun sombre, un gris sombre, un beige clair, un enduit blanc, un jaune. Dans la partie basse (la limite du soubassement a changé de hauteur), on distingue un enduit, un brun clair, un gris moyen, un enduit blanc, un gris sombre. Les dernières couleurs, enduit, jaune et gris sombre, sont celles de la dernière rénovation, il y a une dizaine d’années. Parlant du passé et du présent, Deleuze nous a donné un bel exemple de définition du virtuel. Pour chacun de nous, le passé, y compris le passé immédiat, fait partie du réel mais entre dans le virtuel. Se le rappeler, c’est l’actualiser. C’est pourquoi le virtuel ne s’oppose pas au réel mais à l’actuel. Si les actions des peintres de l’escalier sont à ranger dans le virtuel, et peuvent éventuellement appartenir à nos souvenirs et être ainsi actualisées, les couches de couleurs, même si elles sont cachées, appartiennent bien à l’actualité du mur. Une remarque encore : l’ombre du photographe s’ajoute à toutes ces couches.

enseignes-voltaire-2013
Mercredi 14 août 2013, 19h, boulevard Voltaire, Paris 11e. Une redondance qui aurait pu faire tordre le nez à Roland Barthes et qui a fait la fortune de Joseph Kosuth (voir : http://jlggb.net/blog3/?p=1386 et http://jlggb.net/blog3/?p=1420). On a vu des enseignes de serrurerie en fer forgé (voir : http://jlggb.net/blog2/?p=1301) et des enseignes de néons en tube néon. On peut apprécier ici une tautologie légitime et assumée. Mais, à vrai dire, toute enseigne peut être classée dans cette même catégorie : « Coiffure », « Boucherie », etc. On dira, en termes savants, « une désignation de désignation » (Julia Kristeva) ou en termes populaires, « c’est écrit dessus » (voir : http://jlggb.net/blog3/?p=3611).

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Parution du numéro 7 de La Couleur des jours, http://www.lacouleurdesjours.ch/, avec la rubrique « De l’album de jlggb »

spirale rue de la fin
Lundi 20 mai 2013, 15h, Aix-les-Bains, Rue de la fin. La Rue de la fin est une rue ordinaire, qui conduit vers ce qui était peut-être une fin de la ville. Cette forme sur un portail, une spirale (ce blog s’y intéresse) inscrite dans un cercle, est une figure où la spirale trouve une finitude.
Voir un exemple précédent : http://jlggb.net/blog3/?p=1716

16 bis

16bis-thiere
Jeudi 4 avril 2013, 17h, passage Thiéré, Paris, 11e. L’adresse de cette entrée d’un vaste immeuble industriel ancien (1926), déjà repéré pour son enseigne (http://jlggb.net/blog2/?p=2872) s’inscrit dans une typographie parfaite, à son échelle, sans intervalle ni plaque inutiles (le S un peu trop proche malgré tout). 16 est mon nombre favori. 16 bis, une deuxième chance ?

plainpalais-soleil
Samedi 16 mars 2013, 13h30, Genève. La plaine de Plainpalais, complètement reconstruite, est d’apparence un peu trop lisse. Mais c’est là que je situe ce que dit Rousseau de la fête, avec « un véritable air de fête », cette phrase extraordinaire :

Mais quels seront enfin les objets de ces spectacles ? Qu’y montrera-t-on ? Rien, si l’on veut. Avec la liberté, partout où règne l’affluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au milieu d’une place un piquet couronné de fleurs, rassemblez-y le peuple, et vous aurez une fête. Faites mieux encore : donnez les spectateurs en spectacle; rendez-les acteurs eux-mêmes; faites que chacun se voie et s’aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis.
Lettre à d’Alembert sur les spectacles

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Vendredi 8 mars 2013, 19h30, Centre culturel suisse, rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e. Une pièce nouvelle de Fabrice Gygi (1965, Genève), important artiste genevois dont il est généralement dit qu’il développe une critique de la société de contrôle. En supplément une lecture étonnante et sans bavure par Gilles Furtwängler (1982, Lausanne).

cdj_06_09_chroniques__
Parution le 7 mars 2013 du numéro 6 de La Couleur des jours, http://www.lacouleurdesjours.ch/, avec la rubrique « De l’album de jlggb ».

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